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Au Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI, Dominique de Villepin rappelle deux principes fondamentaux du gaullisme

En politique étrangère, le Premier Ministre a rappelé que la crédibilité et l’indépendance de la France, toutes deux héritages du Général de Gaulle, ne devaient pas être dilapidées.

Concernant l’élection présidentielle de 2007, Dominique de Villepin, fidèle à l’idée de la rencontre entre un homme, une femme et le peuple français, n’a pas exclu plusieurs candidatures issues de l’UMP.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a recommandé au ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy de « bien réfléchir et bien observer » en matière de politique étrangère, rappelant l’héritage gaulliste, et recommandant « de ne pas tout perdre en un jour ».

« La crédibilité et l’indépendance de la France sont des choses que nous avons héritées du général de Gaulle, que nous avons patiemment conquises, faisons en sorte de ne pas tout perdre en un jour« , a-t-il affirmé au cours de l’émission Le Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI.

« Je me définis par rapport à l’expérience qui est la mienne et par rapport à mes convictions gaullistes. Mon expérience est qu’il faut être vigilant sur ces questions. Tant qu’on n’a pas connu ces situations, tant qu’on n’a pas exercé de fonctions dans ces domaines, il faut être attentif à bien réfléchir, à bien observer, pour ne pas défaire ce que nous avons mis longtemps à construire« , a-t-il dit.

« Je pense que l’épreuve des faits est une épreuve redoutable en politique. Parler des choses c’est une chose, vivre les choses et mener une politique c’est autre chose », a-t-il ajouté.

« On peut tout dire de la diplomatie française » dans la période de la guerre en Irak en 2003, « sauf de l’arrogance », a-t-il asséné. Réplique directe aux propos du Ministre de l’Intérieur qui avait plaidé à Washington pour un « dialogue constructif, sans arrogance » , avec les Etats-Unis. Avec la menace du veto de la France à l’ONU, « nous avons pris une responsabilité historique (…) et je crois que c’était une sage décision » a insisté le chef du gouvernement.

« L’expérience dans ces domaines est irremplaçable« , a lâché l’ancien Ministre des Affaires étrangères.

« Que, dans le cadre d’une campagne électorale, on cherche à se positionner, à se distinguer, quoi de plus naturel », mais « je serais curieux de savoir comment on peut aller plus loin dans la dénonciation tout en gardant ce dialogue nécessaire pour faire avancer le dossier iranien, le dossier coréen » ou « le dossier énergétique », s’est demandé le Premier ministre.

« Quel pays donneriez vous aujourd’hui en exemple sur la scène internationale d’une politique qui permette à la fois une bonne relation d’Etat à Etat et une exigence morale qui puisse être considérée comme parfaite? Il n y en a pas. Il faut en permanence chercher à concilier ces deux exigences, c’est ce que la France fait », a-t-il dit.

La diplomatie « exige beaucoup de savoir-faire, beaucoup d’exigence morale » et « c’est bien un domaine où je me garderais de donner des leçons », a-t-il ajouté.

« Il est normal que dans la vie politique on agite des idées », mais « lorsque viendra le temps d’exprimer des propositions devant les Français, des propositions qui engagent une famille politique et le candidat d’une famille politique, je crois qu’il faudra que nous soyons très attentifs et très concertés », a-t-il dit à l’adresse de Nicolas Sarkozy, en manière de mise en garde.

Par ailleurs, Dominique de Villepin n’a pas exclu dimanche que d’autres candidats que Nicolas Sarkozy, issus de la famille UMP, puissent être candidats à la présidentielle de 2007.

Les gaullistes ont « un héritage qui est de considérer que cette élection, c’est d’abord la rencontre entre un homme, une femme et le peuple français », a déclaré le Premier ministre au Grand Jury RTL/LCI/Le Monde.

L’UMP accordera « non pas une investiture à un candidat » en janvier « mais un soutien financier ». « C’est son droit », a-t-il ajouté. « Si d’autres avaient le sentiment de pouvoir jouer un rôle, de pouvoir s’engager, eh bien ce choix pourrait être le leur« , a ajouté le chef du gouvernement.

La ministre de la Défense « Michèle Alliot-Marie est une femme de grand talent, qui a montré ses capacités dans le cadre du gouvernement ». « Moi je respecte la liberté des uns et des autres« , a-t-il insisté.

Réaffirmant vouloir « travailler au service des Français » et à l’unité de son camp jusqu’aux élections et affirmant n’avoir « pas d’ego », Monsieur de Villepin a toutefois semblé être en embuscade pour la présidentielle. Lorsque le pays entrera début 2007 dans « une autre étape », celle des élections, « chacun d’entre nous devra prendre sa responsabilité ».

Source: AFP

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