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Quand Villepin se paie Sarkozy (1/2)

Dominique de Villepin dénonce le plan sécuritaire du président de la République. Le dernier épisode d’une longue série de passes d’armes.

Sécurité

« Il y a aujourd’hui sur notre drapeau une tache de honte », proclame-t-il indigné dans une tribune publiée par Le Monde le 24 août. « La surenchère sécuritaire n’a d’autre but que la provocation et la division pour assurer la conservation du pouvoir au service d’intérêts personnels ».

Voile intégral

« On appuie sur des touches, burqa, sécurité, et hop! on voit les sondages monter. Mais aucun parti politique ne peut gagner si la France perd. A un moment, il faut dire : la République, ce n’est pas cela », explique l’ancien Premier ministre le 25 mars dernier aux journalistes invités au Press Club de Paris.

Identité nationale

Le débat sur l’identité nationale « donne le sentiment d’une République à deux vitesses ». Débat dans le 18ème arrondissement.

« Le débat a dérapé à cause de ce terrible ministère de l’identité nationale et de l’immigration qui est une insulte à notre pays. Associer l’identité nationale et l’immigration, c’est rejeter, diviser, instrumentaliser. » Questions du mercredi, France Inter-Le Monde, 15 avril 2010.

La burqa, la sécurité, la suppression des allocations familiales relèvent d’une politique de « boucs émissaires qui n’est pas conforme à l’intérêt de notre pays » et conduisent « à la stigmatisation, à la division et à la surenchère », dit-il déjà en avril dernier lors d’un déplacement à Dijon.

Banlieue

« On ne peut pas limiter la vie dans les quartiers à la sécurité. Il y a aussi la question sociale : le chômage », déclare-t-il à l’occasion d’une visite dans le quartier du Val Fourré à Mantes la jolie, le 1er juin dernier. « Le Président ne voit les choses qu’à travers une seule lunette qui sont les lunettes sécuritaires et ces lunettes-là ne rendent pas compte de la réalité. »

Affaire Woerth-Bettencourt

« Peut-on être à la fois ministre, a fortiori du Budget, et trésorier d’un parti? », s’interroge Dominique de Villepin invité du Talk Orange-Le Figaro, le 2 juillet. « Est-ce qu’on peut solliciter des grandes fortunes et en même temps être ministre? »

« Beaucoup des scandales viennent de la confusion des pouvoirs. Cette gangrène risque de favoriser les extrêmes », prévient-il dans un entretien accordé à Libération le 3 juillet dernier.

L’échec des régionales

Deux heures après l’annonce officielle des résultats du scrutin, Villepin annonce le prochain lancement de son mouvement: « J’ai entendu le message des Français. Message de sanction quand on voit le premier parti de France, le parti majoritaire, l’UMP, arriver en second. C’est l’échec d’une stratégie, l’échec d’une politique ». Press Club, 25 mars 2010.

Le modèle social français

« Est-ce que les Français veulent moins d’infirmières, d’enseignants, de policiers? », Le mot d’ordre de mon combat, c’est une République solidaire. Nous ne pouvons pas tourner le dos à ce pacte français ». Mars 2010.

Le mode de gestion sarkozyste

« Je regrette qu’au cours des derniers mois les efforts aient été trop dispersés dans des réformes tous azimuts, comme l’audiovisuel public ou le juge d’instruction, et qu’on ait privilégié une gestion dans l’urgence ». Entretien accordé à La Tribune, 11 février 2009.

« L’hyperactivité n’est pas suffisante. Ce qui m’intéresse, c’est l’hyperefficacité. Il faut un président qui hiérarchise les problèmes, pas un touche-à-tout. » LCI-Le Parisien, 9 janvier 2009.

« On n’attend pas de lui qu’il soit survitaminé, mais qu’il soit sage ». Sur France-Inter, dans l’émission « Dimanche soir politique » avec I-Télé et Le Monde, 31 mars 2009.

« Le président de la République pense que, tout à coup, les 100 graines qu’il a jetées dans les sillons de France vont fleurir. Ce qu’il ignore, c’est qu’une addition de demi-réformes ne fait pas une réforme. Cela fait deux ans que l’analyse économique et sociale du gouvernement est erronée », se moque-t-il en mai 2009.

« Il y a des gens qui tombent dans le ‘je’ dès leur naissance. Il faut être capable de dire ‘je’, mais aussi ‘nous’… » Forum de la Fnac des Ternes, 23 janvier 2010, à propos du roman qu’il vient de publier, « le Dernier Témoin ».

La réforme

« Il y a deux miroirs aux alouettes dans le débat actuel: la rupture et la réforme tous azimuts. Ce qui compte c’est la bonne réforme (…) Il faut privilégier la réforme à coûts limités, compte tenu de nos faibles marges financières, et la réforme qui permettra d’opérer une modernisation de fond, plutôt qu’une réforme idéologique qui divise mais ne sert pas le pays », déclare-t-il au Parisien, le 9 janvier 2009.

Source: Catherine Gouëset (Le Point)

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