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Jacques Chirac a lancé sa Fondation

Jacques Chirac a parachevé sa mue post-présidentielle en lançant sa fondation avec pour seul horizon, une société mondiale de justice et de paix.

Au-delà de la célébration du dialogue des cultures cher à l’ancien chef d’Etat, âgé de 75 ans, l’événement valait par ses résonances politiques : comme une éclipse dans la « rupture », Nicolas Sarkozy a rendu lundi matin une brève visite à son prédécesseur, au musée du quai Branly, à l’occasion de la réunion à huis clos du comité de la Fondation.

Dans les travées du théâtre Claude Lévi-Strauss du musée des Arts premiers, un sommet nostalgique se mettait en scène.

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, les anciens ministres Jean-Louis Debré, Catherine Colonna – qui fut également porte-parole de Jacques Chirac – Jacques Toubon, François Baroin, Brigitte Girardin, Pascal Clément, Christian Jacob, Renaud Donnedieu de Vabres, Claudie Haigneré, Tokia Saïfi, Dominique Versini, Nelly Olin, Margie Sudre…redonnaient souffle à la famille gaulliste.

Michèle Alliot-Marie, qui fut ministre six ans durant sous Jacques Chirac, incarnait la continuité, aux côtés d’autres membres du gouvernement – moins à l’honneur dans la scénographie des retrouvailles : le ministre de l’Education Xavier Darcos, la ministre de la Culture Christine Albanel, qui rédigea notamment le discours de Jacques Chirac au Vel’d'Hiv en juillet 1995, et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin était absent, le contrôle judiciaire qui lui est imposé dans l’affaire Clearstream lui interdisant de rencontrer Jacques Chirac.

« C’est une étape très importante dans le parcours de toute une vie. C’est un aboutissement que je partage », a commenté Bernard Accoyer, également présent.

« Ce ne sont pas les personnes qui sont importantes, ce sont les millions de gens qui vont profiter de l’action de la Fondation. Ça dépasse de beaucoup le chiraquisme, c’est la famille de ceux qui partagent les mêmes valeurs », a dit Jacques Toubon.

« Les responsabilités d’un homme d’Etat ne s’achèvent pas avec ses mandats publics. Par-delà l’engagement politique demeure l’engagement de l’homme, le sens de ses combats, ce en quoi il croit », a souligné Jacques Chirac lors d’un discours en présence du comité d’honneur de la fondation.

Parmi ses membres : l’ancien secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, le prix Nobel de la paix Rigoberta Menchu, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, les anciens présidents Fernando Cardoso, Joaquim Chissano, Andres Pastrana, le chanteur Youssou N’Dour.

Accès aux médicaments, accès à l’eau, lutte contre la déforestation et la désertification, soutien aux langues et cultures menacées : la fondation, qui a reçu une dotation d’un million d’euros, axera ses premières actions sur ses priorités.

« Au moment où s’impose la nécessité de repenser la notion de progrès pour réconcilier l’homme et son environnement, il faut remettre la culture, la diversité des cultures au cœur même du projet de l’humanité », a déclaré M. Chirac au Musée du quai Branly.

« Le temps nous est compté », a insisté Jacques Chirac. « Construire une culture du respect mutuel, tisser des liens entre les hommes, bâtir une société internationale plus harmonieuse, est une urgence vitale pour l’humanité ».

« Ma conviction est que chaque peuple a un message singulier à délivrer au monde. Chaque peuple peut enrichir l’humanité en apportant sa part de beauté, de création, de vérité », a-t-il dit. Il « faut envisager une solution à la disparition de ce trésor commun qu’est le patrimoine linguistique de l’humanité. Grâce aux nouvelles technologies, les solutions existent », a-t-il ajouté.

La fondation a notamment choisi d’aider à la création d’une radio communautaire en langue pygmée dans le nord-Congo, ou encore de soutenir un laboratoire de contrôle de qualité des médicaments au Bénin.

Source: Sophie Louet (Reuters)

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