Quelques jours après avoir démissionné de son poste de porte-parole de République Solidaire, le député Daniel Garrigue a publié sur son blog un communiqué rappelant son indépendance politique.
Dans le même temps, François Goulard exprime dans la presse ses divergences avec le projet présidentiel présenté par Dominique de Villepin.
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François Goulard prend ses distances
Nouvellement élu à la présidence du conseil général du Morbihan, le Vannetais François Goulard, député UMP, n’a pas caché, lundi, qu’il n’était pas d’accord avec le programme présidentiel de Dominique de Villepin. François Goulard, cofondateur de République Solidaire avec Dominique de Villepin, n’était pas au côté de son ami, jeudi dernier à Paris, lors de la présentation à la presse des mesures phares du présidentiable anti-sarkozyste.
« Je ne suis pas d’accord avec ce programme, confie François Goulard, mais je ne fais aucun commentaire. Je n’étais pas à Paris depuis un mois et demi car j’étais en campagne électorale à Vannes-centre. J’ai donc eu peu de contacts avec Dominique de Villepin ».
« Rien d’irrémédiable »… Vraiment?
François Goulard est quasiment sur la même longueur d’ondes que Daniel Garrigue, le porte-parole de Villepin, qui a démissionné le jour même de la présentation des grandes lignes du programme, pour cause de désaccord sur la forme et sur le fond.
Pour autant, le nouvel homme fort de la droite morbihannaise ne quitte pas République Solidaire: « Pas de divorce entre Goulard et Villepin, rien d’irrémédiable non plus », estime un proche du député vannetais.
Il n’empêche que François Goulard se montre plutôt dubitatif quand on lui demande si le programme de Dominique de Villepin abondé, voire corrigé, serait susceptible de susciter son adhésion à la feuille de route de 2012.
François Goulard, dit-on dans son entourage, n’aurait pas apprécié (comme Daniel Garrigue et d’autres à République Solidaire) le mode de fonctionnement « trop personnel » de Dominique de Villepin qui aurait bouclé un programme « comportant des erreurs » et jugé « peu crédible » sur certains points, avec l’aide « de trois ou quatre jeunes énarques inexpérimentés »…
Distance
Depuis plusieurs semaines, François Goulard s’agaçait du rappel par des commentateurs de sa proximité avec Dominique de Villepin. L’animal politique confiait qu’il était avant tout immergé dans la campagne des cantonales à Vannes-centre, au coeur de sa ville et de ses projets départementaux.
Au moment où Dominique de Villepin a quitté l’UMP, François Goulard s’est étonné qu’on ait pu lui demander s’il en ferait autant. François Goulard réaffirmait récemment sur les antennes de France Inter et de LCI que sa famille reste l’UMP et qu’il lui importe de s’y maintenir pour lutter, de l’intérieur, contre une droitisation vers l’extrême d’un parti « au bord de l’éclatement ». François Goulard considère qu’il doit exister, au sein de l’UMP, une alternative à la candidature de Nicolas Sarkozy.
Il y a peu, c’était en tant que conseiller et supporter de Dominique de Villepin que le Vannetais envisageait la présidentielle. Aujourd’hui, c’est moins évident… « L’alternative à Sarkozy, oui, avec Villepin… ou un autre! », sourit un proche de François Goulard, plus que jamais électron libre dans le big bang d’une droite en recomposition.
Source: Le Télégramme
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Communiqué de Daniel Garrigue: « On ne me quitte jamais pour rien.. »
Interrogé dimanche soir, 17 avril, sur BFM-TV, à propos des départs -M. Lemaire, Mme Montchamp et moi-même- qui ont marqué la vie de République Solidaire, M. de Villepin a déclaré : « On ne me quitte jamais pour rien et on est, en général, fortement récompensé ».
Je regrette la suffisance et la prétention de M. de Villepin.
1- D’abord, c’est vrai, je ne suis pas parti pour rien.
Je suis parti en raison d’un désaccord de plus en plus profond portant à la fois sur le fond et sur la méthode.
Sur le fond, parce que je ne me reconnaissais pas dans différents aspects du « projet » de M. de Villepin, notamment la mesure « phare », le revenu citoyen, qui me paraît incertaine dans son principe (l’assistance plutôt que l’insertion), dans ses contreparties (le vote obligatoire, la mise en place d’un « service public » aux contours insaisissables, la condition de nationalité) et dans son financement (démesuré dans la situation de crise que nous connaissons).
Sur la méthode, parce que le président de République Solidaire n’a accepté le débat ni avec ses proches, ni avec le mouvement qu’il a lui-même créé.
2- Par contre, je n’agis pour le compte de personne et je n’attends rien de personne.
Je n’ai pas d’autre ambition que celle de défendre une ligne politique qui est celle du gaullisme social, ligne que j’avais affirmée notamment en présentant la motion de République Solidaire lors du Conseil national du 4 décembre dernier.
Je continuerai à travailler et à m’exprimer de façon libre et indépendante, particulièrement sur les questions qui me paraissent essentielles :
- comment retrouver la croissance ?
- comment concilier l’effort et la solidarité ?
- comment relancer la construction européenne ?
J’ai quitté l’UMP en décembre 2008. Pour ce qui me concerne, je n’ai depuis lors jamais renouvelé ma carte, ni eu le moindre entretien avec M. Sarkozy.
Je n’ai que faire des récompenses, pas plus de celles de M. de Villepin que de celles des autres. »
Daniel GARRIGUE. Député non inscrit de la Dordogne
Source: Blog de Daniel Garrigue