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Dominique de Villepin au Financial Times: Nicolas Sarkozy "perd du temps"

Dominique de Villepin ne se veut pas le principal critique de la politique engagée par Nicolas Sarkozy mais il estime néanmoins que le chef de l’Etat « perd du temps » dans la mise en place de réformes qu’il juge « mal ficelées » et « mal programmées ».

« A l’heure où nous pouvons voir assez clairement le chemin à emprunter, je regrette le fait que nous perdions du temps », souligne l’ancien Premier ministre français dans une interview publiée par le quotidien économique britannique « Financial Times ».

Suggérant son retour sur la scène politique « si c’est utile pour mon pays », M. de Villepin entend « montrer qu’il y a des alternatives à la politique actuelle ».

« Nous devons favoriser les investissements qui renforceront la France pour l’avenir, en renforçant l’innovation et la compétitivité.

Alors que la France connaît le plus fort déficit budgétaire de la zone euro, Dominique de Villepin qualifie d’ »absurde » la distinction faite par le chef de l’Etat entre le « mauvais » et le « bon » déficit: « Quand on est obèse, on ne peut pas parler de bonne ou de mauvaise graisse. Toute graisse est dangereuse et met en danger la vie du patient ».

A propos des réformes engagées, l’ancien Premier ministre estime qu’ »il est très important de créer un consensus sur certaines des réformes essentielles (…) Mais il est également important de garder les yeux ouverts et savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas (…) Pour réformer la France, vous devez choisir des choisir des réformes fondamentales et créer un consensus national autour d’elles ».

Ce que, selon l’ancien Premier ministre, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à faire. « Quand on lance des réformes dans tous les secteurs en même temps, on déclenche toutes sortes d’opposition. Et au bout du compte, ces réformes deviennent des réformettes qui ne vous permettent pas d’obtenir les résultats escomptés ».

Enfonçant le clou sur l’une des principales réformes engagées par Nicolas Sarkozy -la remise en cause du système spécial de retraites des cheminots et des agents GDF-EDF- M. de Villepin estime qu’il y a eu « tellement de concessions que l’on doit douter de son efficacité ». De même, les déductions fiscales sur les heures supplémentaires pour contourner la loi sur les 35 heures « ne sont plus une priorité » à l’heure de la récession.

« Avec toutes ces réformes mal ficelées et mal programmées, on se trouve dans de nombreux cas face à des réformes gâchées », martèle encore Dominique de Villepin.

Source: Associated Press

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