Dominique de Villepin a affirmé dimanche qu’il n’avait pas « l’appétit du poste du dessus », sous-entendu l’Elysée, tout en refusant une nouvelle fois de répondre à la question de savoir si, oui ou non, il avait l’intention de se présenter à la présidentielle de 2007.
Dominique de Villepin a affirmé dimanche qu’il n’avait « pas d’appétit » pour le poste de président de la République et jugé « légitime » une éventuelle candidature de Jacques Chirac à un troisième mandat.
« Je n’ai jamais eu l’appétit d’obtenir le poste du dessus, ce n’est pas mon ambition, ce n’est pas mon mode de fonctionnement« , a assuré le Premier ministre lors d’un débat dans l’amphithéâtre de la Sorbonne dans le cadre de la 15e Cité de la réussite.
Jouant les modestes, Dominique de Villepin, rappelant qu’il n’était pas un « professionnel de la politique« , a affirmé être « là un peu par hasard » et en raison des « circonstances ».
« Ayant été directeur de cabinet d’Alain Juppé, le président de la République en 1995 m’a demandé d’être son secrétaire général, j’ai accepté après quelques hésitations. Il m’a demandé en 2002 d’être son ministre des Affaires étrangères, j’ai refusé, il a insisté, j’ai dû accepter », a poursuivi le chef du gouvernement, provoquant un éclat de rire dans une salle qui n’en croyait pas un mot.
« Tout le monde pense que c’est formidable de grimper, ce n’est pas si simple« , a affirmé Dominique de Villepin. « Tout le monde pense que c’est formidable d’avoir des responsabilités et d’être connu, ce n’est pas si simple. »
Une nouvelle fois, le Premier ministre a éludé la question de son éventuelle candidature à l’élection présidentielle. « Je ne répondrai pas à votre question. Elle me détourne de la mission qui est la mienne: travailler au service des Français« , a-t-il dit, avant d’ajouter: « mon problème à moi n’intéresse personne ».
« Il n’y a pas de fatalité » à se présenter devant les électeurs, « tout le monde n’a pas forcément envie de vivre cette vie-là toujours », qui impose « beaucoup de sacrifices« , a-t-il ajouté sous le regard de son épouse Marie-Laure présente dans les tribunes.
Dominique de Villepin a en revanche jugé « légitime » la question d’une éventuelle candidature de Jacques Chirac à un troisième mandat, alors que le chef de l’Etat a dit à plusieurs reprises qu’il se prononcerait dans le courant du premier trimestre.
« La question est légitime. Il appartient au président de la République d’y répondre », a déclaré le Premier ministre. Il a rendu un vibrant hommage à Jacques Chirac, « qui a une expérience, qui a traversé les crises, qui a su trouver en lui la sagesse de surmonter toutes les douleurs« .
« Il y a des rythmes dans un quinquennat. Le président a dit qu’il se prononcerait dans le courant du premier trimestre. On peut penser que la question qui est posée au président de la République peut être aussi posée à tous les candidats », a-t-il ajouté de façon sybilline.
Au passage, Dominique de Villepin a regretté que le « débat posé aujourd’hui » soit « plus un débat pour savoir qui va aller à Matignon que qui va aller à l’Elysée ». Or « le poste de président de la République, c’est un poste très particulier« , a noté le Premier ministre.
Interrogé sur la coexistence dans son gouvernement de deux ministres différents comme Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo, M. de Villepin a estimé que « le fait d’avoir dans un gouvernement des personnalités différentes, c’est un atout ». « Je pense que le meilleur du gouvernement Jospin a correspondu à une phase où les différents ministres disaient les choses. Quand un gouvernement perd de sa diversité, de sa capacité à s’exprimer, on perd de la force, de la vérité dans le service des Français« .
Enfin, tout en reconnaissant son échec sur le CPE, il a regretté que « pas un candidat » à l’Elysée ne propose « une alternative à ce qu’était le CPE à l’époque« .
« Dans une démocratie, le plus rassurant, c’est de ne rien faire, en gros faire de l’image, se promener, discuter, faire semblant. Décider, choisir, c’est prendre des risques« , a ajouté le chef du gouvernement.
Sources: Associated Press et Agence France Presse