« Je suis soulagé après quatre années de longues accusations et suspicions avec la conviction que j’ai été accusé à tort », a assuré Dominique de Villepin invité du Grand Journal sur Canal + vendredi soir.
« Je connais et je crois connaitre l’intime conviction du procureur, c’est qu’il n’y avait rien à me reprocher dans ce procès », a dit l’ancien Premier ministre au dernier jour du procès Clearstream.
Et d’ajouter: « Il n’est pas question pour moi de rentrer aujourd’hui, dans cette période qu’on appelle le silence judiciaire, de rentrer sur le fond du dossier ».
« Je veux tourner la page et je veux garder une main ouverte vers l’avenir », a déclaré Dominique de Villepin.
« Toute cette affaire a montré à quel point ces reproches étaient sans fondement », a-t-il insisté.
« Je ne crois pas qu’on puisse vivre dans la rancœur. Et je crois qu’en politique, mais c’est également vrai dans la vie, la haine est le pire des tombeaux. On s’enferme et on se consume. Ce n’est pas un conseil qu’on peut se donner à soi-même de vivre dans de telles querelles « , a-t-il lancé sans se départir de son habituel lyrisme.
Mais s’il tend la main vers Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre n’oublie pas leurs différences. « C’est vrai que beaucoup de choses me séparent de Nicolas Sarkozy même si j’appartiens à la même famille politique. C’est vrai que sur l’indépendance de la France, nous n’avons pas les mêmes positions. C’est vrai que sur les principes républicains, nous n’avons pas toujours les mêmes convictions. C’est vrai que sur la réforme, nous n’avons pas les mêmes positons, a-t-il énoncé. Tout simplement parce que nous sommes différents. »
Dominique de Villepin n’a pas non plus oublié de se défendre dans l’affaire qui l’a mené devant le tribunal. « La première chose que j’ai faite dans ce dossier, c’est de demander à un général de la République (le général Rondot, ndlr) de suivre ce dossier, de faire preuve de prudence, de confidentialité pour assurer la protection des personnes et d’éviter toute machination politique, a-t-il assuré. Dans une affaire sensible, ce qui est important, c’est d’avoir en tête les risques. C’est ce que j’ai essayé de faire, mais on voit bien que les choses ont pris un autre tour. »
« L’objectif, c’était de me mettre sous cloche, a-t-il encore asséné. J’ai rappelé que j’avais des convictions, et que ces convictions n’étaient pas négociables. »
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