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Dominique de Villepin au Grand Journal: "créer du consensus et du rassemblement"

Dominique de Villepin était ce vendredi soir l’invité du Grand Journal de Canal +.

Séquestration de patrons, propos de Ségolène Royal à Dakar, élections présidentielles en Algérie, procès Cleastream, déficits publics: les principaux extraits de son intervention.

Sur les séquestrations de patrons

« Toutes les violences, elles sont condamnables et intolérables. (…) J’ajoute que si on veut qu’elles cessent, il faut qu’on soit réaliste.

J’ai entendu le Président de la République dire: « Je ne le tolèrerai pas ». Ca veut dire quoi? (…) Moi, je pense que la parole politique, c’est important. Et qu’une parole, soit elle s’accompagne d’actes, soit elle discrédite la parole politique.(…)

On pourrait très bien décider d’envoyer les CRS dans les entreprises sur la base de menaces à l’ordre public: c’est une possibilité. (…) Mais on voit bien que c’est pas la solution.

Si on veut que cela cesse, sachant que (…) un certain nombre de ces mouvements ont obtenu quelque chose (ils ont obtenu des indemnités supplémentaires, pas davantage de garanties d’emplois , mais ils ont obtenu des indemnités supplémentaires), faisons en sorte que la justice sociale soit au rendez-vous avant. Et c’est pour ça que je dis que c’est une nécessité cardinale (je le dis depuis des mois, c’est une expérience et une conviction): il faut que tout le monde soit convaincu qu’en terme de justice sociale, le maximum est fait.

A partir de là, on peut effectivement poser des règles extrêmement claires et les appliquer. Aujourd’hui, aujourd’hui, c’est vrai que nous sommes démunis face à la montée de cette violence. (…)

On ne fait pas assez pour les plus pauvres. On a commencé à donner la priorité à l’emploi: ce n’est pas suffisant. Et on ne fait pas assez pour montrer qu’effectivement, il y a des comportements inacceptables. Les rémunérations, c’est une possibilité. La fiscalité, c’est une deuxième possibilité. Et je pense qu’à chaque fois, c’est essentiel pour créer du consensus et du rassemblement. »

Sur les propos de Ségolène Royal à Dakar

« Je pense que c’est une chose que de dire: « Il y avait certains propos blessants, à côté de propos intéressants dans le discours de Nicolas Sarkozy ». Certains propos blessants sur l’homme africain, et je les ai fortement condamnés à l’époque. Et c’est une chose différente que d’aller le dire à l’étranger, à Dakar, en le faisant au nom de la France.

Je pense que c’était déplacé et je pense qu’il faut veiller à ne pas ouvrir de polémiques à l’étranger, parce que ce n’est pas l’intérêt de notre pays. »

Sur les élections présidentielles en Algérie

« Le Président Bouteflika est l’homme qui incarne en Algérie la lutte contre le terrorisme avec beaucoup de succès. Mais en même temps, c’est vrai que le système politique algérien est bloqué. Et c’est très regrettable, parce que nous voyons un pays qui a d’immenses possibilités, eh bien, ne pas les épanouir totalement, ne pas saisir toutes les chances qui se présentent à lui. »

Sur le procès Clearstream

« Une épreuve peut en cacher une autre. Moi, je me rends à un procès pour expliquer un certain nombre de choses, mais je ne serai pas le seul à expliquer un certain nombre de choses au cours de ce procès.

Dans une affaire qui est une affaire de fous, qui comporte beaucoup de développements très compliqués, mais qui est en même temps une affaire scandaleuse et dérisoire: tout simplement parce qu’on a cherché à greffer sur une affaire de fous, un dérivé politique qui n’existe pas.

Donc j’aborde cette affaire, comme vous dites, avec beaucoup de sérénité. Et puis beaucoup d’impatience, parce que j’ai hâte qu’un certain nombre de choses soient dites et que la lumière soit faite.

Certains ont considéré que cette affaire allait tout empêcher et tout bloquer. Ma présence ici montre ce soir qu’elle ne pèse en rien sur moi. »

Sur le déficit public 2009 voté à 104 milliards d’euros dans le collectif budgétaire

« En 2007, nous avions réduit le déficit à 37 milliards. Quand je suis arrivé, ce déficit était à 50. Et j’avais organisé deux conférences sur les finances publiques qui créaient justement le chemin vers une autre situation en 2010-2012. »

Source: Dominique de Villepin, invité du Grand Journal de Canal + (vendredi 10 avril 2009)

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