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Hervé Mariton et Georges Tron: "Nous votons oui: du doute à l'espérance"

« Au Congrès de Versailles lundi, nous députés et sénateurs allons devoir nous prononcer, sur la réforme de la Constitution.

À l’Assemblée nationale, en première comme en seconde lecture, nous nous sommes abstenus.

Parce que changer une nouvelle fois la Constitution n’est pas la priorité du pays, parce que la présente réforme n’est ni aussi dangereuse que ne l’affirme l’opposition, ni aussi opportune que ne le prétend le Gouvernement.

Le Parti Socialiste s’est-il ainsi scandalisé de la la limitation du droit d’amendement incluse dans la réforme ?

Le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale ont pris des engagements précis pour assurer le respect de l’expression de chaque parlementaire et de toutes les opinions, professées dans la majorité comme dans l’opposition.

La réforme est-elle aussi moderne et fondatrice que l’a prétendu le gouvernement ?

Non à l’évidence et la combinaison des articles sur l’ordre du jour partagé entre gouvernement et parlement avec la limitation de l’usage de l’Art 49.3 suscitent même la crainte que ne soit revenu le temps des difficultés de gouverner auxquels la Vème République avait mis un terme.

Il est en revanche dommage, pour le moins, que les amendements posant l’obligation d’équilibre des finances publiques (la fameuse « règle d’or ») aient été vidés aussi substantiellement de leur contenu.

Bref, notre abstention était jusqu’à présent l’expression modérée de notre scepticisme.

Oui mais voilà, au Congrès, il faut choisir. L’exécutif s’est mis en danger en montant en épingle un enjeu qui n’en méritait pas tant. L’opposition a fait grimper les enchères, ce n’est pas adroit pour notre camp, mais la réalité est qu’un rejet – possible – au Congrès se transformerait en piège pour la majorité et en impasse pour les réformes dont notre pays a un impérieux besoin.

On peut épiloguer pour savoir qui est responsable de ce risque, le fait est qu’il est là.

Nous avons donc décidé, en pleine conscience de nos responsabilités de voter oui à la réforme lundi à Versailles, non par adhésion à son contenu mais dans l’espérance que l’effort de la Majorité pour mettre en œuvre les réformes indispensables ne se brisera pas sur cet écueil que l’on aurait pu éviter.

Le redressement des finances publiques, la rénovation de notre défense mais aussi la libération des talents, la création des richesses et le développement de la recherche sont autant de chantiers qui ne peuvent pas attendre.

Le Grenelle de l’Environnement, la progression de l’Europe et les défis de la mondialisation seront-ils mieux conduits grâce à Versailles ?

Nous en doutons fortement mais ne voulons prendre aucun risque que ces chantiers ne soient menés au mieux.

Ne nous donnons à nous-mêmes ni raison ni excuse pour ne pas agir.

Alors passons l’obstacle, concentrons nous sur l‘essentiel. Oui à l’action, oui à la critique nécessaire et constructive -nous l’assumons et nous l’assumerons- pour construire les meilleures politiques possibles.

L’histoire ne s’arrête pas le 21 juillet. Le doute doit se faire espérance.

Hervé Mariton – Ancien Ministre – Député de la Drôme – Maire de Crest – Président de l’UMP de la Drôme

Georges Tron – Député de l’Essonne – Maire de Draveil – Président de l’UMP de l’Essonne »

Source: Le Figaro

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