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Elections USA (3/3): Barack Obama, l'espoir du renouveau

Il y a quatre ans, les Etats-Unis se découvraient une nouvelle étoile montante. Barack Obama, un élu de Chicago quasi inconnu à Washington avait été choisi par le candidat démocrate à l’élection présidentielle, John Kerry, pour faire un discours à la Convention démocrate. Venu prôner l’unité des Américains par delà les races, appartenances religieuses ou convictions politique, ce métis au parcours exotique a tout de suite fait mouche avec son discours teinté de rêve américain.

Depuis, les succès se sont enchaînés pour celui que ses plus fervents partisans aiment à comparer à John F. Kennedy ou à Martin Luther King: élection en 2004 au Sénat américain, victoire dans la course à l’investiture du parti démocrate face à Hillary Clinton qui était pourtant donnée grande favorite et sprint final extraordinaire vers la Maison blanche.

Une enfance exotique

Lorsqu’il naît le 4 août 1961 à Hawaï, rien ne le prédestine pourtant à un brillant avenir politique. Sa mère, Ann Dunham, une Américaine blanche du Kansas a à peine 18 ans à sa naissance. Son père, Barack Obama Sr, un étudiant kényan qui avait décroché une bourse pour étudier à Hawaï, les quitte deux ans plus tard pour aller parfaire son cursus à Harvard.

Ann élève seule Barack Jr sur l’île paradisiaque avant de mettre le cap sur l’Indonésie avec son nouveau mari indonésien. Ils y resteront quatre ans. Mais le couple se sépare, et Ann rentre avec Barack, et sa petite sœur, Maya, à Hawaï en 1971, où elle élèvera ses deux enfants avec l’aide de ses parents.

La petite famille passera par des hauts et des bas, et vivra même un temps à l’aide de bons d’approvisionnement. Mais Barack pourra néanmoins fréquenter la prestigieuse école Punahou à Honolulu grâce à une bourse d’étude.

La découverte du continent

Il part ensuite étudier deux ans au Collège occidental de Los Angeles. Il a 18 ans, et c’est la première fois qu’il met les pieds sur le continent américain. Il met ensuite le cap sur New York pour y étudier les sciences politiques et les relations internationales à la Columbia University.

Son père meurt en 1981 dans un accident de voiture au Kenya pendant qu’Obama étudie à New York, il ne l’avait revu qu’une seule fois. Il perdra sa mère, emportée par un cancer des ovaires, quatorze ans plus tard, une épreuve à laquelle il fait souvent référence, notamment pour justifier la nécessité d’une réforme de l’assurance-maladie aux Etats-Unis.

La vie à Chicago

Son diplôme new-yorkais en poche, Obama part pour Chicago où il travaille quelques temps comme analyste financier. Mais il ne s’épanouit pas et en 1984, il quitte son bureau climatisé pour le ghetto noir de Chicago où il est embauché comme animateur social. Pendant trois ans, il aidera les habitants de ce quartier déshérité qu’il finit par quitter pour étudier à la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Il y devient, en 1990, le premier rédacteur en chef noir de la Harvard Law Review.

Il revient ensuite travailler dans un bureau d’avocat à Chicago, où il rencontre sa femme Michelle, elle aussi diplômée de Harvard. Issue des quartiers déshérités de Chicago, elle occupe aujourd’hui une fonction dirigeante dans un hôpital public de la ville. Le couple a deux filles, Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans.

L’ascension politique

Barack Obama débute son ascension politique fulgurante à 35 ans, par un poste au Sénat de l’Illinois. En 2000, il se présente à la Chambre des représentants, à Washington, mais il ne parvient même pas à décrocher l’investiture démocrate.

Qu’à cela ne tienne, quatre ans plus tard il se présente à l’élection sénatoriale et l’emporte haut la main, fort de sa prestation à la convention démocrate quelques mois plus tôt.

Etiqueté par la National Review comme le sénateur le plus à gauche de ces trois dernières années, Obama n’a pas manqué une occasion de se prononcer contre la politique américaine en Irak, lui qui s’est opposé à la guerre dès 2002.

Au Sénat, il contribuera également à l’élaboration d’une nouvelle loi obligeant l’Etat fédéral à publier en ligne ses contrats publics et à un resserrement du contrôle des armes nucléaires.

Les best-sellers

Entretemps, Obama a publié « Rêves de mon père », un best-seller dans lequel il évoque ses voyages, sa quête d’identité et ses démarches pour retrouver ses racines en Afrique.

Sorties en 1995, ses mémoires seront suivies neuf ans plus tard d’un deuxième carton littéraire - »L’audace d’espérer »- dans lequel il expose une philosophie politique largement axée sur les besoins de changements aux Etats-Unis.

Une réussite qui fait de lui un millionnaire et contribue à le faire connaître du grand public, alors qu’il affiche un CV bien maigre à côté de celui de ses rivaux démocrates et républicains dans la course à la Maison blanche.

L’aventure présidentielle

Mais Obama balaie ensuite tous les obstacles, s’accrochant à son message de changement, même lorsque personne n’ose parier sur lui face au rouleau compresseur de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton. Très apprécié de son staff, Obama aura donné l’image d’un homme déterminé tout en restant maître de lui tout au long de la campagne, même lorsque les attaques républicaines se faisaient plus agressives ou personnelles.

Taxé parfois de froideur ou de détachement par ses détracteurs, il a appris à se montrer plus proche des aspirations de l’électorat et moins condescendant au fil du temps.

Il a également su combler en partie ses lacunes en politique étrangère et donner du relief à sa candidature en prenant pour colistier Joe Biden, l’influent président de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères.

Outre un parcours atypique et un profil qui l’est encore plus, Obama aura aussi su marquer la campagne électorale par ses talents d’orateurs, mobilisant les Américains par dizaines de milliers lors de ses derniers meetings électoraux et les Berlinois pas centaines de milliers, cet été…

Il est aujourd’hui à quelques heures d’une élection historique à la Présidence des Etats-Unis.

Source: Catherine Mommaerts (L’Echo Belgique)

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