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Pour une France indépendante avec Dominique de Villepin (2/2): Pour une politique étrangère en initiative

Nous proposons de redonner à notre politique étrangère sa capacité d’indépendance, d’initiative et d’entrainement.

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Regagner des marges de manoeuvre avec de bons outils

Pour relancer l’Europe, il faut un Haut Conseil franco-allemand, doté d’un Secrétariat permanent et matérialisé par des Conseils des ministres communs mensuels et une conférence des régions et Länder régulière. Des politiques de convergence concrètes en matière fiscale, sociale, environnemental seront nécessaires entre la France et l’Allemagne qui devront s’accorder sur la gouvernance de l’euro et sur une stratégie de croissance par l’investissement et les grands projets au moyen d’euro-obligations.

Nous devons réunir un Conseil Européen extraordinaire en vue d’une stratégie mondiale pour l’Europe à l’horizon 2020. Il s’agit de faire de l’Europe une coopérative pour affronter les grands défis de l’innovation, de la politique énergétique commune et pour mettre en place des règles de réciprocité claires face aux autres grandes puissances commerciales.

Il faut en même temps refonder l’Union pour la Méditerranée permettant des coopérations plus étroites en fonction de critères de convergence démocratique née du Printemps Arabe.

Pour assurer aux citoyens européens des garanties démocratiques et donner à l’Europe un véritable visage, nous voulons élire le président du Conseil Européen au suffrage universel direct.

Pour réaffirmer notre vocation mondiale, nous avons un devoir d’initiative sur les crises avec de nouveaux outils : un Conseil de Politique Étrangère indépendant, pluridisciplinaire, interministériel, ouvert sur la société, l’université et le secteur privé, aura pour vocation de soumettre des analyses et propositions au Président de la République. Il sera adossé à une fondation rassemblant des chercheurs français et étrangers et appuyé par un Conseil des Sages composé des Anciens Présidents et Anciens Premiers Ministres.

Pour toutes nos opérations extérieures, un cadre aux engagements militaires de la France doit être fixé: mandat international, calendrier initial contraignant, définition claire des missions. Cette démarche doit s’appliquer au conflit en Afghanistan, avec l’organisation d’une Conférence Nationale des forces politiques afghanes, d’ une Conférence régionale des puissances liées à ce conflit permettant un engagement immédiat du départ des troupes françaises.

Nous avons aussi un devoir d’indépendance, impliquant la remise en cause de notre présence dans le commandement intégré de l’OTAN ainsi que des progrès significatifs de l’Europe de la Défense.

Nous avons enfin un devoir d’adaptation au monde, avec le redéploiement de notre diplomatie vers les pays émergents (Inde, Chine, Brésil) et le soutien aux démarches multilatérales, telles que la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement.

Pour renouveler en profondeur une politique d’immigration qui avance masquée: En matière d’immigration clandestine (chaque année depuis 10 ans, 20000 mesures d’éloignement et 20000 régularisations), nous devons retrouver la clarté, la fermeté et la visibilité. Il convient de mener une politique réaliste qui donne un statut d’attente durant l’examen administratif ou judiciaire, une situation administrative provisoire claire en termes de droits et obligations pour les personnes en situation irrégulière. Il convient aussi de lutter avec détermination contre l’emploi de travailleurs clandestins en introduisant notamment dans les marchés publics des obligations de contrôle accru des fournisseurs sur leurs sous-traitants.

Pour retrouver la fierté d’être un pays d’accueil et la garantie d’accompagner l’intégration, il faut un titre de séjour unique et progressif comportant des devoirs et des droits (en termes de maîtrise du français ou de respect des règles nationales) pour créer une dynamique d’intégration dès l’entrée sur le territoire avec comme perspective la naturalisation, dès lors que les critères sont remplis et que les intéressés le souhaitent.

Pour développer une nouvelle forme d’immigration intermittente, un droit aux allers retours sera possible dans une logique souple de codéveloppement avec les pays d’origine.

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Renouer avec une ambition culturelle mondiale

Nous devons retrouver un rôle de pôle culturel mondial attractif et rayonnant, et lancer pour ce faire une véritable économie de la culture, qui passe par une meilleure diffusion à l’étranger. Une politique volontariste sous l’autorité du Président de la République doit être menée dans le cadre d’une véritable Agence Culture France réunissant les acteurs publics et privés autour d’une stratégie mondiale.

La France doit retrouver sa vocation de terre d’accueil de la création culturelle en accordant une exemption fiscale sur les revenus des créateurs sous un certain plafond.

La culture doit rester accessible à tous les citoyens. La licence globale sur internet sera acceptée en échange d’une juste rémunération pour les auteurs. Des maisons des arts et de la culture seront également créées dans le cadre de chaque cité scolaire afin d’accueillir les élèves mais aussi les adultes pour des pratiques, découvertes et apprentissages artistiques.

La France doit se donner toutes ses chances de rayonner à nouveau dans le monde grâce à sa diversité culturelle, en ancrant davantage dans la République ses collectivités d’Outre-mer et leur reconnaissant un rôle de premier plan dans la défense de la francophonie et de la coopération régionale avec les États de la Caraïbe, de l’Océan Indien et du Pacifique.

Source: République Solidaire

0 Commentaire

  1. charles

    Là.. En Politique Etrangère, il n’y rien à dire pour ma part. DDV sera parfait car il est.
    De plus, ce n’est pas mon domaine comme famille, école, travail, chômage, impôts, etc..
    DDV est très bien formé, il sait tout et voit tout. C’est une chance pour la France.

  2. NVK

    Très bien le président du Conseil européen élu au suffrage universel direct …. à ce propos, il nous faut une vraie constitution européenne et pas un salmigondis de mesures qui n’a rien à voir avec un véritable pacte constitutionnel … il nous faut un vrai contrat social européen.

  3. mhn

    Là, nous avancerions vraiment !

  4. charles

    Oui, « très bien ».. Bon.. Le « Président du Conseil européen élu au suffrage universel direct ».
    - Mais avec quels pouvoirs SURTOUT sur les états ?
    C’est un truc encore à bien réfléchir, à 27 puis à 37 un jour.
    - Germains : si c’est la RFA et les pays du Nord qui se liguent pour gérer, ça va.
    - Latins : si ce sont les pays du Sud très divers, ça va zigzaguer beaucoup.
    - Si un jour : c’est la « Perfide Albion » tournée coté Ouest, ça va déjouer.
    - Si un jour : ce sont encore d’autres cultures (Turquie par ex..), ça va coincer des coins.

    Si c’est un président du conseil façon IVème république, tout le monde sera content. Donc la seule et vrai question : avec quels pouvoirs pour présider et surtout agir de son chef ?
    ( voyons déjà cet euro, trop fort pour les uns mais aussi trop faible pour d’autres, il est déjà venu trop tôt, avec et sans règles à bien respecter. C’est une monnaie de l’erreur. C’est un échec global qui a été mis en place alors que beaucoup n’étaient pas prêt à payer, avec.
    N’oublions pas, également, que des « NON » ont été transformés en « OUI » )
    L’europe est à recoudre d’abord, à bien re-définir ensuite.

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