La cinquième journée du procès Clearstream, mardi 29 septembre, a été marquée par les premières déclarations de Dominique de Villepin sur les faits depuis le début du procès.
« Je n’ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains », a déclaré l’ancien Premier ministre devant le tribunal correctionnel à propos des listes de comptes falsifiées envoyées au printemps 2004. Une position constante qu’il a défendue tout au long de l’enquête, affirmant seulement avoir été informé de leur existence par Jean-Louis Gergorin.
Mardi 20 heures – AFP: Le deuxième round du match Lahoud/Gergorin
Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin ont continué mardi à s’accuser mutuellement d’avoir été à l’origine de l’affaire Clearstream, tandis qu’une partie civile a fustigé l’inaction des politiques qui auraient pu stopper le « train fou de la calomnie ».
« Vous vous dites de bonne foi », mais « alors pourquoi avez-vous gardé ce champ de secrets pour vous? Pourquoi ces cachotteries? », a demandé à M. Gergorin le président Dominique Pauthe, étonné que l’ancien vice-président d’EADS ait préféré livrer les listings au général Rondot, un conseiller du ministère de la Défense, plutôt qu’à un juge ou à des membres d’EADS.
« Parce que ces éléments venaient d’une seule source », Imad Lahoud, et qu’ »une seule source égale zéro source », a-t-il dit. « Je ne voulais pas entamer une chasse aux sorcières sur la crédibilité d’une seule source », a affirmé le polytechnicien. En outre, s’est-il justifié, le général Rondot « était capable de mobiliser de gros moyens », pour preuve ceux déployés en 1994 pour l’arrestation de Carlos.
« J’y croyais. J’étais dans mon univers. (…) M. Lahoud a joué extrêmement habilement : plus c’était compliqué, plus j’y croyais », a martelé M. Gergorin.
Il fallait avoir « une solide constitution » pour vivre tout cela, a remarqué le président. « J’ai vécu des affaires de secrets d’Etat », comme le Rainbow Warrior, « j’ai dû pratiquer la manipulation d’Etat », s’est justifié le géostratège.
Quant à Renaud van Ruymbeke, il l’a contacté en avril 2004 puis, avec son accord, lui a adressé quatre courriers « anonymes », car il pensait faire avancer son enquête sur les frégates de Taïwan. « Je me suis trouvé comme une poule devant un couteau à écrire une lettre anonyme », a raconté M. Gergorin. Mais d’après lui, ces lettres ont été tapées par Imad Lahoud. Quant au troisième envoi, « je ne suis pas responsable du texte, c’est Imad Lahoud, je lui ai juste dit « Vous signez DT »", pour Deep throat, allusion à la source Gorge profonde dans le scandale américain du Watergate.
« Non, Monsieur le président »: rengaine polie, une demi-douzaine de fois répétée, Imad Lahoud nie. « Je n’ai donné à Jean-Louis Gergorin que le dernier envoi ». Et encore, « je lui ai remis tout simplement un CD Rom que j’ai gravé ».
« Le général Rondot ayant fermé les écoutilles, en pensant que c’était fumeux, Jean-Louis Gergorin s’est ensuite retourné vers le juge van Ruymbeke », a-t-il dit.
Mardi 19 heures – AP: Comment prouver une dénonciation calomnieuse?
Le président Dominique Pauthe s’est intéressé mardi à la manière dont les listings avaient été transmis au juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, l’acte qui est qualifié de « dénonciation calomnieuse » par la justice. Mais pour que ce délit soit établi, il faut que les protagonistes aient eu connaissance de la falsification des listes de Clearstream qui attribuent à des personnalités des comptes occultes à l’étranger.
« Pourquoi envoyez-vous ces fichiers? », demande-t-il à Gergorin. « Parce que j’y crois. J’y crois toujours (à ce moment-là, NDLR). Lahoud a été génial. Il nous a présenté l’histoire et on y a cru », assure Gergorin. « Plus il y en avait, plus j’y croyais », a-t-il ajouté, estimant qu’Imad Lahoud, le falsificateur présumé des listings, avait « joué avec sa psychologie » et sa « vulnérabilité ».
« Je suis convaincu de la totale bonne foi de M. de Villepin », a également soutenu M. Gergorin, qui a indiqué au cours de l’enquête avoir transmis les listings à la justice à la demande de l’ancien Premier ministre. Tout le dossier consiste à établir si M. de Villepin avait à ce moment-là connaissance de la falsification de ces documents. Falsification dont est soupçonné Imad Lahoud pour rendre ces fichiers intéressants aux yeux de Gergorin et Villepin.
« Je n’ai pas du tout appâté Jean-Louis Gergorin », s’est défendu Imad Lahoud mardi. « Une grande partie des personnes apparaissent comme des personnes ayant eu des conflits avec Jean-Louis Gergorin dans le passé. Je ne pouvais pas les connaître. C’est un moyen pour Jean-Louis Gergorin de s’en sortir », a-t-il ajouté.
Le mathématicien, à l’époque cadre chez EADS, a également nié avoir envoyé une partie des fichiers au juge Van Ruymbeke qui enquêtait sur la vente des frégates françaises à Taïwan.
L’interrogatoire principal de Dominique de Villepin, poursuivi notamment pour « complicité de faux » et « complicité de dénonciation calomnieuse » est prévu mercredi.
Mardi 18 heures 23 – Challenges: Jean-Louis Gergorin défend Dominique de Villepin et charge Imad Lahoud
La cinquième journée du procès Clearstream, mardi 29 septembre, a été marquée par les premières déclarations de Dominique de Villepin sur les faits depuis le début du procès, et par sa défense par Jean-Louis Gergorin, l’un de ses co-prévenus.
« Je n’ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains », a déclaré l’ancien Premier ministre devant le tribunal correctionnel à propos des listes de comptes falsifiées envoyées au printemps 2004, et sur lesquelles figuraient des dizaines de noms de personnalités dont, de manière codée, celui de Nicolas Sarkozy.
L’ancien vice-président d’EADS a également accusé son ancien « employé » Imad Lahoud d’avoir participé à la rédaction et à l’envoi des lettres anonymes au juge Van Ruymbeke, que lui-même signait « DT » (pour « Deep Throat », la source des journalistes du Washington Post dans l’affaire du Watergate). L’informaticien a démenti cette accusation.
« J’y ai cru, j’étais dans une coupure du réel, mais j’y ai cru (…) Je me suis trouvé embarqué dans cette affaire par crédulité, par un concours de circonstances », a déclaré Jean-Louis Gergorin.
« Je suis convaincu, je le redis, de la totale bonne foi de M. de Villepin. Il croyait à la crédibilité des informations », a-t-il ajouté à la barre. Jean-Louis Gergorin a justifié le fait d’avoir tenu secret le rôle de l’ex-Premier ministre durant toute l’instruction en 2006-2007, jusqu’à ce que des éléments matériels le révèlent. « Je ne voulais pas provoquer une crise politique en le mettant en cause », a-t-il expliqué.
Il est reproché à l’ancien Premier ministre d’avoir laissé faire la manipulation selon le parquet, voire d’en avoir été l’instigateur, selon les conclusions des juges d’instruction. Dominique de Villepin a été informé par Jean-Louis Gergorin de l’existence des listings en janvier 2004, quand il était ministre des Affaires étrangères, et a commandé une enquête de renseignement. Il nie cependant avoir visé Nicolas Sarkozy et assure qu’il s’agissait d’examiner le problème général des listings.
Imad Lahoud a totalement nié être l’auteur des faux et en assurant que l’opération visait bien Nicolas Sarkozy: après de multiples autres versions à l’instruction, il a expliqué la semaine dernière avoir placé les patronymes hongrois de Nicolas Sarkozy, Nagy et Bocsa, sur les listes, sur ordre de Jean-Louis Gergorin. La semaine dernière, il avait expliqué pour la première fois avoir rencontré en 2005 Dominique de Villepin, qui l’aurait dissuadé de dévoiler la manipulation. Mais ce dernier a rétorqué qu’il ne le connaissait pas.
Imad Lahoud a aussi accusé mardi Jean-Louis Gergorin de lui avoir ordonné de détruire des documents informatiques juste avant une perquisition de police dont il avait été prévenu, en 2006.
Mardi 17 heures 30 – 20 Minutes: Déclaration de Me Olivier Metzner
Pendant l’interruption de séance, Olivier Metzner, l’avocat de Dominique de Villepin se félicite de souligner que le nom de son client « n’est pas évoqué cet après-midi ». « Il se voit exonéré par Jean-Louis Gergorin lui-même », précise-t-il.
Demain, à la ba
rre, « Dominique de Villepin dira ce qu’il répète depuis le début de cette affaire. Il n’y aura pas de scoop. Il restera dans ses positions, car lui, contrairement à d’autres, a toujours été constant dans ses déclarations ».
Mardi 15 heures 12 – L’Express: Dominique de Villepin nie avoir eu les faux de Clearstream « entre les mains »
C’est la première fois qu’il s’exprimait sur les faits lors du procès qui s’est ouvert la semaine dernière et dans lequel il est notamment jugé pour « complicité de dénonciation calomnieuse » et « complicité de faux ».
« Je n’ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains », a-t-il dit au tribunal correctionnel, à la cinquième audience du procès. Une position constante qu’il a défendue tout au long de l’enquête, affirmant seulement avoir été informé de leur existence par Jean-Louis Gergorin.
L’interrogatoire principal de Dominique de Villepin n’est prévu que mercredi, mais il a été questionné ce mardi par le procureur au passage d’une autre partie civile, le magistrat Gilbert Flam, dont le nom est apparu parmi les centaines d’autres portés sur les faux listings.
Ce magistrat avait eu maille à partir avec le président Jacques Chirac lorsque Dominique de Villepin était son secrétaire général à l’Elysée. Gilbert Flam, qui a été détaché à la DGSE – les services secrets – de 1992 à 2002, était soupçonné d’avoir fait mener une enquête au Japon en 2000-2001 sur un supposé compte bancaire secret qu’y aurait détenu Jacques Chirac.
Pour l’accusation, la présence de son nom sur les faux listings conduit à soupçonner Dominique de Villepin. Pour la défense de ce dernier, c’est pour chercher à stimuler son intérêt qu’on a utilisé le nom de Gilbert Flam, mais Dominique de Villepin n’est pour rien dans la manipulation.
Gilbert Flam a dit à la barre qu’il soupçonnait Imad Lahoud, un des prévenus, d’être l’auteur du faux, mais il aussi a mis en cause Dominique de Villepin, coupable selon lui de s’être abstenu de dénoncer la manoeuvre alors qu’il en avait connaissance.
Mardi 11 heures 40 – Nouvel Observateur: Imad Lahoud a été en contact avec des proches de Nicolas Sarkozy
Selon le site Mediapart, c’est par son épouse que l’informaticien soupçonné d’avoir falsifié les listings Clearstream a noué des relations dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. Une piste « ignorée » par l’instruction, déplore le journal.
Le mathématicien Imad Lahoud, qui est soupçonné d’avoir falsifié les listings Clearstream en y ajoutant le nom de personnalités (dont celui de Nicolas Sarkozy), aurait été en contact avec plusieurs personnes proches de Nicolas Sarkozy, affirme Mediapart, mardi 29 septembre.
« Grâce à l’entregent de son épouse », explique le journal en ligne, le mathématicien aurait noué « des relations au plus haut sommet de l’Etat : chez les chiraquiens bien sûr, mais tout autant, voire davantage, dans l’entourage proche de Nicolas Sarkozy. »
Ces contacts, « ignorés, semble-t-il, par les deux juges d’instruction Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, » déplore Mediapart, pourraient indiquer qu’Imad Lahoud « n’est peut-être pas le jouet entre les mains de Dominique de Villepin qu’il prétend être », souligne le journal.
Selon Mediapart, Imad Lahoud aurait notamment été « en contact avec Emmanuelle Mignon, collaboratrice de longue date du chef de l’Etat ». C’est ce que révèlerait un rapport de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) remontant à février 2003.
Nicolas Sarkozy est alors ministre de l’Intérieur et Emmanuelle Mignon conseillère à son cabinet, en charge des questions juridiques et des libertés publiques. Cette dernière, toutefois, a affirmé à Mediapart n’avoir « jamais rencontré » Imad Lahoud mais avoir « croisé comme tout le monde sa femme pendant son passage à Bercy ».
La femme d’Imad Lahoud, Anne-Gabrielle Heilbronner, ancienne camarade d’Emmanuelle Mignon à l’ENA et fille d’un ancien directeur du cabinet de Jacques Chirac, aurait révélé aux policiers qu’elle avait elle-même travaillé pour Nicolas Sarkozy, rapporte Mediapart. Elle aurait été chargée de missions d’audit pour le ministère de l’Economie et des Finances, à l’époque où Nicolas Sarkozy était ministre.
Elle a probablement servi de point de jonction entre Imad Lahoud et des proches de Sarkozy, explique Mediapart.
Mais le journal s’intéresse surtout à une déclaration qu’elle aurait faite lors de son interrogatoire : au printemps 2005, le secrétaire d’Etat Eric Woerth, dont elle dirigeait alors le cabinet « m’a dit que Nicolas Sarkozy n’en voulait pas du tout à mon mari à cette époque, puis il me l’a redit à l’été 2006″, aurait-elle confié aux policiers.
Pour le journal, « cette petite phrase, jamais rendue publique (…) met à mal la théorie ‘conspirationniste’ selon laquelle Nicolas Sarkozy aurait lui-même fait ajouter son nom pour tendre un piège à son rival Dominique de Villepin. » « Mais elle suggère aussi », souligne Mediapart, « que, dès 2005, M. Sarkozy savait qu’Imad Lahoud était probablement le faussaire de l’affaire. »
Mediapart rappelle en outre qu’Imad Lahoud, selon des informations qui ont circulé notamment dans la presse, aurait aussi partagé des repas avec François Pérol (ancien directeur adjoint du cabinet de l’ancien ministre des Finances), Gilles Grapinet, conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, et Jean-Pierre Philippe, un ancien cadre d’EADS et mari de Nathalie Kosciusko-Morizet (l’actuelle secrétaire d’Etat à la Prospective et au Développement de l’Economie numérique). Ce que réfutent toutefois certains d’entre eux.
Lundi 20 heures 38 – Samuel Laurent dans Le Figaro: Dominique de Villepin tente un come-back politique par le web
Dominique de Villepin a ouvert depuis une semaine son réseau social, deux mois avant ceux de l’UMP et du PS. Une initiative qui pourrait lui servir de vitrine pour une future candidature en 2012.
L’UMP et le PS avaient annoncé le leur pour novembre, mais c’est finalement Dominique de Villepin qui a coiffé tout le monde au poteau : depuis une semaine, l’ancien premier ministre est en effet l’un des premiers hommes politique en France à disposer d’un réseau social couplé à son site officiel.
En plein procès Clearstream, Dominique de Villepin a bénéficié de l’activisme de ses proches, qui ont monté en juin dernier une association, présidée par l’ancienne ministre chiraquienne Brigitte Girardin. Trois mois plus tard, ils sont parvenus à mettre en place un site officiel, ClubVillepin, qui diffusera surtout des vidéos, mais surtout VillepinCom, une véritable plateforme communautaire, qui n’a rien à envier aux quelque précédents comme le site du Modem, LesDemocrates.fr.
«On a travaillé jour et nuit», raconte, plutôt fière, Brigitte Girardin au figaro.fr. Cette plateforme a été conçue «pour moins de 10.000 euros site officiel compris», assure l’ancienne ministre déléguée à la Coopération. Plutôt que de tout créer ex nihilo, l’équipe a préféré reprendre des outils existants, comme SocialGo, un système britannique, permettant de mettre en place des réseaux sociaux thématisés.
Le réseau comporte la plupart des indispensables du genre : une page personnelle sur laquelle on peut ajouter sa photo et des détails sur soi, un flux d’activité pour indiquer ce qu’on fait et recevoir des nouvelles des autres, un système de groupes thématiques… Il y a même la possibilité de «faire signe» à un autre membre du réseau, un système hérité du «poke» qui a fait la légende de Facebook.
Ouvert à tous, VillepinCom permet à chacun de poster des informations dans la partie «mag».
«Au départ, on voulait juste faire
un site, mais on s’est rendu compte que l’avenir était aux réseaux sociaux et que la plupart des partis allaient dans cette direction », raconte Brigitte Girardin. Selon l’ex-ministre, c’est la «pression» des sympathisants qui a poussé la petite équipe «d’une dizaine de personnes» à tout faire pour sortir le site avant la fin du mois. Une sortie qui n’a rien à voir avec la date du procès Clearstream, insiste toute l’équipe. Un procès qui tout de même fait une bonne publicité au site, surtout lorsque Dominique de Villepin y a posté une vidéo répliquant au terme de «coupables» utilisé par Nicolas Sarkozy pour qualifier les prévenus de l’affaire Clearstream.
Au terme d’une semaine d’activité, la plateforme compte un millier de membres, qui diffusent et s’échangent commentaires, articles et liens. Un début, selon Christophe Carignano, animateur de ce réseau social, qui veut «rapidement dépasser les 5.000 membres». Lui-même s’avoue «surpris par la qualité des échanges et des articles publiés» et très étonné que «Clearstream ne concerne que 20% des messages». Quant aux visiteurs, il s’agit de «beaucoup de gens de gauche, de gaullistes et de gens qui ne sont pas encartés», assure-t-il.
Le site se veut tout sauf antisarkozyste. «Nous ne sommes pas dans la critique de Sarkozy, nous ne sommes pas non plus un club de groupies de Dominique de Villepin», assure Brigitte Girardin. Qui dément également que le site soit là pour relayer les arguments de Villepin dans l’affaire Clearstream. «On pourrait relayer la vision de la presse étrangère sur la question (qui évoque généralement une vendetta au sommet de l’Etat, NDLR), mais on ne le fait pas», par exemple, explique-t-elle.
Mais alors, pourquoi faire un site et une plateforme communautaire ? «Nous voulons être une force politique qui pèse, pouvoir offrir une alternative», précise Brigitte Girardin, selon laquelle ClubVillepin n’est «ni un parti politique, ni un think tank», mais «quelque chose entre les deux». Des groupes thématiques vont être chargés de centraliser questions et contributions par grands sujets d’actualité, pour nourrir de futurs argumentaires.
Au niveau local, l’objectif, confié au député villepiniste Jean-Pierre Grand, est d’avoir un comité ClubVillepin par département. Interrogé, le parlementaire de l’Hérault explique : «Pour l’instant, on regroupe tous les citoyens qui veulent rejoindre Dominique de Villepin», qui «jugent injuste» le traitement réservé à un ancien premier ministre perçu comme «grand homme d’Etat». Jean-Pierre Grand en est convaincu : «On va vers un big bang politique». L’UMP est devenu, selon lui, «une machine à faire des grands meetings», d’où la discussion est absente.
Pourtant, les objectifs concrets restent mystérieux. Si Christophe Carignano évoque sans détour 2012, Brigitte Girardin est plus circonspecte : ce site est là «pour nourrir la réflexion, faire des propositions pour la France», tout «en restant fidèles à notre famille politique». L’UMP, donc. Mais «rien n’est exclu». Pas même une candidature Villepin à un scrutin d’ici à la prochaine présidentielle.