François Goulard aurait songé à la constitution d’un nouveau parti via le projet de réforme de financement des partis proposé par le Nouveau Centre et ajourné par l’UMP. Le député-maire de Vannes indique aussi qu’il pourrait participer à la création d’un groupe séparé de l’UMP à l’assemblée.
Le retrait de l’amendement prévoyant de réformer le financement des partis pourrait notamment provenir d’un risque de division interne à l’UMP, selon un article paru ce mercredi sur le site Rue 89.
Déposée par le Nouveau Centre, cette proposition de loi a été ajournée le 24 octobre. Supprimée après plusieurs heures de débats enflammés, cette disposition prévoyait de faire bénéficier du financement public le parti d’Hervé Morin affilié à l’UMP.
« Le parti présidentiel semble avoir eu peur que cette proposition de loi ne permette aux députés villepinistes de prendre leur indépendance », indique Rue 89. Ainsi, il aurait suffit de rassembler au moins quinze députés proches de l’ancien Premier ministre pour créer un nouveau parti et bénéficier d’une fraction de l’enveloppe de 80 millions d’euros dévolue aux formations politiques. Un risque qui n’a pas échappé au président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, cité par Le Canard enchaîné ce mercredi. « Avec une telle loi, si un jour nous entrons en conflit avec les chiraco-villepinistes, ceux-ci auront beau jeu de constituer un groupe de quinze députés pour réclamer une dotation publique. »
Création d’un groupe séparé de l’UMP ?
Interrogé par Rue 89, le député-maire de Vannes François Goulard (UMP- »Villepiniste ») confirme qu’il a « songé » à ce scénario avec plusieurs de ses collègues. « Ça pouvait être tentant pour ceux qui veulent prendre leur indépendance vis-à-vis de l’UMP. Mais je n’aurais cependant pas voté cet amendement, car je trouve le procédé mal intentionné », a indiqué le maire de Vannes.
Ce scénario ayant achoppé, l’indépendance des « Villepinistes » pourrait néanmoins passer par la création d’un groupe à l’assemblée, séparé de celui de l’UMP. Condition incontournable pour y parvenir : réunir au moins vingt députés. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il présente le double avantage de permettre l’obtention de crédits de fonctionnement et de moyens supplémentaires d’expression dans et hors l’hémicycle. Une idée qui semble séduire François Goulard : « s’il devenait difficile de fonctionner à l’intérieur de l’UMP, c’est évidemment une solution à laquelle on pense… »
Source: Le Mensuel du Golfe du Morbihan