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Russie et Afghanistan: les quatre vérités de Dominique de Villepin

Invité de Roland Sicart dans Les quatre vérités, Dominique de Villepin a décrypté mercredi les raisons de la crise diplomatique déclenchée par la Russie, suite à la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.

L’ancien Premier ministre a souhaité que l’Union Européenne sache maintenir les fils d’un dialogue exigeant afin de faire respecter le principe d’intégrité territoriale de la Géorgie.

Concernant la situation en Afghanistan, Dominique de Villepin a mis en garde contre le « risque d’enlisement » et demandé que soit bien précisée la mission des forces françaises présentes sur le territoire afghan.

Dominique de Villepin a jugé mercredi dans Les quatre vérités sur France 2 que « la situation actuelle pas acceptable. » Mais il a ajouté qu’elle était « prévisible ».

L’ancien ministre des Affaires étrangères analyse les raisons qui ont poussé la Russie à agir : « Il y a à la fois le précédent du Kosovo, mais aussi la volonté de mettre un coup d’arrêt à la multiplication de ces révolutions de couleur à leurs frontières. »

Il y a aussi « la volonté de mettre un coup d’arrêt à cette mobilisation de l’Otan qui est perçue comme très agressive, à travers le bouclier antimissile et les nouvelles adhésions en perspective de l’Ukraine et de la Géorgie », explique-t-il.

Et d’avertir : « Il faut prendre en compte cette psychologie à la fois de revanche et en même temps d’encerclement de la Russie », car ce « n’est pas un partenaire secondaire, c’est un partenaire à plein, et il faut donc de ce point de vue s’ouvrir à un véritable dialogue renouvelé avec la Russie ».

Selon l’ancien Premier ministre, « il faut se battre sur un principe fort qui est celui de l’intégrité territoriale, même si le Kosovo fragilise un peu cette position ».

Mais, ajoute-t-il, « il y a une spécificité du Kosovo qui peut être défendue ». La Russie dénonce en effet depuis des mois comme illégale l’indépendance du Kosovo, qu’elle juge contraire à l’intégrité territoriale de la Serbie.

La Russie a « un vrai intérêt à normaliser ses relations avec l’Union européenne, notamment sur le plan économique et énergétique », a constaté M. de Villepin.

Le président russe Dmitri Medvedev a signé mardi des décrets reconnaissant l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. La France, qui assume la présidence tournante de l’UE, a « vivement condamné » cette décision. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a notamment accusé Moscou de « violation du droit international ».

Afghanistan: Dominique de Villepin dénonce le « risque d’enlisement »

Ce n’est pas vraiment une critique. A peine une légère prise de distance et une manière d’insister sur sa propre expérience en matière de politique étrangère.

Alors que Nicolas Sarkozy n’a de cesse de défendre sa stratégie après la mort de dix soldats français en Afghanistan, Dominique de Villepin a estimé que toute intervention militaire extérieure comportait « un risque d’enlisement » et qu’il fallait donc y « intégrer une stratégie de retrait ». Il ne s’agit « pas de dire publiquement » quand on partira, « sans quoi on se met dans la main de nos adversaires », mais il faut fixer « un calendrier secret » a-t-il conseillé sur France 2.

L’ancien Premier ministre a appelé à « ne pas céder à la tentation idéologique, qui a été celle des Américains en Irak et en Afghanistan, de guerre au terrorisme, qui n’a aucun sens ».

Sur l’éventuel envoi de forces spéciales supplémentaires, il a jugé que « ce qui est important, c’est de bien préciser notre stratégie » et « la mission de nos forces sur place », s’alignant, sur ce point, sur le discours de l’opposition.

Sources: Le Point et Les Echos

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