201.400 emplois ont été créés entre fin juin 2005 et fin juin 2006, du jamais vu depuis la fin de l’année 2001 !
L’économie française a créé 53.000 emplois au deuxième trimestre selon l’Insee, après 27.600 au premier.
La situation du marché du travail continue de s’améliorer. C’est ce que montrent deux rapports statistiques, l’un de l’Institut national de la statistique, l’autre de l’Unedic, publiés jeudi. D’après l’Insee, l’emploi salarié dans le secteur privé a progressé de 0,3% (+53.600 postes) au deuxième trimestre 2006 et de 0,9% (+135.400) sur un an.
Les chiffres de l’Unedic, qui prennent en compte un champ statistique plus large que l’Insee, vont dans le même sens. Entre fin juin 2005 et fin juin 2006, 201.400 emplois ont été créés, du jamais vu depuis la fin de l’année 2001. «En un an, plus de 200.000 emplois ont été créés dans le secteur privé. C’est effectivement en concordance avec la croissance économique», explique l’Unedic, en notant que l’emploi aidé entre «très peu» dans ces chiffres.
L’emploi a particulièrement progressé dans les petites entreprises
Mais cette amélioration s’explique surtout grâce au dynamisme de l’intérim. Il enregistre une hausse de 7,9% en un an, indique l’Unedic. L’Insee précise que si l’on décompte le travail intérimaire, créateur de 34.100 postes, la hausse des créations d’emplois est moins élevée au deuxième trimestre qu’au premier.
Point important, l’emploi a particulièrement progressé dans les petites entreprises. L’Unedic n’est pas en mesure de déterminer s’il s’agit là d’un effet du contrat nouvelles embauches (CNE), créé il y a un an par le gouvernement pour faciliter les embauches dans les entreprises de moins de 20 salariés.
Outre les services aux entreprises et aux particuliers, les secteurs qui recrutent sont toujours la construction, bien que pour la première fois depuis un an et demi, le rythme d’augmentation de l’emploi ait ralenti à +0,8% (+11.000 postes).
Conséquence de cette embellie de l’emploi, l’assurance-chômage table sur un léger excédent de son résultat financier à la fin 2006, après trois années déficitaires. Au début juillet, l’Unedic estimait cet excédent à 245 millions d’euros, ce qui ramènerait son déficit cumulé à 13 milliards d’euros.
Si Jean-Louis Borloo estime que «ces bons chiffres viennent confirmer le dynamisme de l’emploi en entreprise notamment dans les PME», les économistes sont plus prudents. «La reprise que nous vivons reste très fragile. A taux de croissance égal, on n’a jamais créé aussi peu d’emplois salariés», juge Marc Touati. «On reste d’ici fin 2006 sur des sentiers de croissance suffisants pour continuer à voir accélérer les créations d’emplois salariés», estime, lui, Eric Heyer de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). «Cela ne s’arrange pas mais il y a une atténuation de la baisse», conclut Jean-Pierre Revoil, directeur général de l’Unedic.
Source: Le Figaro