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Fusion Gaz de France – Suez: le projet initié par Dominique de Villepin vient d'aboutir

Gaz de France et Suez annoncent que leurs conseils d’administration ont approuvé le projet de fusion entre les deux groupes et que leurs actionnaires sont convoqués le 16 juillet pour se prononcer sur l’opération. Le mariage donnera naissance à un nouveau géant mondial de l’énergie, dont le premier actionnaire sera l’Etat français, avec 35,6% du capital.

L’opération sera finalisée près de deux ans et demi après son annonce par Dominique de Villepin, alors qu’avait surgi la menace d’une OPA sur Suez de la part d’Enel, premier groupe italien de services aux collectivités.

M. Cirelli, futur numéro deux du nouveau groupe (Gérard Mestrallet, PDG de Suez, sera le numéro un) a précisé qu’il ne « s’attendait pas à des problèmes » du côté des actionnaires.

Les fiançailles ont connu de nombreux rebondissements. « Il n’y a pas de fusion qui ait dû passer autant d’obstacles », selon M. Cirelli.

Fin novembre 2006, le Conseil constitutionnel avait validé la privatisation de GDF, mais précisé qu’elle ne pourrait pas intervenir avant le 1er juillet 2007, date de la libéralisation des marchés européens de l’énergie.

Le projet de fusion a été aussi l’objet d’une bataille juridique entre les syndicats de GDF et la direction, qui a entraîné à plusieurs reprises le report du calendrier.

Le comité central d’entreprise de GDF avait rendu le 26 mai un avis négatif sur le projet de fusion avec Suez mais cet avis, purement consultatif, était indispensable afin que les conseils d’administration et les assemblées générales des deux groupes puissent entériner le projet de fusion.

D’ici au mois de juillet, le projet doit encore être approuvé par l’AMF. Puis, trois à quatre jours après l’assemblée générale, le nouveau groupe nommé GDF Suez sera coté en bourse, soit le même jour que Suez Environnement.

La fusion sort ainsi d’une longue période d’incertitude pour un projet qui a vu le jour en février 2006 alors que le gouvernement craignait une OPA d’Enel sur Suez, rejetée par ce dernier. Dès lors, le premier ministre Dominique de Villepin annonçait le projet, malgré les demandes du gouvernement italien.

Pour satisfaire la commission européenne, Suez a cédé le 29 mai dernier sa part de 57,25% dans Distrigaz au groupe italien Eni pour 2,7 milliards d’euros. GDF devrait quant à lui céder sa participation de 25,5% dans le belge SPE à EDF avec lequel il est en négociations exclusives.

Le projet avait en outre enclenché un vif débat politique. En septembre 2006, l’opposition avait déposé 137 449 amendements, un record sous la Ve République, lors d’un débat parlementaire sur le projet de loi, permettant la privatisation de GDF à l’assemblée.

Le futur groupe comptera d’ici à cinq ans, « beaucoup plus de salariés que la somme des effectifs actuels », soit près de 197 000 personnes, selon les déclarations de Gérard Mestrallet dans le mensuel Liaisons Sociales.

GDF Suez a déjà pour objectif d’investir 10 milliards d’euros en moyenne par an entre 2008 et 2010. Le nouveau groupe table également sur une croissance du résultat d’exploitation de 10% dès 2008, soit 17 milliards d’euros en 2010.

Sources: Reuters, Agence France Presse et Easybourse

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