Print Shortlink

Dominique de Villepin pour des droits d'inscription en fonction des revenus

Le premier ministre estime que seule une hausse des frais pourra donner aux universités les moyens d’être compétitives avec les campus étrangers.

À deux mois et demi de la présidentielle, Dominique de Villepin a brisé un tabou en plaidant hier pour l’augmentation des droits d’inscription à l’université, allant même jusqu’à proposer qu’ils soient calculés en fonction des revenus de l’étudiant et de ses familles.

Alors qu’il inaugurait la toute nouvelle université Paris VII-Diderot, le premier ministre a indiqué qu’il fallait, selon lui, « permettre aux universités » d’augmenter les frais d’inscription « dans les prochaines années ». Un « effort supplémentaire » nécessaire pour se montrer à la hauteur des campus étrangers, a-t-il noté en précisant qu’un étudiant de Princeton coûtait trente fois plus cher qu’un étudiant inscrit dans une fac française.

Une « solution financière » devrait être trouvée pour chacun, a-t-il précisé. « Nous pourrions moduler les droits d’inscription en fonction des ressources de l’étudiant et de ses parents. Un système qui fait payer 2 000 euros par an aux étudiants aisés et rien à ceux qui ont le moins de ressources, n’est-ce pas plus juste qu’un système qui fait payer 300 euros à tout le monde ? » a-t-il avancé. Ce système n’a été, à ce jour, mis en oeuvre que par Sciences Po Paris, en 2004. Cette mesure devrait s’accompagner, selon lui, d’un développement massif des bourses et des prêts étudiants.

Dominique de Villepin s’est également prononcé pour une plus grande autonomie des établissements. « Un conseil d’administration plus resserré, davantage ouvert sur les entreprises, sur les collectivités locales et sur le monde, un président qui dispose d’un pouvoir de décision plus large, voilà les directions dans lesquelles nous devons avancer », a-t-il lancé. Afin d’offrir aux étudiants « les meilleures conditions de travail », il a aussi proposé la construction en cinq ans de dix campus « aux meilleurs standards internationaux » via « des partenariats public-privé ambitieux ».

Source: Marie-Estelle Pech (Le Figaro)

Ecrire un Commentaire