« Il n’y a aucune ambigüité entre le président de la République et moi-même ». Ouf, on est rassuré. Parce que Dominique de Villepin a répondu à l’invitation du chef de l’Etat ce lundi matin pour la deuxième fois en dix jours.
« Les choses sont parfaitement claires depuis le début (….). Il n’y a aucune mission, aucune responsabilité», a martelé l’ancien Premier ministre qui recevait la presse lundi après-midi dans les locaux de son parti pour « clarifier » l’échange entre les deux hommes
Conférence de presse de Dominique de Villepin
envoyé par clubvillepin
Entre Sarkozy et Villepin, les relations se normalisent
À moins de deux mois du procès en appel de l’affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin se voient vraiment beaucoup. Il y a dix jours, l’ancien premier ministre était convié à l’Élysée pour parler du G20. Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy a éprouvé un besoin urgent de s’entretenir avec lui du sommet européen prévu en fin de semaine à Bruxelles sur la situation en Libye. Déposé à 8 h 30 au pied du perron de l’Élysée qu’il a gravi à grandes enjambées, l’ancien premier ministre en est ressorti en voiture vers 9 h 45 sans faire de déclaration.
L’Élysée est désormais pleinement engagé dans une stratégie de décrispation avec l’ex-premier ministre. L’entourage du chef de l’État affirme d’abord que «rien n’a été dit ou fait pour nuire à Dominique de Villepin depuis que Nicolas Sarkozy a retiré sa partie civile du procès Clearstream».
Une affirmation qu’il faut nuancer en rappelant que plusieurs villepinistes ont été appelés au gouvernement, la dernière en date étant, en novembre, Marie-Anne Montchamp, l’ancienne porte-parole de Villepin. La secrétaire d’État aux Solidarités souligne qu’il y a encore six mois «deux rendez-vous à dix jours d’intervalle, c’était inimaginable». «Le contexte politique a changé. Les pays arabes se sont émancipés. Marine Le Pen est en train de se tailler une part du marché électoral, note-t-elle, tout gaulliste se sent appelé par l’impératif du rassemblement dans ce genre de circonstances.»
7% d’intentions de vote
L’Élysée souligne de son côté que Villepin ne se laissera pas acheter avec une mission ou une ambassade itinérante dans les pays arabes en crise, comme le bruit a couru tout au long de la journée de lundi. «S’il devait y avoir une petite chance que le rassemblement se fasse, c’est en tirant tout ça vers le haut. Villepin doit être convaincu qu’il rend service à sa propre majorité», estime un conseiller du chef de l’État.
De ce point de vue, les sondages alarmistes sur la montée du FN rendent service à l’Élysée. «Au nom du rassemblement de la famille, les positions peuvent changer, sans perte de sens», confirme de son côté Montchamp. Encore faut-il que Villepin accepte l’esprit de cet appel au rassemblement, alors qu’il a choisi de ne pas renouveler sa carte de membre de l’UMP il y a dix jours.
Et la tâche ne sera pas aisée. À l’occasion d’un point presse organisé précipitamment en fin d’après-midi, Villepin a une nouvelle fois exclu l’idée de «s’effacer», comme le lui demandaient plusieurs personnalités de l’UMP. «Certains voudraient penser que face à la menace que représente le Front national, il faut se recroqueviller derrière les deux grands partis dits de gouvernement, a-t-il expliqué. Ce n’est pas ça la démocratie et ce n’est pas ça la République.»
Nicolas Sarkozy lui a-t-il cependant demandé? «À aucun moment, ce sujet n’a été évoqué et, si je n’avais pas la conviction que le président de la République respectait cette liberté de choix, il n’y aurait pas eu de deuxième entretien», assure-t-il. Villepin explique d’ailleurs que «les questions électorales» n’ont été à aucun moment évoquées. Pas plus qu’il n’a été question d’une éventuelle mission diplomatique. «Je veux éviter toute ambiguïté, dit Villepin. La question ne se pose pas: autant, dans la position qui est la mienne, je suis heureux de pouvoir apporter ma proposition, autant la question ne se pose pas dans ces termes.»
Avant de s’entretenir avec ses proches, puis de s’envoler pour le Moyen-Orient jusqu’à la fin de la semaine, Villepin donne une dernière fois de la voix: «Aujourd’hui, la vie politique est tétanisée par la peur et c’est au nom de la peur que l’on voudrait que des responsables politiques se renient ou s’effacent. Je regrette, je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur pour mon pays et je fais confiance aux Français.» Dans le dernier sondage Harris Interactive- Le Parisien , les Français lui accordent 7% d’intentions de vote. Mais, assure Villepin, les résultats de 2012 seront «très éloignés de la photographie qui a été faite». Verdict dans quatorze mois.
Source: Le Figaro
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Villepin-Sarkozy : « pas d’ambiguïté »
Dominique de Villepin, qui a été reçu aujourd’hui, pour la deuxième fois en quinze jours par le président Sarkozy, a dit s’être rendu à l’Elysée « dans un esprit de franchise, de clarté et sans ambiguïté » pour évoquer la situation dans les pays arabes. « Il n’y a aucune ambiguité entre le président et moi même », a répondu le président de République solidaire, interrogé sur ses rencontres successives avec le chef de l’Etat lors d’un point de presse au siège de son mouvement.
L’ex premier ministre a pris son petit-déjeuner avec Nicolas Sarkozy « pour évoquer le conseil européen extraordinaire de vendredi sur la situation en Libye et dans la Méditerranée. « J’ai répondu la première fois à son invitation (le 24 février, ndlr) dans un esprit républicain. Il est clair que je respecte la tâche lourde du président et que, dans un moment historique, j’estime qu’il est de mon devoir d’apporter des propositions, l’expérience qui est la mienne », a-t-il affirmé.
D’ailleurs, a-t-il ajouté, « chaque fois que le président ou quiconque solicitera ma participation à un dialogue en vue de l’intérêt général, je répondrai présent ». « Donc, c’est dans un esprit de franchise, de clarté et sans aucune ambiguïté que je me suis rendu à l’Elysée. Sans quoi, après le premier rendez-vous, il n’y en aurait pas eu un second », a-t-il poursuivi en affirmant n’avoir reçu, alors, aucune proposition de M. Sarkozy, comme des rumeurs l’avaient laissé entendre.
« Il est clair que le président, et je lui ai dit, sait la volonté qui est la mienne de proposer une alternative à la politique qui est aujourd’hui menée », a dit M. de Villepin. Au plan international, l’ex-ministre des Affaires étrangère a déclaré avoir dit au chef de l’Etat sa conviction que la situation dans les pays arabes représentait « un rendez-vous essentiel pour la France et l’Europe ».
« Il nous faut poser le cadre de l’action qui doit être régional. Ce cadre, c’est celui de l’Europe, riverain de la Méditerranée, de la Ligue arabe et de l’Union africaine », a-t-il ajouté. « Au-delà du cadre, il faut aussi déterminer les outils qui vont nous permettre d’agir. Cela veut dire, mettre en place une zone d’exclusion aérienne (…) pour neutraliser toute capacité d’action du colonel Kadhafi de s’en prendre davantage à son peuple ». « Il me paraît aussi essentiel de mettre en place une force de paix qui pourrait intervenir à travers des corridors humanitaires et aurait vocation à marquer notre engagement sur le terrain dans le cadre des Nations unies », a-t-il dit.
Source: Agence France Presse
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Nicolas Sarkozy revoit Villepin sur fond de mauvais sondages
Reçu lundi par le chef de l’Etat pour la deuxième fois en moins de deux semaines, l’ancien Premier ministre a
assuré qu’aucune offre de services ne lui avait été faite.
L’entretien, autour d’un petit déjeuner, portait officiellement sur la préparation du Conseil européen de vendredi consacré à la Libye, en faveur duquel il avait plaidé lors de sa précédente visite à l’Elysée, le 24 février.
Il est intervenu après la publication, ce week-end, d’un sondage Harris Interactive montrant que le chef de l’Etat pourrait être devancé par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle.
Face à ce danger, des voix se sont élevées au sein de la majorité pour demander à Dominique de Villepin, crédité dans cette enquête de 7% des intentions de vote, de ne pas se présenter en 2012.
L’intéressé a assuré qu’il n’y avait « aucune ambiguïté » entre lui et le président de la République, à l’origine de ces entrevues considérées comme un signal fort au vu des relations extrêmement tendues entre les deux hommes ces dernières années sur fond d’affaire Clearstream.
« J’ai répondu une première fois à son invitation dans un esprit républicain », a-t-il dit, soulignant que « dans un moment historique », il estimait de son devoir de faire des propositions et d’apporter son expérience sur un sujet aussi important que les révoltes dans le monde arabe.
« Mais il est clair aussi que le président de la République sait parfaitement l’engagement qui est le mien et la volonté qui est la mienne de proposer une alternative politique à celle qui est aujourd’hui donnée », a-t-il ajouté lundi après-midi devant la presse.
Pour Dominique de Villepin, la France et l’Europe ne doivent pas passer à côté de la « chance historique » que représentent les événements de Libye et des autres pays arabes en accompagnant les aspirations à la démocratie de leurs peuples.
En attendant, il juge prioritaire la mise en place au dessus de la Libye, en liaison avec la Ligue arabe et l’Union africaine et sous mandat de l’Onu, d’une zone d’exclusion aérienne pour faire échec à « toute tentation du colonel Kadhafi et de son régime assassin de s’en prendre à son peuple ».
Il prône aussi la création d’une force de paix qui pourrait intervenir à travers des corridors humanitaires.
« Chaque fois que quiconque sollicitera ma participation à un dialogue, à un échange en vue de l’intérêt général, je répondrai présent », a-t-il encore dit pour expliquer son nouveau rendez-vous élyséen.
Il a indiqué avoir aussi exprimé devant Nicolas Sarkozy son « inquiétude » propos du débat sur l’islam et la laïcité ouvert par l’UMP avec l’aval du chef de l’Etat.
Pour Dominique de Villepin, « le débat identitaire ne peut être une réponse à la question sociale qui se pose en France ».
Quant à la montée du Front national dans les sondages, il y voit « d’abord et avant tout la traduction d’une exaspération, d’un mécontentement des Français. »
« La réponse ce n’est pas de céder à la surenchère, ce n’est pas de céder aux peurs, pas plus la peur de l’immigration, la peur du terrorisme ou de tout autre risque, c’est d’apporter des réponses concrètes à nos concitoyens ».
« C’est au nom de la peur que l’on voudrait que des responsables politiques se retirent ou s’effacent. Je regrette, je n’ai pas peur, je n’ai pas peur pour mon pays, je fais confiance aux Français », a-t-il encore dit en réponse à ceux qui le pressent de rentrer dans le rang au sein de la majorité.
Coïncidence ou non, Dominique de Villepin s’exprimait dans les locaux de son mouvement, République solidaire, installés dans un immeuble dont le code d’accès est 2012, et ce bien qu’il n’ait pas encore explicité clairement ses intentions pour la prochaine présidentielle.
Source: Reuters
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Dominique de Villepin parle à Nicolas Sarkozy «en toute indépendance»
«Il n’y a aucune ambigüité entre le président de la République et moi-même». Ouf, on est rassuré. Parce que Dominique de Villepin a répondu à l’invitation du chef de l’Etat ce lundi matin pour la deuxième fois en dix jours.
«Les choses sont parfaitement claires depuis le début (….). Il n’y a aucune mission, aucune responsabilité», a martelé l’ancien Premier ministre qui recevait la presse lundi après-midi dans les locaux de son parti pour «clarifier» l’échange entre les deux hommes
Et il ne faut pas se fier au code d’entrée de l’immeuble, «2012», – «c’est la copropriété qui a décidé» nous explique-t-on – «les questions électorales» n’ont été nullement évoquées lors du petit-déjeuner.
Lundi matin à l’Elysée, l’ex-patron du Quai d’Orsay a tout simplement voulu apporter «sa contribution» au nom de «l’intérêt général» et «en toute indépendance» sur ce «moment historique» qui se déroule «de l’autre côté de la Méditerranée». Il a dit au chef de l’Etat que «la France et l’Union européenne doivent se tenir aux côtés» de la Libye et des pays arabes et qu’ils ont «une chance historique» de les accompagner. La France, qui est le seul pays au Conseil de l’ONU a avoir une rive en Méditerranée doit agir avec la Ligue arabe et l’Union africaine pour «mettre en place une zone d’exclusion aérienne» et proposer «une force de paix qui pourrait intervenir dans des corridors humanitaires», a énuméré Dominique de Villepin.
«Je n’ai pas peur»
Reste qui si Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy n’ont pas évoqué frontalement la politique intérieure, le président de République solidaire en a profité pour faire passer des messages, notamment son «inquiétude» vis-à-vis du «débat sur l’Islam et la laïcité», car «le débat identitaire ne peut pas être une réponse à la question sociale». Interrogé sur le sondage qui donne Marine Le Pen en tête au premier tour de l’élection présidentielle, il a estimé que ce n’était «pas une photo de l’opinion mais une photo de l’inquiétude et de l’exaspération» des Français. «La réponse, ce n’est pas de céder à la surenchère, à la peur de l’immigration ou du terrorisme», a-t-il taclé, en allusion aux propos du chef de l’Etat sur le «flux migratoires incontrôlables», car ce serait «faire le jeu du FN».
Quant à savoir s’il se désisterait de la course présidentielle pour éviter un risque de 21 avril 2002, pas question. Droit comme un i face aux caméras et aux micros, il a lâché: «je ne pense pas que ce soit ceux qui ont mis en garde contre les risques de dérives et l’échec annoncé des politiques qui doivent aujourd’hui s’effacer». «Ce serait l’ironie de l’histoire», a-t-il ajouté. Toujours pas déclaré pour 2012, suspendu à son sort judiciaire, il veut faire «le pari de l’audace» face «à une vie politique tétanisée par la peur». «Je n’ai pas peur», déclame-t-il presque en conclusion de sa déclaration visiblement mûrement préparée.
Source: 20 Minutes