Aujourd’hui, le taux de chômage des jeunes en France atteint 23 %, l’un des pires en Europe. Le nombre de moins de 25 ans qui se sont inscrits à Pôle emploi s’est envolé de 32 % en un an et même de 46 % pour les hommes.
Face à ces chiffres, les propositions du gouvernement se font attendre. Initialement annoncées pour le 15 avril, elles devraient être dévoilées la semaine prochaine.
Trente-deux ans que le sujet de l’emploi des jeunes empoisonne les gouvernements de droite comme de gauche.
C’est Raymond Barre qui, le 4 juillet 1977, lança le premier « pacte national pour l’emploi des jeunes ». À l’époque, le taux de chômage des moins de 25 ans était de 11,3 % (contre 5,3 % pour les autres), et la solution retenue par « le meilleur économiste de France » fut alors d’inciter les entreprises à prendre des jeunes en stage en échange d’exonérations de charges sociales. Sans succès.
Tous ceux qui lui ont succédé à Matignon ont déposé un plan du même genre et créé un dispositif spécifique, au nom barbare : contrat de qualification, stage d’insertion dans la vie professionnelle, travaux d’utilité collective, contrat emploi-solidarité, emplois-jeunes, contrat jeune en entreprise, contrat d’insertion dans la vie sociale, contrat de professionnalisation…
Le dernier premier ministre à avoir mis en œuvre un « plan d’urgence pour l’emploi des jeunes » est Dominique de Villepin, en 2006, juste après la création avortée du contrat première embauche (CPE), destiné aux moins de 26 ans et doté d’une période d’essai de deux ans.
D’une manière générale, la gauche a toujours privilégié les contrats aidés dans le secteur non marchand (État, collectivités, associations, hôpital, chantiers d’insertion…), tandis que la droite a misé sur des exonérations de charges dans les entreprises.
À chaque fois en vain. Car, malgré quelques embellies durant les années de croissance, le taux de chômage des jeunes est toujours resté largement supérieur à celui de la population.
Aujourd’hui, le taux de chômage des jeunes atteint 23 % en France, l’un des pires en Europe. Le nombre de moins de 25 ans qui se sont inscrits à Pôle emploi s’est, crise oblige, envolé de 32 % en un an et de 46 % pour les hommes.
Une hécatombe, selon Martin Hirsch, le haut-commissaire à la Jeunesse, qui estime qu’il y aura « entre 150 000 et 250 000 jeunes au chômage de plus cette année ». Au total, 435 000 jeunes de moins de 25 ans pointent désormais au chômage.
Autre statistique inquiétante : 120 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans diplôme et ont plus de mal que les autres à s’insérer.
À ceux-là se rajoutent 20 % des bénéficiaires de contrat d’apprentissage (soit 80 000 jeunes) qui abandonnent en cours de parcours, tout comme un quart des étudiants du supérieur.
Au total, un cinquième des 16-25 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté (fixé à 880 euros par mois), contre 13 % pour l’ensemble de la population.
Source: Marc Landré (Le Figaro)