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En déplacement à Lille, la liberté retrouvée de Dominique de Villepin

Le Premier ministre sortant, Dominique de Villepin, était de passage, hier à Lille, un jour de Saint-Nicolas, ce qui a fait sourire les mauvais esprits.

Lors d’un exposé brillant sur les défis du monde dans les locaux de Sciences Po, puis au Furet du Nord face aux lecteurs du « Soleil noir de la puissance », son dernier ouvrage sur Napoléon, il a retrouvé une liberté de ton.

En un « cours » d’une heure, déversé sans notes, on crut réentendre, par instants, le fringant ministre des Affaires étrangères s’opposer à l’intervention américaine en Irak devant le conseil de sécurité de l’ONU.

C’était le 14 février 2003 : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience… »

Drôle d’animal que ce Dominique de Villepin, dépositaire d’une véritable vision de l’avenir de la planète – « l’indispensable mondialisation des esprits » -, servi par une culture insondable (Pessoa, Celan, Derrida, Darouiche cités au débotté) mais jamais élu et redevenu, depuis la présidentielle, un « objet politique non identifié » (OPNI).

Si l’on pousse le bouchon plus loin, on peut même considérer « DDV » comme une sorte d’antithèse intellectuelle de Nicolas Sarkozy. Pense-t-il au président de la République lorsqu’il lance : « Dans le monde d’aujourd’hui, on ne peut plus être efficace en faisant les choses seules, d’en haut » ? On n’ira pas jusque-là car Dominique de Villepin entretient le verbe pesé de l’ancien diplomate.

Dans le forcing sarkozyste pour la libération d’Ingrid Betancourt, il rappelle qu’il a lui-même envoyé dix-huit missions dans la jungle colombienne. Depuis, « la situation a complètement changé. La Colombie a intérêt aujourd’hui à trouver une solution. Le président marque son engagement. C’est l’honneur de la France. » Ah, on le retrouve.

Source: La Voix du Nord

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