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Jean-François Copé tente de pacifier ses relations avec Nicolas Sarkozy

« Privilèges : stop ou encore ? » Jean-François Copé n’était pas mécontent du thème choisi, mercredi soir, pour la réunion de son club politique GénérationFrance.fr. Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale était surtout ravi de la présence à la tribune du conseiller social de l’Élysée, Raymond Soubie, homme clé dans le récent conflit sur les régimes spéciaux.

L’ancien ministre du Budget (et porte-parole du gouvernement) de Dominique de Villepin veut y voir le signe d’un retour en grâce auprès du chef de l’État, après ses récents propos tenus sur Canal + selon lesquels il se préparait à être candidat aux élections présidentielles de 2017.

Entre Nicolas Sarkozy (52 ans) et Jean-François Copé (43 ans), les relations n’ont jamais été simples. Pourtant le style direct et souvent brutal du cadet rappelle immanquablement ce qui a fait le succès de l’actuel président de la République. Sur le fond, rien ne les sépare non plus. Mais voilà, ces deux-là n’ont jamais réussi à construire une réelle proximité. «Nicolas ne peut pas le saquer» , confie Brice Hortefeux, compagnon de route du président et ami personnel de Copé.

Cela n’a pas empêché Sarkozy de favoriser son élection à la tête du groupe UMP. «Nicolas ne voulait pas voir un axe chiraquien Copé-Baroin-Jacob», raconte Hortefeux. Déçu de ne pas rester ministre en mai 2007, Copé a d’abord pris ses fonctions à l’Assemblée comme un lot de consolation.

Il faut dire qu’il a vite été la cible de critiques jusque dans les rangs de la majorité. Sa gestion du groupe a été contestée. Sans parler de sa collaboration dans un cabinet d’avocats d’affaires, qu’il cumule avec les fonctions de président de groupe UMP et de député maire de Meaux.

«Pour la première fois depuis longtemps, je fais autre chose que de la politique. J’assume», s’est-il justifié. Mais ce qui l’a le plus déstabilisé, c’est «la campagne de petites phrases» orchestrée par le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, et le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian.

«On a voulu me dézinguer.» Copé a même failli partir avant d’aller s’expliquer avec Sarkozy. L’Élysée a calmé le jeu. Entre-temps, Copé a mis tout son poids dans la balance pour convaincre les députés frondeurs de voter le budget de la Justice de Rachida Dati.

Mais la météo entre Sarkozy et Copé est vite redevenue mauvaise. Il a suffi que le maire de Meaux lâche sur Canal + qu’il se mettait en situation d’être «candidat» à la présidentielle de 2017 pour énerver l’Élysée.

«J’ai fait soft», renchérit pourtant Copé, pas mécontent de passer pour l’insolent de l’UMP.

Source: Le Figaro

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