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Dominique de Villepin dénonce "l'inanité des accusations portées" contre lui

L’ancien premier ministre Dominique de Villepin a dénoncé ce samedi « partis pris » et « procès d’intention » en contestant les conclusions d’un rapport de synthèse de la Police judiciaire sur l’affaire Clearstream. M. de Villepin s’en prend notamment à la conclusion des policiers, selon laquelle il a cherché dans cette affaire à empêcher Nicolas Sarkozy d’accéder à la présidence de l’UMP.

Il estime qu’il y a de « l’incohérence » à l’accuser d’une telle intention, « alors qu’on n’a cessé de (lui) reprocher de (se) désintéresser des affaires de l’UMP comme de toutes questions partisanes ».

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, mis en examen dans le cadre de l’affaire Clearstream, a fustigé samedi les conclusions de l’enquête de police.

« Les éléments rassemblés à la clôture de l’instruction font ressortir clairement que les accusations portées contre moi ne reposent que sur des partis pris et des procès d’intention », dit-il dans un communiqué adressé à l’AFP.

Selon lui, « le rapport final des enquêteurs brille essentiellement par les questions qu’il n’aborde pas, affirmant sans preuves et avouant sa faiblesse, en laissant de côté tous les éléments qui ne démontrent que trop qu’à aucun moment je n’ai participé à une entreprise de dénonciation calomnieuse. Ce qui sera aisément démontré dans les prochaines semaines et éventuellement lors du procès ».

« Entre le grand spectacle auquel a donné lieu l’affaire Clearstream et la réalité des faits, il y a au bout du compte un fossé considérable », poursuit Dominique de Villepin.

Se demandant « bien comment cette affaire a pu devenir une affaire politique », l’ancien chef du gouvernement écrit: « Par quels jeux d’occultation, de victimisation et d’instrumentalisation, a-t-on pu en arriver là? C’est pour cela que je ne crains pas un procès. Tout au contraire, s’il devait avoir lieu, il permettrait de rétablir la vérité des faits et la vérité du droit ».

Pour lui, « les éléments rassemblés à la clôture de l’instruction font ressortir clairement que les accusations portées contre moi ne reposent que sur des partis pris et des procès d’intention. Plusieurs accusations infondées ne sauraient en rien constituer une accusation forte et juste; elles témoignent au contraire d’une vision biaisée du dossier où écrans de fumée et rumeurs se sont multipliés ».

« Seul le procès permettrait de répondre aux deux questions essentielles: Qui a commencé à falsifier les listings en 2003 et dans quel but, alors même que je n’ai été saisi de ce dossier qu’en janvier 2004 ? Qui a pu faire pression dans ce dossier pour imposer un préjugé aussi contraire à la vérité ? », ajoute-t-il.

« Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de l’UMP sans opposition des chiraquiens, mais avec une seule exigence de principe: choisir entre la participation gouvernementale et la direction du Parti », explique M. de Villepin, en réfutant la conclusion des policiers.

Et M. Sarkozy « n’a été candidat officiellement qu’en septembre 2004, quelques semaines après la démission d’Alain Juppé au mois de juillet, c’est-à-dire en total décalage avec l’affaire Clearstream, la falsification ayant été engagée en 2003, et moi-même ayant été saisi en janvier 2004″, fait-il encore valoir.

Les juges d’instruction Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, qui ont notamment mis en examen M. De Villepin pour « complicité de dénonciation calomnieuse », ont bouclé la semaine dernière leur enquête. Les différents protagonistes de ce dossier, mis en examen et parties civiles, ont trois mois pour demander des actes d’instruction complémentaire auxquels les juges peuvent, ou non, donner droit.

Le parquet devra ensuite prendre ses réquisitions écrites de renvoi des prévenus devant le tribunal correctionnel ou de non-lieu.

Sources: Agence France Presse, Associated Press et Reuters

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