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Dépenses du Budget 2009: tour de vis à tous les étages

Le volet dépenses du budget triennal 2009-2011, présenté mardi aux députés par le ministre du Budget Eric Woerth, serre la vis à tous les niveaux pour tenir l’objectif d’un retour à l’équilibre des finances publiques en 2012. L’Etat ne remplacera pas 30.600 fonctionnaires partant à la retraite en 2009.

Eric Woerth n’a pas caché la difficulté de sa tâche en ouvrant ce « débat d’orientation des finances publiques », retardé d’un mois par rapport à sa date habituelle: « la contrainte financière est extrêmement forte ».

Le ralentissement de la croissance, toujours estimée entre 1,7% et 2% en 2008, privera Bercy de trois à cinq milliards d’euros de recettes fiscales prévues au budget 2008.

S’y ajoute le dérapage de la charge de la dette, due à l’augmentation des taux d’intérêt et de l’inflation: elle augmentera « de deux à trois milliards », « soit de 5 à 7% » par rapport aux prévisions.

Le gouvernement doit aussi tenir compte du départ à la retraite des générations du baby-boom, qui alourdira « de près de 2,5 milliards d’euros en moyenne par an » le montant des pensions de 2009 à 2011.

Malgré cette situation extrêmement tendue, le ministre du Budget a confirmé son objectif d’un retour à l’équilibre de l’ensemble des comptes publics (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) en 2012. Cela passe par une réduction d’un demi-point du déficit public en 2009, à 2% du PIB.

Pour y parvenir, M. Woerth a présenté, pour la première fois dans l’histoire budgétaire, des plafonds de dépenses pour les différentes missions de l’Etat sur les trois prochaines années. Les dépenses ne progresseront pas plus vite que l’inflation prévue, soit 2% en 2009, puis 1,75% en 2010 et 2011.

La plupart des ministères seront mis au régime sec. Premier budget de l’Etat, l’enseignement scolaire progressera en 2009 de 2,1%, à 60,3 milliards d’euros. Les crédits de la défense n’augmenteront que de 0,95%, à 37,21 milliards d’euros.

Certains budgets vont baisser, comme les missions « travail et emploi », en baisse de 4,17%, à 11,86 milliards d’euros, et « ville et logement », amputée de 6,88%. Ces prévisions ne tiennent pas compte du Revenu de solidarité active (RSA), dont les modalités ne sont pas arrêtées.

Rares seront les crédits épargnés. Ceux de l’enseignement supérieur et recherche progresseront de 1,8 milliard par an. Le budget 2009 traduira par ailleurs les orientations du Grenelle de l’environnement. La mission Justice progressera de 2,62%.

Eric Woerth attend aussi des économies des suppressions de postes dans la fonction publique. La règle du non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, promise par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, s’appliquera presque en 2009. Sur les 30.600 fonctionnaires non remplacés, l’Education en fournira 13.500, devant la Défense (8.250), l’Intérieur (2.953), le Budget (2.812) et l’Ecologie (1.400). En revanche, 512 postes seront créés au ministère de la Justice.

Ces engagements n’ont pas convaincu tous les députés, y compris dans la majorité.

Tout en exprimant « le soutien sans faille » des députés UMP, le rapporteur général du Budget Gilles Carrez s’est inquiété des « risques importants » qui pèsent sur les recettes en raison de la conjoncture internationale.

Le président socialiste de la Commission des Finances Didier Migaud s’est quant à lui dit « sceptique » sur la capacité du gouvernement à réduire les déficits, alors que Nicolas Sarkozy multiplie les promesses sur la suppression de la taxe professionnelle, l’abaissement de la TVA sur la restauration ou les mesures liées au Grenelle de l’environnement.

« Il est difficile de suivre votre raisonnement quand on sait que le président de la République a pris beaucoup d’engagements », a-t-il ironisé.

Source: Associated Press

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