Ni la confrontation avec ses co-prévenus, ni les piques du procureur de la République de Paris n’ont déstabilisé mercredi Dominique de Villepin qui, répondant pied à pied aux accusations, a nié avec âpreté avoir jamais trempé dans la manipulation Clearstream. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut.
Ecoutez la réaction de Me Olivier Metzner, avocat de Dominique de Villepin, au micro de Jean-Pierre Elkabbach jeudi matin sur Europe 1: « Dominique de Villepin avait réponse à tout et de bonnes réponses à tout ». A l’issue de son audition-marathon, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin ».
Le récit de Jean-Marie Pontaut dans L’Express
Finalement, le spectacle a fait pschitt. L’audition de Dominique de Villepin, annoncée comme le moment fort du procès, d’où devait jaillir la vérité sur les manipulations politiques de l’affaire, n’a pas tenu ses promesses. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut de mensonge.
Dominique de Villepin a d’abord répondu assez aisément aux questions du président. Très à l’aise, il nie un certain nombre de points sensibles, déminant ainsi le terrain judiciaire et coupant l’herbe sous les pieds des futurs intervenants, une stratégie efficace et très rodée. Non, il n’a reçu aucune note de Jean-Louis Gergorin avant la fameuse réunion du 9 janvier 2004, réunissant le numéro deux d’EADS et lui même. Non, le nom de Nicolas Sarkozy n’est jamais apparu lors de cette réunion, du moins lié au vaste sytème de corruption internationale dénoncée par Gergorin. Si le nom de Sarkozy a été prononcé, c’est uniquement en raison de ses fonctions de ministre de l’Intérieur de l’époque. Seuls ceux de Chevènement, Strauss Kahn, Fabius et Gomez auraient été avancés, se souvient-il.
« En temps que ministre des Affaires étrangères, je voulais m’informer de cette enquête qui était menée par le général Rondot au nom du ministre de la défense », explique-t-il. Il admet seulement qu’en raison de la rivalité des services, il a souhaité que le ministère de l’Intérieur ne soit pas prévenu. Il ne faisait, en s’intéressant à cette affaire, que suivre les consignes générales du président de la République, Jacques Chirac, concernant la moralisation de la vie économique internationale, le nom des personnes ne le concernait pas.
« Notes de couverture »
Dominique de Villepin continue de réfuter tous les éléments qui le mettent en cause. Non, il n’a jamais rencontré plusieurs fois Jean-Louis Gergorin après cette réunion. La procédure dont fait état l’ancien responsable d’EADS, qui consistait à être récupéré dans une voiture de police banalisée pour se rendre au ministère? Il n’existait en fait que des « commodités », dont la seule personne identifiée pour en avoir bénéficié n’est autre que son kinésithérapeute…
Il n’est pas non plus intervenu pour sortir Imad Lahoud de garde à vue, alors qu’il était interpellé dans une affaire d’escroquerie. Selon l’ancien Premier ministre, on s’est servi de son nom dans cette affaire pour protéger un informateur qui n’était pas crédible. A trois reprises, insiste-t-il, Lahoud aurait dû exploser, surtout après fourni des documents bidons sur ses liens avec Ben Laden. Mais le service, qui ne voulait pas le lâcher, aurait mis son nom en avant pour le protéger. « C’est ce qu’on appelle, explique-t-il, des notes de couverture ». Il n’a jamais non plus donné pour instructions à Gergorin d’aller rencontrer le juge Van Ruymbecke. L’ancien stratège d’EADS, sur l’injonction du président, se place alors à ses côtés devant la barre. Il confirme tous ses rendez-vous avec Villepin. Il dit même comprendre pourquoi ce dernier, fidèle à la parole de Jacques Chirac, les nie. Mais il maintient ses déclarations, version contre version, parole contre parole.
Le procureur de la République, Jean-Claude Marin, soumet alors Dominique de Villepin à un questinnaire serré. Là encore, rien de déterminant. Dominique de Villepin, très maitrisé, a réponse à tout. Il se lance à cette occasion dans des envolées sur la responsabilité de l’homme politique et sa prudence par rapport aux affaires. « Pourquoi n’avoir pas informé le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin? » lui demande le procureur. « Les Affaires étrangères sont du domaine réservé du président de la République. J’avais appris quand j’étais secrétaire général de l’Elysée qu’elles se traitent directement entre le chef de l’Etat et le ministre des Affaires étrangères », répond-il. Il n’a jamais connu Lahoud, répète-t-il, « ni en janvier, ni en février, ni en mars 2004, ni jamais… avant que la presse ne parle de lui ». Il constate simplement qu’en mars 2004, quand le général Rondot a rendu compte de ce dossier au ministère de la Défense, tout autait du s’arrêter. « Or, assène-t-il, tout s’est accéléré ». Un ange passe. Visiblement, quelqu’un aurait bien pu exploiter l’affaire. Qui? Le nom est sur ses lèvres mais il ne sera pas prononcé.
Le procureur poursuit, évoquant les rendez-vous avec Gergorin, confirmés par ses gardes du corps. Là, pour la première fois, Dominique de Villepin prend la mouche. « Trop c’est trop », s’emporte-t-il, une phrase qu’il répètera à plusieurs reprises. « Je trouve choquant qu’on croit deux agents de sécurité plus que les 24 policiers et les 4 huissiers du ministère de l’intérieur qui ont été entendus et qui réfutent ces rendez-vous! »
« Ces amalgames n’ont aucun sens »
Soudain, le climat s’alourdit. L’avocat de la partie civile représentant Nicolas Sarkozy se lève pour l’interroger. Après quelques escarmouches, quelques questions posées sur ses relations avec le général Rondot, Villepin sort de ses gonds. Il réagit à une question un peu sybilline de Thierry Herzog, qui lui demande si le Bousquet dont on a relevé le nom sur le registre d’entrée du ministère des Affaires étrangères le 5 janvier 2004 ne serait pas par hasard Pierre Bousquet de Florian, le patron de la DST. Première grosse colère de Villepin. Il trouve ces insinuations déplacées. « Ces amalgrames n’ont aucun sens, gronde-t-il. Je trouve affligeant que vous utilisiez de tels arguments ».
Le conseil de Nicolas Sarkozy lui rappelle alors la teneur de la fameuse note du 9 janvier 2004, où le ministre des Affaires étragnères aurait demandé à Rondot de ne pas parler du dossier à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, car son compagnon, Patrick Ollier, serait lié aux milieux d’affaires du Moyen-Orient et que des « fuites étaient possibles ». Une évocation qui déclenche à nouveau les foudres de Villepin. « Votre lecture est édifiante, votre tentative de me mettre en cause a quelque chose de désespéré. On a tiré contre moi tous les fils, toutes les pelotes, on a cherché un rapport secret de la DST, on a saisi chez moi un CD-Rom qui était censé m’avoir été remis par le général Rondot. Après avoir dépensé beaucoup de moyens pour le déchiffrer, il s’est avéré qu’il contenait l’ensemble de mes oeuvres littéraires. On est même allé jusqu’au Liban pour récupérer un ordinateur de Lahoud, contenant soi-disant des éléments à charge contre moi. On a utilisé la rumeur et la calomnie pour me nuire ».
Alors que ses avocats, Maîtres Metzner et Leclerc, font allusion à l’actuel président de la République qui règle ses comptes avec l’ancien Premier ministre via ses avocats, Dominique de Villepin poursuit sa charge. Cette fois, il s’en prend directement au chef de l’Etat. « Quand il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois mis en cause Jacques Chirac et moi-même auprès de nombreux journalistes.Tout au long de cette instruction, depuis le mois de juillet 2006, le doigt de Nicolas Sarkozy est resté pointé sur moi et sur Jacques Chirac. Il a menacé des hauts fonctionnaires, Yves Bertrand, Philippe Massoni, le dossier s’est reconstruit sur une seule partie civile, la sienne. Il a exercé des pressions répétées sur des ministres, harcelé ceux de la Justice. Quand il parlait de l’affaire, Nicolas Sarkozy était hors de lui. Il changeait de physionomie. Il a manifesté la volonté de détruire un adversaire politique. »
Me Herzog tente de revenir au dossier. Il lui demande pourquoi deux notes classifiées de la DST ont été retrouvées à son domicile. Mais Dominique de Villepin est lancé. Il conclut sa diatribe: « C’est une chape de plomb politique qui s’est abattue
sur le dossier, et qui n’a pas permis de découvrir la vérité. » Laquelle? On ne le saura pas. A l’issue de cette audience, on ne sait toujours pas qui a fabriqué la fausse liste et qui y a placé le nom de Sarkozy.
Le verbatim des déclarations de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel (propos retranscrits par Stéphane Durand-Soufflant du Figaro)
• Le tête-à-tête du 1er janvier 2004 avec Jean-Louis Gergorin: «Je suis dans mon bureau, au Quai d’Orsay. Un huissier me demande si je suis prêt à recevoir Jean-Louis Gergorin. Il était en train d’organiser, avec mon cabinet, un déjeuner avec Henry Kissinger. Je le reçois une quinzaine de minutes. Il évoque divers sujets, dont la situation au sein d’EADS et, à la fin, l’existence d’un système occulte qui le préoccupe et qui est dans les mains du général Rondot, chargé d’une enquête par le ministère de la Défense. Je demande à mon secrétariat d’organiser une réunion avec le général Rondot pour connaître les éventuels prolongements internationaux, c’est une question vitale.»
• La réunion du 9 janvier 2004 avec Jean-Louis Gergorin et le général Rondot: «Jean-Louis Gergorin s’empare de la parole, et se lance dans un exposé long, assez décousu. Le général Rondot estime qu’il est nécessaire d’approfondir, présentant l’importance de ce système inquiétant. Je l’encourage en ce sens et conclus en rappelant que la prudence est nécessaire. Je m’inscrivais dans le cadre des grandes orientations données par le président de la République dans le cadre de la moralisation de la finance internationale. A aucun moment je ne mentionne des “instructions” du chef de l’Etat. Je lui ai rendu compte quelques jours après, spécifiant que le général Rondot enquêtait. Je ne cherche pas à “couvrir” M. Chirac, mais il n’y a jamais eu d’instructions présidentielles dans ce dossier. Il n’a par ailleurs, à aucun moment, été fait référence à Nicolas Sarkozy en liaison avec le système occulte. Son nom a été évoqué en tant que ministre de l’Intérieur. Je sais qu’il existe des rivalités entre services, c’est la raison pour laquelle il a été décidé qu’il n’était pas opportun, à ce stade, de communiquer les éléments à l’Intérieur.»
• La “note DdV” qu’aurait rédigée Jean-Louis Gergorin, à la demande de M. de Villepin, après la rencontre du 1er janvier: «Je ne l’ai pas vue et pas lue. Elle serait à l’attention du président de la République et de moi-même. M. Gergorin a travaillé de nombreuses années au service de l’Etat, il sait ce qu’est un ministre, un président de la République. Cette note n’est destinée ni à l’un, ni à l’autre, on le voit immédiatement. Elle aurait été rédigée dans la nuit du 4 au 5. Du 5 au 8 janvier, j’étais à l’étranger.»
• La lettre du 12 janvier 2004 du général Rondot à Dominique de Villepin, faisant référence à « la source » et aux « propos du président de la République »: «Je sais qu’il y a un informateur. Pour moi, il s’agit d’une source officielle relevant du ministère de la Défense. Il est interdit de demander le nom d’une source. La lettre évoque en effet des “propos” du président de la République, et non d’ ““instructions”.»
• Les listings trafiqués: «Je ne les ai jamais vus, je n’ai jamais été informé de leur caractère frauduleux. Aucune des notes dont j’étais destinataire n’indiquait que c’était des faux et que mon ministère devait agir. Le ministère chef de file, c’était celui de la Défense.»
• Les notes du général Rondot, pierre angulaire de l’accusation: «Elles ne sont pas conformes à ce qui s’est dit, ce n’est pas un compte rendu, mais des notes évolutives qui ont pu être complétées au fil du temps. C’est pour moi un salmigondis. Ces notes ont été distillées pour désigner une cible.»
• La garde à vue d’Imad Lahoud, le 25 mars 2004, dans une affaire d’escroquerie: «Je n’ai jamais fait d’intervention d’intérêt personnel de ma vie. J’appelle le général Rondot de ma voiture, me rendant à l’aéroport pour rejoindre un Conseil européen. Le général, ému, l’indique qu’il est victime d’une indélicatesse de Jean-Louis Gergorin (ndlr : le vrai/faux sauf-conduit retrouvé sur M. Lahoud, mentionnant les coordonnées du général). Je lui ai indiqué de voir ce qu’il en était. Le nom d’Imad Lahoud n’a jamais été cité devant moi, jamais. Pour moi, c’est le problème du général et du ministère de la Défense. Ce 25 mars 2004, une source, et pas n’importe laquelle, a “explosé”. C’est la quatrième fois qu’elle pose problème (Imad Lahoud est sorti de prison en octobre 2002, la DGSE a estimé qu’il n’était pas fiable, il est compromis dans une affaire de fuites au bénéfice d’un hebdomadaire). Il aurait fallu couper court avec cette source. Non seulement ce n’est pas fait, mais personne ne s’interroge sur l’avenir d’Imad Lahoud et on tente d’impliquer un ministre pour conférer à la source un intérêt supérieur. Tout aurait pu, tout aurait dû s’arrêter ce 25 mars. Or, tout s’accélère.»
• La saisine de la DST, le 5 juillet 2004: «Le journal Le Point s’apprêtait à publier des informations sur l’affaire. En partance pour Londres, j’ai demandé au directeur de la DST, Pierre Bousquet de Florian, de s’y intéresser. Puis, le 19, j’ai convoqué le général Rondot, lui donnant l’instruction de communiquer à la DST tout ce qu’il savait. Je précise que s’il a pu faire état de doutes, c’était sous la forme d’interrogations, pas de certitudes. Selon la DST, le père d’un ministre en exercice – Nicolas Sarkozy – était susceptible d’être mis en cause. J’ai avisé Matignon et l’Elysée, qui m’a répondu que le garde des Sceaux avertirait Nicolas Sarkozy.»
• La mention, datée de juillet, « Si nous apparaissons, le président de la République et moi, nous sautons », dans les notes Rondot: «J’ai évoqué avec le général une conversation que j’ai eue avec Nicolas Sarkozy mais en octobre. C’était une menace de sa part : si nous ne communiquions pas tous les éléments de la DST dont nous disposions, nous sautions. Quant au fait qu’elle soit datée en juillet et non en octobre, je note qu’il y a une flèche sur son carnet. Je ne sais pas comment il gère ses dossiers.»
• Le Blackberry fourni par Jean-Louis Gergorin à Dominique de Villepin pour communiquer sur Clearstream: «Il ne m’a équipé de rien du tout. Il a déposé à mon secrétariat un engin Blackberry que je n’ai jamais vu. Quand je l’ai appris, j’ai été fort mécontent et j’ai demandé à ma collaboratrice de le restituer.»
• La note DST de juillet 2004: «Je ne peux pas lui faire dire autre chose que ce qu’elle dit : j’ai suivi les recommandations de la DST. Bien sûr, on peut en faire une lecture anachronique… J’ai écouté le directeur de la DST, dont la parole est claire et courageuse, qui fixe un cap. Il recommande d’attendre le retour des commissions rogatoires internationales lancées par le juge Van Ruymbeke. C’est ce que j’ai fait.»
• Le CD-ROM contenant des éléments sur Clearstream que Jean-Louis Gergorin affirme lui avoir transmis au printemps 2004: «Je ne l’ai jamais vu. Un CD-Rom a été retrouvé chez moi lors de la perquisition de 2007. A la suite d’expertises coûteuses, il est apparu qu’il ne contenait que de pauvres œuvres littéraires – les miennes.»
• Les visites secrètes Jean-Louis Gergorin place Beauvau: «Trop, c’est trop. 26 officiers de sécurité du ministre de l’Intérieur ont démenti, de même que les huissiers qui accueillent tous les visiteurs. Je trouve curieux que leur parole pèse moins que celle d’employés d’une officine d
e sécurité recrutés par EADS. Pour accéder à mon bureau, il faut en traverser d’autres, ainsi que des antichambres. Comment aurais-je pu recevoir M. Gergorin discrètement ?»
• Nicolas Sarkozy: «Il a mis en cause le président Chirac et moi-même auprès de nombreux journalistes, très précisément. Il a menacé des hauts fonctionnaires, comme Yves Bertrand et Philippe Massoni. Ce dossier a été construit de manière unilatérale, pour les intérêts d’une seule partie civile, qui veut se faire justice elle-même. L’instruction a été faussée. Cette confiscation n’a été possible que parce qu’il y a eu un gel du dossier : personne ne voulait s’en mêler. L’Intérieur s’est retrouvé seul avec la DST, j’ai pris le risque de mener l’enquête à son terme. Mes gardes des Sceaux successifs m’ont parlé de harcèlement à leur égard. Quand Nicolas Sarkozy prononce le mot “Clearstream”, sa physionomie change. Il y a de sa part un acharnement à détruire un adversaire politique.»
La réaction de Me Olivier Metzner au micro de Jean-Pierre Elkabbach jeudi matin
Le duel entre le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin et l’ancien premier ministre, mercredi, a duré huit heures. A l’issue de l’audition dans le cadre du procès Clearstream, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin », a déclaré son avocat, Me Olivier Metzner, jeudi Europe 1.
En plein prétoire mercredi, Me Olivier Metzner avait déclaré : « Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons ». Des mots qu’il soutient au micro de Jean-Pierre Elkabbach : « Face à la vacuité de ses arguments, le parquet a répété trois fois les mêmes questions à Dominique de Villepin », des questions « qui avaient déjà étaient posées par le président du Tribunal », soulignant « quand on est répétitif c’est qu’on n’a pas d’argument ».
Mais Me Metzner est resté prudent : « En matière judiciaire, jamais rien n’est jamais gagné », affirmant avoir « d’autres armes, qui restent secrètes ».
L’indépendance de la Justice, souvent remise en question de ce procès, semble sauvegardée pour Me Metzner : « J’ai l’impression que la Justice résiste, le tribunal et le président restent objectifs ».
Sources: L’Express, Le Figaro et Europe 1