Le patron de l’UMP veut rencontrer l’ex-Premier ministre, toujours membre du parti présidentiel. Les villepinistes n’ont rien contre des contacts informels mais croient les marges de manœuvre de Copé limitées.
Tout à son projet d’«union sacrée» de la droite pour 2012, Jean-François Copé veut s’attaquer au «cas Villepin». Une offre de dialogue lancée la semaine dernière et que le secrétaire général de l’UMP a réitérée, ce lundi matin sur France Inter. «Je vais parler avec Dominique de Villepin, comme je parle avec tous les responsables de notre majorité», prévoit le nouveau secrétaire général de l’UMP.
D’autant, ajoute Copé, qu’il n’a «jamais eu de dialogue compliqué» avec Villepin dont il a été le ministre du Budget et porte-parole de son gouvernement. Et «un ministre heureux», précise cet ancien «bébé Chirac»! François Goulard, qui en tant que villepiniste, n’a «pas eu à se plaindre» de lui au groupe UMP, y voit «une démarche sensiblement plus intelligente» que la «position confinée» de son prédécesseur, Xavier Bertrand. Lequel, réagissant la semaine dernière à cette main tendue à Villepin, avait plutôt recommandé à Copé de se rapprocher en priorité du grand perdant du remaniement: «Je pense que c’est plus important encore de voir Jean-Louis Borloo très rapidement.»
De là à envisager une rencontre en bonne et due forme… on cache fort bien son enthousiasme du côté de République solidaire. «Qu’il y ait toujours des contacts, tant mieux. Mais ce n’est pas un événement et je ne suis pas sûr qu’introduire une discussion avec un réel caractère politique soit très fructueux», modère Goulard. «Je ne sais pas dans quelle mesure il souhaitera établir cette discussion mais à ma connaissance, il n’en est pas vraiment question», s’interroge Daniel Garrigue, porte-parole du parti de l’ex-Premier ministre, qui remplace Marie-Anne Montchamp, entrée au gouvernement.
Soulignant sur France inter son refus de faire de l’UMP «une machine à exclure», Copé devrait demander à Villepin de préciser sa position au sein ou hors du parti majoritaire, dont il est toujours membre. Et ce malgré sa récente charge contre Sarkozy, «l’un des problèmes de la France». L’UMP «doit être un lieu … où chacun doit de lui-même savoir quel doit être le camp auquel il appartient», pose Copé.
Une question réglée pour les fidèles de Villepin. «Sauf à considérer que l’UMP est un comité de soutien à Nicolas Sarkozy, il y a une place pour ceux qui sont en désaccord profond avec lui», rétorque Goulard tandis que Garrigue – qui, lui, a quitté le parti – présente Villepin en recours pour ceux qui «se sentent mal à l’aise à l’UMP»: «Il est important de garder le contact avec eux.»
Une stratégie qui compromet forcément un rapprochement Villepin-Copé. D’autant que le porte-parole de République solidaire juge les marges de manoeuvre du secrétaire général de l’UMP très étroites dans un parti où «le débat interne a été éliminé depuis sa prise de contrôle par Nicolas Sarkozy». «Copé, qui cherche à se donner un espace politique, est conscient de cette carence et rouvre le débat mais aujourd’hui il est à la tête d’une structure devenue une pure machine électorale.»
Source: Libération.fr