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Bayrou-Villepin, le rapprochement qui arrange l'Élysée

« Je ne dis pas que Bayrou aurait pu signer lui-même cette interview, mais bon… » Au MoDem, on jubile. Dans une interview au quotidien Libération, samedi, le patron de République solidaire, Dominique de Villepin, s’est fait l’avocat de la candidature de… François Bayrou. Plus exactement, l’ancien Premier ministre, qui se veut pourtant gaulliste devant l’éternel, a plaidé pour une large coalition au centre, tout en faisant l’éloge de la vision du patron du MoDem.

Exit, donc, les formules du type « l’élection présidentielle, c’est la rencontre d’un homme avec un peuple ». Désormais, Dominique de Villepin estime que l’on peut « imaginer un centre courageux » et qu’il faut « accepter de se demander collectivement quel est le meilleur programme pour la France ». « Nous sommes dans le temps du nous », ajoute-t-il. Et de préciser, l’air de rien : « Nous sommes dans une situation d’urgence qu’analyse très bien François Bayrou. Éducation, dette, compétitivité : ce sont des sujets d’urgence. »

Comme si cela ne suffisait pas, l’un des membres actifs du bureau politique de République solidaire, Christophe Carignano, écrivait le même jour, sur son compte Twitter : « Un axe Bayrou-Villepin serait naturel après tout… À suivre après le 14, évidemment. »

Beaucoup de points communs

Le 14 septembre, Dominique de Villepin connaîtra l’issue de son procès en appel dans l’affaire Clearstream. Une date couperet qui, depuis le début de l’été, est censée justifier la mise entre parenthèses d’une campagne entamée début avril avec la présentation de son projet. Reste que le doute s’est installé depuis longtemps sur les intentions de Villepin pour 2012, jusqu’au sein de ses maigres troupes. Et les plus sceptiques s’interrogent depuis longtemps sur l’éventuelle « porte de sortie » que pourrait bien trouver leur leader. Au mois d’août, la révélation par Villepin lui-même de ses tractations menées depuis plusieurs mois en Libye, avec l’appui de l’Élysée, avait renforcé chez certains l’hypothèse d’un rapprochement avec le chef de l’État… sans pour autant convaincre. Celle d’une alliance avec le MoDem de François Bayrou, en revanche, paraît bien plus crédible.

Beaucoup de choses rapprochent les deux ex-ministres : un positionnement qui se veut « au-dessus des clivages partisans », leur isolement, leur relation conflictuelle – et désormais quelque peu apaisée – avec Nicolas Sarkozy. Au point qu’il y a environ un an le clan villepiniste, un peu moins décimé qu’aujourd’hui, espérait encore créer un groupe parlementaire commun avec les trois députés MoDem. Si l’opération n’a jamais abouti, le patron du MoDem s’est prononcé, au creux du mois d’août, en faveur d’une « majorité large du centre-gauche au centre-droit », dans une interview à L’Express. De quoi alimenter la rumeur… Et si, dans son parti, on assure qu’aucun contact particulier n’a été pris entre lui et le président de République solidaire, dans l’équipe de Villepin, en revanche, on évoque des contacts très probables.

Écarter Borloo de la course

Depuis quelques semaines, une autre rumeur circule au sujet de François Bayrou, notamment véhiculée par l’un des plus fervents soutiens de Jean-Louis Borloo, Dominique Paillé. Le patron du MoDem aurait « dealé » avec Nicolas Sarkozy et serait prêt à se retirer de la course à la présidentielle… en attendant 2017. Selon Paillé, ce « deal » explique la relative amabilité dont la majorité fait preuve à l’égard du patron du MoDem. Ainsi, l’Élysée, en valorisant la candidature de Bayrou, chercherait à affaiblir celui qu’il redoute le plus : Jean-Louis Borloo.

Force est de constater que François Bayrou et Nicolas Sarkozy ont au moins un intérêt commun : écarter le président du Parti radical de la course à la présidentielle. À l’Élysée, on estime que l’électorat bayrouiste – ou ce qu’il en reste – est perdu pour Nicolas Sarkozy. Au contraire de l’électorat de Borloo – s’il est candidat – qui, quoi qu’en dise son entourage, pique des voix sur sa droite au chef de l’État, comme sur sa gauche au patron du MoDem.

L’hypothèse de voir François Bayrou renoncer à se présenter à l’élection présidentielle de 2012 paraît peu probable. En revanche, celle d’un arrangement au moins tacite entre Bayrou et Sarkozy contre Borloo ne serait que renforcée par le ralliement éventuel de Villepin au patron du MoDem. Une analyse que ne cherchent d’ailleurs pas à contredire les bayrouistes : « C’est vrai que, d’un côté comme de l’autre, on sera plus à l’aise sans Borloo », confie-t-on, tout en prévenant : « Il ne faut ni se presser ni instrumentaliser Villepin. Il faut lui laisser le temps. » Restera, si une alliance prend forme, à voir sous quelles conditions l’ancien Premier ministre pourrait bien accepter de jouer les seconds rôles. Car s’il est un point commun aux deux anciens ministres, c’est leur soif de leadership.

Source: Pauline de Saint Remy (Le Point)

8 Commentaires

  1. Exprimeo

    Borloo et Bayrou au coude à coude

    Le centre a désormais deux leaders : Jean Louis Borloo et François Bayrou.

    C’est l’enseignement du sondage Ifop pour le JDD publié hier.

    Ce résultat laisse apparaître quatre enseignements :

    1) JL Borloo bénéficie d’une dynamique certaine,

    2) François Bayrou subit une érosion avec cette rivalité nouvelle,

    3) le centre ne peut se permettre une telle rivalité durablement indécise qui ruinerait les espoirs de chacun des deux challengers,

    4) Hervé Morin et Dominique de Villepin évoluent progressivement vers des marginalisations qui, faute de rebond urgent, vont rapidement imposer des choix de soutiens de leurs parts.

    Plus la rivalité Borloo / Bayrou sera serrée dans les intentions de votes, plus les soutiens de Morin ou Villepin auront du poids. Il leur est donc urgent d’attendre sauf à prendre le risque qu’un écart se creuse entre les deux « champions du centre » et que le soutien alors exprimé soit perçu comme d’une moindre influence.

    Pour lire la suite, cliquez ici:

    http://exprimeo.fr/article/7223/borloo-et-bayrou-au-coude-a-coude.htm

  2. mhn

    Ce qui est certain est que nous ignorons ce qui se trame entre Bayrou et Sarkozy.
    Il semble qu’il y ait ici, dans l’article du Point une lecture tendancieuse des paroles de DdV dans Libération car dire que « FB analyse très bien la situation d’urgence » ne signifie pas un rapprochement de tactique politicienne. Pour l’instant, DdV parle de programme d’urgence devant une situation de crise.
    Le mieux est d’attendre que lui même nous éclaire.
    La phrase « Il n’y a pas d’homme providentiel  » qui a étonné certains, il y a pourtant longtemps qu’il l’a dite. Ce n’est pas la première fois.
    Il a toujours dit aussi qu’il tenait à incarner lui-même son programme, et que nous sommes encore loin d’un choix présidentiel par les Français.

  3. charles

    Mais moi.. Aussi, je suis à fond pour un rapprochement avec DDV, de tous, de tous et de tous, mais derrière, derrière. Ensuite donc, je ne veux voir qu’une seule tête, comme un alignement parfait pour la France. Ecouter une seule voix. Ce n’est pas pour demain, je pense, les petits égos sont trop « grands ». Pour l’heure, L’Homme d’Etat est seul. Sans L’APPEL, il restera seul. Le sursaut national n’aura pas lieu. Nous attendons donc.

  4. esca

    Pour ma part je suis bien évidemment pour une candidature commune entre ce que l’on appelle les centristes et les gaullistes. En revanche, il ne faut pas compter sur moi pour souhaiter une candidature commune où l’on retrouverait des UMP qui ont soutenu le gouvernement… jusqu’à ce qu’ils n’en fassent plus partie.

    A ce propos, n’ayons pas la mémoire courte: si J.L. Borloo avait été nommé Premier ministre comme il l’espérait, jamais il n’aurait eu l’idée de s’éloigner de l’UMP.

    Je veux bien que les hommes politiques évoluent dans leurs convictions, mais pas au point de s’éloigner d’un parti parce qu’ils n’ont pas eu le poste qu’il souhaitaient.

    Sur ce plan, DDV comme Bayrou ont quand même une autre éthique.

  5. Battementd'elle

    Une seule chose est claire ….. DDV est entré depuis l’année 2011 dans une parenthèse
    assortie d’une ambiguité de situation qui laisse planer un grand doute sinon un malaise
    quant à une future candidature.
    Un grand changement s’est produit dans ses propos et dans ses attitudes.
    A vrai dire, NS se serait soit disant bien assagi et malheureusement DDV AUSSI !
    (cela peut nous inspirer  » le colosse aux pieds d’argile »)
    Il est également dommage de voir DDV sur des plateaux télé tels que « le petit journal »
    de Canal+ : la dérision n’est pas loin !

  6. mhn

    Je ne trouve aucun changement dans les propos de DdV. Il n’a été, selon ces mêmes propos, jamais attiré par la politique politicienne mais selon nous, les villepinistes, il a grandement la hauteur et la valeur nécessaires pour être Président de la République.

    Les Français sont pour l’instant distraits par des petites chamaillerie d’ego entre les candidats. Est-ce que cela a à voir avec un choix sérieux, qui les engage tous? Je ne crois pas.

    Espérons qu’ils soient plus clairvoyants. Personnellement je ne supporte plus les candidats complètement fascinés par le but à atteindre et qui parlent comme s’ils étaient absolument certains d’atteindre ce but.

    Cela dépend aussi un peu de nous.

  7. Kristel

    Nous ne sommes pas encore dans la campagne. Il y aura des surprises. Il faudrait que NS soit éliminé dès le premier tour. Les Français doivent se réveiller.

    Pour moi, J. L. Borloo n’est pas crédible du tout. Il n’a pas l’envergure et surtout a approuvé les décisions calamiteuses du gouvernement auquel il a appartenu.
    Un dialogue avec François BAYROU serait intéressant. Après il faut voir.

    Je pense que Dominique De Villepin a envie de se lancer dans la bataille et pas en jouant les seconds rôles.
    Il a dit plusieurs fois qu’il a vocation à incarner son projet. Par ailleurs, Il a compris qu’il faut dire la vérité aux Français.

    Ce n’est pas le cas des autres leaders qui gesticulent, font des promesses électoralistes pas tenables et pire veulent faire passer leur ambition personnelle avant l’intérêt général du pays.

    DDV ne peut pas être un simple spectateur de la Présidentielle.
    DDV, un Vrai Homme d’Etat avec une stature nationale et internationale.
    Tous les jours, nous pensons à sa candidature.

  8. Battementd'elle

    DDV……. Bien entendu il est l’unique candidat « qui a tout d’un président » néanmoins, c’est à l’heure actuelle la seule évidence pour ses partisans qui peinent à croire au grand soir de 2012 tant il sera difficile de réaliser  » le rassemblement qu’il préconise » !

    Le pire de tout c’est de voir dans les médias « les propositions des présidentiables même non déclarés » (sic) Le Parisien au sujet de la Dette de l’Etat où l’on se garde bien de faire figurer DDV …..

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