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Dominique de Villepin: "Je vais prendre une initiative Politique. Je veux créer un cercle de réflexion"

Puisqu’aucun média national n’a jugé opportun de s’en faire l’écho, voici le texte de l’annonce faite hier matin par Dominique de Villepin au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC Info et BFM TV: la création prochaine d’un cercle de réflexion politique autour de l’ancien Premier Ministre.

Jean-Jacques Bourdin: Est-ce que vous allez prendre, parce que j’ai plusieurs auditeurs qui le demandent, est-ce que vous allez prendre une initiative politique?

Dominique de Villepin: Alors, je vais prendre une initiative politique, je l’espère avec un grand P, c’est-à-dire que je veux rassembler un certain nombre de bonnes volontés dans notre pays pour mieux comprendre ce qui se passe. Je veux donc créer un cercle de réflexion, rassembler…

Un parti?

Pourquoi prendre la forme d’un parti aujourd’hui? Je crois que ce n’est pas l’objectif et poursuivre un objectif politicien, c’est discréditer immédiatement l’objectif que l’on vise. Moi, ce que je veux…

Donc, vous allez créer un cercle de réflexion?

Un cercle de réflexion qui aura un but simple: c’est d’accompagner la réforme. Je pense que c’est rendre service au gouvernement et au Président de la République que d’essayer de déterminer un certain nombre d’indicateurs qui vont permettre de dire aux Français: « Oui, ça va dans le bon sens. Oui, telle réforme, elle est bien menée jusqu’au bout ».

Encore faut-il qu’ils vous écoutent…

Oui, mais c’est bien ce qui ne s’est pas passé au cours des derniers mois. J’ai lancé un certain nombre d’avertissements au Président de la République. On a dit: « Dominique de Villepin, premier opposant de France ». Si Nicolas Sarkozy avait écouté la salve d’avertissements que j’ai lancée dès les premières semaines qui ont suivi son élection, voyant les choses partir dans une mauvaise direction, eh bien nous aurions évité plusieurs mois de retard.
Vous savez, en politique, il faut savoir ne pas personnaliser les choses. Le combat n’est pas un combat personnel. Moi, je n’ai aucun compte à régler avec personne. Ce que je souhaite, c’est que la France réussisse.
Je pense que nous avons un devoir: c’est qu’avec François Fillon, avec Nicolas Sarkozy, la France réussisse. Tout simplement, parce que la chance que nous avons aujourd’hui de réformer notre pays, nous l’avons pendant encore quelques mois et ces quelques mois passés, cela sera encore plus difficile et j’imagine la désillusion des Français. Les Français, là, il n’y a pas de malentendu. Les Français, ils ont voté pour le changement. Ils ont voté pour que les choses changent. Ils n’ont pas voté pour un hyper-président, ils n’ont pas voté pour un déséquilibre institutionnel. Ils ont voté pour le changement, alors écoutons-les et surtout vérifions que ces réformes dont on nous parle à longueur de journée vont bien avoir les effets attendus.

On a perdu beaucoup de temps, si je vous écoute?

Oui et je ne voudrais pas que nous perdions de l’énergie dans des réformes qui ont les apparences de la réforme mais pas la réalité de la réforme. Vous savez, la réforme, elle aura, un moment, rendez-vous avec un verdict: est-ce que les réformes vont donner plus de croissance? Est-ce que nous allons être capable de contrôler et de maîtriser l’inflation? Est-ce que nous allons être capable d’avoir plus de compétitivité? Ca, c’est la réalité, c’est la sanction des réformes. N’attendons pas 2 ans, 3 ans pour avoir constaté, eh bien, que nous manquions d’énergie, que nous manquions de dynamisme, que nous manquions d’exigence. Nous devons aller jusqu’au bout des réformes et de réformes qui donnent des résultats.
Et vous savez, il suffit de regarder à côté de nous. Regardons l’Allemagne, regardons le travail de réformes fait par l’Allemagne. Des réformes qui ne sont pas des réformes en trompe-l’oeil. Je ne dis pas que ces réformes aujourd’hui le sont, je dis qu’aujourd’hui, nous n’avons aucun moyen politique et technique d’apprécier la réalité des réformes qui sont menées. Donc je dis à la majorité où je compte beaucoup d’amis: « soyons exigeants sur le travail fait. Faisons en sorte de créer les moyens d’une réflexion approfondie sur ce que nous faisons ».

Source: Jean-Jacques Bourdin (RMC Info – BFM TV)

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