Dominique de Villepin a rencontré le chef de l’Etat pour un tête-à-tête à l’Elysée, ce jeudi matin.
A sa sortie de l’Elysée, interviewé par la chaîne de télévision BFMTV, Dominique de Villepin a fait une courte déclaration. L’ancien Premier ministre a fait part d’un « dialogue direct, franc et républicain avec Nicolas Sarkozy. Dominique de Villepin a déclaré avoir alerté le chef de l’Etat « sur les grands enjeux nationaux et internationaux ». Dominique de Villepin a dit avoir rappelé au Président de la République ses « grandes exigences sur les difficultés que nous traversons » et demandé plus d’ »Etat, de justice sociale, de rassemblement ». Il a également affirmé avoir prôné un « renforcement de la France dans le Monde ».
« La France doit être en initiative, en proposition en Europe et dans le monde », a déclaré le Président de République Solidaire, pour « être devant pour saluer ce mouvement des peuples ».
Dominique de Villepin a tenu à terminer son intervention en évoquant le débat sur la laïcité et l’islam et dit qu’il ne fallait pas rechercher « de boucs émissaires », soulignant tour à tour l’ »intérêt supérieur de la nation » et « l’intérêt général qui doit l’emporter ».
Sarkozy – de Villepin : "dialogue républicain"
envoyé par BFMTV
Villepin à l’Elysée, une visite tout en retenue
L’ex-Premier ministre et le chef de l’Etat se sont entretenus près de deux heures, lors d’une rencontre très mise en scène.
Deux ans qu’ils ne s’étaient pas vus. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy avaient bien du temps à rattraper hier matin lors de leur rencontre à l’Elysée. Et la demi-heure prévue s’est transformée en une heure quarante d’entretien. «Nous avons eu avec le président de la République un dialogue direct, franc, républicain, a expliqué laconiquement l’ancien Premier ministre à sa sortie de l’Elysée.
Il faut attendre le 20 heures de France 2 pour en apprendre un peu plus : «Nous n’étions pas là pour nous regarder dans le blanc des yeux, mais pour parler des moyens de donner, de redonner une voix forte à la France et une action forte dans le monde», dit-il. Quant à son inimitié avec le chef de l’Etat, il assure même «avoir tourné la page» et n’avoir «aucun ressentiment».
La veille encore, au Salon de l’agriculture, il n’avait pourtant pas résisté au détour d’une tente de viticulteurs, au plaisir de placer une petite pique contre son meilleur ennemi. Devant un parterre de professionnels acquis à sa cause et enthousiasmés par ses dons en œnologie, il avait lâché : «J’ai essayé de proposer plusieurs fois un verre à Nicolas Sarkozy, mais à chaque fois c’était jus de tomate avec lui.»
Hier soir sur France 2, Dominique de Villepin a affirmé surtout avoir fait des propositions sur la Libye au président de la République, comme la tenue «d’une réunion exceptionnelle des chefs d’Etat et de gouvernement, dans le cadre européen». Pas un mot en revanche sur l’affaire Karachi ou sur Clearstream, le dossier qui a vu les deux hommes s’affronter devant les tribunaux.
Villepin avait mis savamment en scène cette rencontre, en dévoilant mardi son intention de quitter l’UMP. Le dialogue entre les deux hommes devait tourner autour du G20 mais cette annonce a changé la donne.
L’ex-Premier ministre entretient le suspense sur ses ambitions présidentielles en 2012. Hier, il a martelé que «l’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt général des Français» doit primer :«C’est dans cet esprit, non pas dans un esprit d’opposition personnelle, non pas dans un esprit d’opposition partisane, que je veux aborder ces grands défis pour la France.»
Interrogé par Marie Drucker sur une éventuelle candidature contre Sarkozy, il a fini par écarter la question : «Pas ce soir…»
Source: Libération (25 février 2011)
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Dominique le lyrique
Beaucoup de bruit pour une rencontre très protocolaire! Nicolas Sarkozy a inscrit son entretien avec Dominique de Villepin dans le même cadre que ceux déjà réalisés avec Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin. Une manière de montrer à la communauté nationale qu’il n’y avait aucune attention particulière manifestée à l’endroit du dernier Premier ministre de Jacques Chirac.
Il n’y a même pas eu cette petite phrase assassine supplémentaire à laquelle Villepin a habitué ses interlocuteurs dès lors qu’il évoque le président de la République. Il a revêtu des habits de diplomate pour qualifier l’entretien d’une heure et demie avec le chef de l’État de: «direct, franc, républicain». Pour mieux mettre en valeur la qualité du discours qu’il lui a tenu, celui d’un professeur des relations internationales qui aurait le goût d’être un conseiller politique écouté.
Sa démonstration médiatique s’est inspirée de cette tonalité onusienne lyrique qui avait séduit en son temps lorsque George Bush s’impatientait d’en découdre avec Saddam Hussein. Il faut être à l’initiative, en somme faire parler de la France dès que possible et plutôt en bien. Cette faculté à être en première ligne, même lorsque c’est dangereux et périlleux, repose selon Villepin sur le rôle historique d’un pays toujours avec ceux qui combattent pour défendre les libertés publiques et individuelles. Même s’il n’a pas redit son regret d’une prudence excessive face aux révoltes du monde arabe, il s’est revanche livré à un couplet sur l’intérêt supérieur de la Nation.
Bref, Villepin veut incarner une certaine flamboyance française et surtout se faire une place sur un échiquier politique où les prétendants à l’Élysée se bousculent déjà. Les deux hommes ont-ils parlé d’autres sujets. Officiellement non, officieusement personne n’aurait écouté aux portes. A suivre.
Source: L’Union (25 février 2011)
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Dominique de Villepin, encore bien seul face à Sarkozy
Après la porte claquée, place au dialogue «direct, franc, républicain». C’est en ces termes que Dominique de Villepin a désigné l’échange d’une heure et demie qu’il a eu jeudi avec le président de la République dans le cadre des consultations élyséennes sur le G20. Deux jours avant, l’ancien Premier ministre avait indiqué qu’il ne renouvellerait pas son adhésion à l’UMP en 2011. «Une façon de montrer qu’il n’est pas dans les petits arrangements avec Sarkozy», analysent certains à l’UMP comme à République solidaire (RS), le parti de Villepin.
Un objectif : 2012
Car l’heure est à l’offensive pour l’ancien Premier ministre. «On procède par étapes et pour un objectif : 2012», glisse sans détour Brigitte Girardin, ancienne ministre et secrétaire générale de RS. «Les grandes lignes du projet seront présentées fin mars et le projet finalisé avant l’été.» Impossible pour Dominique de Villepin, selon elle, de faire machine arrière en raison de la «dérive droitière» de l’UMP. Mais s’il semble décidé à se lancer dans la bataille, l’ancien Premier ministre ne sait pas encore sur quelles troupes il peut réellement compter.
Seule une dizaine de parlementaires sont membres de RS. «Certains hésitent à quitter l’UMP, notamment des républicains sociaux, je les encourage à le faire», s’enthousiasme Daniel Garrigue, porte-parole de RS et député (NI), qui a abandonné le parti présidentiel il y a deux ans. «Je demande à réfléchir, confie un député villepiniste, prudent. Si Villepin apparaît comme le seul candidat capable de remporter dans les mois qui viennent, alors je le soutiendrai. Sinon, malgré l’engouement, il faudra choisir.» Comprendre: il faudra se rallier à Nicolas Sarkozy. «Je ne ferai pas partie de ceux qui feront perdre la majorité, le pire serait une victoire de la gauche», prévient-il. «On est dans la réflexion, confirme Jean-Pierre Grand, député (UMP) villepiniste. Personne ne nous demande de choisir. Nous ferons le point en mai.» Après les cantonales.
Source: 20 Minutes (25 février 2011)
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Villepin a alerté Sarkozy sur «une situation grave sur le plan intérieur et international»
La veille de leur rendez-vous, il officialisait sa rupture avec le parti présidentiel, constatant un «décalage croissant entre les idées qui sont défendues par l’UMP et les Français». Voilà qui laissait augurer un tête-à-tête viril. Dominique de Villepin, reçu plus d’une heure ce jeudi en fin de matinée par Nicolas Sarkozy, a raconté avoir eu avec son grand rival un dialogue «direct, franc et républicain».
«J’ai eu le souci d’alerter le président de la République sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international. Et j’ai eu le souci de rappeler ce que me paraissent être les grandes exigences face aux difficultés que nous traversons», raconte le président de République
solidaire. En substance, attention à ne pas rechercher des «boucs émissaires» à la faveur du futur débat de l’UMP sur l’islam et prière, après la série de ratés à l’international, d’«être en initiative, en proposition».
«Ma conviction, c’est que notre rôle historique, notre responsabilité, c’est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples, pour saluer cet événement historique que constituent à la fois un mouvement non violent et un mouvement qui se fait au nom des libertés», ajoute Villepin. Renouvelant ses critiques contre le débat sur la place de l’islam, l’ancien Premier ministre a fait valoir que «l’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt général des Français» devait «passer avant toute chose». «C’est dans cet esprit, non pas dans un esprit d’opposition personnelle, non pas dans un esprit d’opposition partisane, que je veux aborder ces grands défis pour la France», conclut-il, solennel, sans se prononcer sur son éventuelle candidature en 2012.
Après Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin était le troisième ancien chef du gouvernement invité à l’Elysée pour s’entretenir avec Nicolas Sarkozy de la présidence française des G8 et G20. Mais les deux ennemis de l’affaire Clearstream ne s’étaient pas, eux, rencontrés depuis près de trois ans.
Source: Libération (24 février 2011)
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Villepin demande à Sarkozy de ne pas chercher de bouc émissaire
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a invité jeudi Nicolas Sarkozy à ne pas chercher de « bouc émissaire » au travers du débat sur l’islam en France, que l’UMP veut organiser avec la bénédiction élyséenne.
L’ancien proche collaborateur du président Jacques Chirac a été reçu à l’Elysée dans le cadre des consultations entreprises par le chef de l’Etat sur la présidence française du G20.
Mais Dominique de Villepin, qui est resté un peu plus d’une heure et demie au palais présidentiel, n’a pas dit un mot du G20 dans la déclaration de deux minutes et demie qu’il a faite à la presse qui l’attendait à l’extérieur.
Il a dit avoir eu avec Nicolas Sarkozy un dialogue « direct, franc, républicain ».
« J’ai eu le souci d’alerter le Président de la République sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international », a-t-il expliqué.
« J’estime pour ma part que, dans ces circonstances, il est important de veiller à ce que tout débat chez nous, en France, sur la laïcité, sur l’islam, ne s’accompagne pas de recherche de bouc émissaire », a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a remis la question de la place et de l’organisation de l’Islam en France au centre du débat politique lors de son intervention du 10 février sur TF1, alors que la présidente du Front national Marine Le Pen, qui fait de ce thème son fonds de commerce, ne cesse de monter dans les sondages.
L’UMP, parti du président de la République, que Dominique de Villepin a pour sa part décidé de quitter, a annoncé dans la foulée et avec l’accord de l’Elysée l’organisation d’une convention sur la laïcité et l’islam le 5 avril.
Dominique de Villepin, qu’une profonde animosité réciproque oppose à Nicolas Sarkozy, a dit avoir « rappelé » au chef de l’Etat les « grandes exigences » du moment.
« Une exigence du service de l’Etat, une exigence de justice sociale, de rassemblement de l’ensemble des Français ainsi que de renforcement de la France dans le monde, au moment où (…) naît sous nos yeux un monde arabe libre », a-t-il expliqué.
Une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy, alors que le « printemps arabe » a révélé un profond malaise de la diplomatie française, dont plusieurs dizaines de membres critiquent la façon dont le chef de l’Etat conduit la politique étrangère dans une tribune publiée mardi par Le Monde.
Dominique de Villepin a ajouté avoir dit au président de la République sa conviction que la France doit être « en initiative » et « en proposition avec l’ensemble de ses partenaires européens, avec l’ensemble de la communauté internationale », face aux événements actuels dans le monde arabe.
« Ma conviction c’est que notre rôle historique, notre responsabilité, c’est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples », a déclaré l’homme de la déclaration de 2003 à l’ONU contre l’intervention militaire américaine en Irak.
Dominique de Villepin, qui n’avait pas rencontré Nicolas Sarkozy depuis plus de deux ans et avait été accueilli à son arrivée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a refusé de répondre à la moindre question. Il n’a, notamment, pas voulu dire s’il était réconcilié avec le chef de l’Etat.
« Il y a, c’est ma conviction, dans les circonstances actuelles, un intérêt supérieur qui doit passer avant toute chose, l’intérêt supérieure de la nation, l’intérêt général des Français », s’est-il borné à dire en conclusion.
« C’est ce qui doit l’emporter et c’est dans cet esprit, non pas dans un esprit d’opposition personnelle, non pas dans un esprit d’opposition partisane, que je veux aborder ces grands défis pour la France », a-t-il ajouté.
Source: Reuters (24 février 2011)
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Débat UMP sur l’islam: Villepin met en garde contre la « recherche de boucs émissaires »
L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a souhaité jeudi que le débat sur l’islam que compte organiser l’UMP ne dérape pas vers une « recherche de boucs émissaires ». A l’issue d’un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, il a par ailleurs plaidé pour que la France soit davantage sur le devant de la scène internationale, notamment pour saluer le vent de liberté qui souffle sur plusieurs pays arabes.
A sa sortie de l’Elysée, Dominique de Villepin a déclaré aux journalistes qu’il avait « alerté » le chef de l’Etat sur « une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international ».
L’ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac a prôné un « renforcement de la France dans le monde au moment où, nous le voyons, naît sous nos yeux un monde arabe libre ».
« Notre rôle historique, notre responsabilité, c’est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples, pour saluer cet événement historique », a déclamé Dominique de Villepin, en rendant hommage à ce mouvement « non violent » qui se fait « au nom des libertés ».
« Dans ces circonstances, il est important de veiller à ce que tout débat chez nous, en France, sur la laïcité, sur l’islam, ne s’accompagne pas de recherche de boucs émissaires », a mis en garde le président de République solidaire. « L’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt général des Français, c’est ce qui doit l’emporter ».
« C’est dans cet esprit, non pas dans un esprit d’opposition personnelle, non pas dans un esprit d’opposition partisane, que je veux aborder ces grands défis pour la France », a assuré Dominique de Villepin, en affirmant avoir eu avec le président Sarkozy un « dialogue direct, franc, républicain ».
Dominique de Villepin a annoncé mardi qu’il ne renouvellerait pas son adhésion à l’UMP en 2011. « Il y a un décalage croissant entre les idées qui sont défendues par l’UMP et les Français », a-t-il expliqué lors d’un déplacement à Lyon, dont la vidéo est en ligne sur le site internet de sa formation politique République solidaire.
Source: Associated Press (24 février 2011)
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Sarkozy et Villepin se reparlent sans se réconcilier
Pour la première fois depuis avril 2008, les deux frères ennemis de la droite, Nicolas Sarkoz
y et Dominique de Villepin, se sont longuement revus jeudi à l’Elysée, sans toutefois qu’il soit question de réconciliation à quatorze mois de la présidentielle.
Comme les paires Giscard-Chirac ou Mitterrand-Rocard avant eux, le chef de l’Etat et l’ancien Premier ministre forment un de ses couples dont la rivalité et les déchirements fratricides, certains ont même parlé de « haine », font le sel de l’histoire politique contemporaine.
Alors, près de trois ans après leur précédente rencontre, le passage de l’ancien locataire de Matignon dans le bureau de son ex-ministre de l’Intérieur a attiré la foule des journalistes.
Comme avec Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin, cet entretien avait officiellement pour seul objet les présidences françaises des G8 et G20. Mais, au lendemain du divorce annoncé du fondateur du mouvement République solidaire avec l’UMP et avant le procès en appel, en mai, de l’affaire Clearstream, les retrouvailles des deux hommes ont pris un tour très politique.
Accueilli peu avant 11h00 sur le perron de l’Elysée par le bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, qui a assisté au tête-à-tête, Dominique de Villepin en est ressorti une heure et demie plus tard.
A défaut de confidences immédiates de l’entourage des deux hommes, seule la courte déclaration de l’invité a résumé l’entretien.
« Un dialogue direct, franc, républicain », a rapporté M. de Villepin, qui a affirmé avoir « alerté » le président « sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international » et lui avoir rappelé « les grandes exigences face aux difficultés que nous traversons ».
Sur le ton volontiers grandiloquent qu’il affectionne, l’ex-ministre des Affaires étrangères a donc renouvelé ses dernières critiques contre Nicolas Sarkozy, de sa prudence jugée excessive face aux révoltes populaires qui secouent le monde arabe au débat annoncé par l’UMP sur l’islam.
« C’est le rôle de la France (…) que d’être en initiative, en proposition », a-t-il estimé alors que la politique étrangère du chef de l’Etat est critiquée de toutes parts. « Ma conviction, c’est que notre rôle historique, notre responsabilité, c’est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples ».
Et sur la place de l’islam en France, il a mis en garde le président contre la « recherche de boucs émissaires ».
Par contre, Dominique de Villepin a continué à entretenir le flou sur ses intentions pour 2012. Certains ont compris sa décision de ne pas renouveler son adhésion à l’UMP comme le signe de sa volonté de défier Nicolas Sarkozy, qui souhaite limiter au maximum les velléités de candidatures à droite.
A trois mois du procès en appel dans l’affaire Clearstream, où le chef de l’Etat a renoncé à être partie civile contre lui, M. de Villepin, relaxé en première instance, s’est défendu de « tout esprit d’opposition personnelle ».
Mais au nom de « l’intérêt supérieur de la Nation » et de « l’intérêt général des Français », il a laissé ouverte la porte à une candidature en 2012. « C’est dans cet esprit (…) que je veux aborder ces grands défis pour la France », a conclu l’ancien Premier ministre.
Source: Nouvelobs.fr (24 février 2011)
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Villepin: dialogue « franc » avec Sarkozy
L’ex-premier ministre Dominique de Villepin a déclaré aujourd’hui qu’il avait eu avec son éternel rival Nicolas Sarkozy un dialogue « direct, franc et républicain » et qu’il l’avait « alerté » des « difficultés » et « situations graves » que traversent le pays et le monde.
« J’ai eu le souci d’alerter le président de la République sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international, et j’ai eu le souci de rappeler ce que me paraissent être les grandes exigences face aux difficultés que nous traversons », a indiqué M. de Villepin à la presse à l’issue d’un entretien de plus d’une heure avec M. Sarkozy.
L’ancien premier ministre dit avoir notamment mis en garde le chef de l’Etat contre une « recherche de boucs émissaires » à la faveur du futur débat sur l’islam et rappelé que, sur le plan international, la France devait « être en initiative, en proposition ».
«Être en initiative»
« C’est le rôle de la France, c’est la conviction que j’ai exprimée au président de la République, que d’être en initiative, en proposition, avec l’ensemble de ses partenaires européens, avec l’ensemble de la communauté internationale », a estimé l’ex-ministre des Affaires étrangères alors que la politique étrangère du chef de l’Etat est sévèrement critiquée pour sa prudence jugée excessive face aux révoltes qui secouent le monde arabe.
« Ma conviction, c’est que notre rôle historique, notre responsabilité, c’est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples, pour saluer cet événement historique que constituent à la fois un mouvement non violent et un mouvement qui se fait au nom des libertés », a-t-il ajouté.
Renouvelant ses critiques contre le débat sur la place de l’islam, le fondateur du mouvement République solidaire a fait valoir que « l’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt général des Français » devait « passer avant toute chose ».
«Pas dans un esprit d’opposition personnelle»
« C’est dans cet esprit, non pas dans un esprit d’opposition personnelle, non pas dans un esprit d’opposition partisane, que je veux aborder ces grands défis pour la France », a conclu M. de Villepin, sans se prononcer sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2012.
Accueilli à l’Elysée juste avant 11 heures par le secrétaire général de la présidence Claude Guéant, M. de Villepin en est ressorti peu après 12h30. Après Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin était le troisième ancien chef du gouvernement invité à l’Elysée pour s’entretenir avec Nicolas Sarkozy de la présidence française des G8 et G20.
Avant cette rencontre, la première entre les deux rivaux depuis près de trois ans, M. de Villepin a démenti les rumeurs d’un rapprochement avec le chef de l’Etat en annonçant qu’il quittait l’UMP.
Source: AFP (24 février 2011)
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Dominique de Villepin a-t-il les moyens de ses ambitions ?
C’est une pierre déposée dans le jardin de l’Élysée. A la veille de sa rencontre avec le chef de l’État sur le G20 ce jeudi, Dominique de Villepin a annoncé son départ de l’UMP. Le fondateur de République Solidaire, éternel rival de Nicolas Sarkozy et qui n’a jamais caché ses ambitions pour la présidentielle, fait ainsi un pas de plus vers une candidature en 2012. Avec quels moyens ? Etat des lieux.
Des militants mais peu d’élus. Les troupes parlementaires sont maigres. Une dizaine de sénateurs et députés – députés qui devraient continuer à siéger au sein du groupe UMP pour le moment. Des soutiens que Nicolas Sarkozy tente régulièrement de neutraliser. Dès 2008, il a fait entrer au gouvernement Bruno Lemaire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin. Georges Tron puis Marie-Anne Montchamp, ex-fidèles, ont également répondu aux sirènes ministérielles. Mais la force de République Solidaire, affirment ses responsables, c’est le réseau social, bâti sur internet. Ils revendiquent 26.000 militants et sympathisants, répartis dans 92 fédérations départementales. Dans les enquêtes d’opinion, Dominique de Villepin stagne toutefois avec entre 4 et 7% d’intentions de vote. « L’annonce de sa rupture avec l’UMP clarifie la situation et peut lui permettre d’avoir de meilleurs sondages » assure son entourage.
Nerf de la guerre. « Dominique de Villepin va faire moins de 5% et ne pourra pas rembourser ses frais
de campagne ». Voilà le message que l’Élysée tente de faire passer pour discréditer son éventuelle candidature. L’argent est en effet une vraie question. République Solidaire ne bénéficie d’aucune subvention publique et ne vit que de dons. Certains patrons amis pourraient néanmoins mettre la main à la poche pour la campagne. Afin de mettre tous les candidats sur un pied « d’égalité républicaine », le député villepiniste Jean-Pierre Grand suggère un « pacte d’honneur » : limiter les dépenses de premier tour à 5 millions d’euros. Le plafond légal était à plus de 16 millions d’euros en 2007.
Épée de Damoclès. Autre hypothèque sur une candidature de l’ancien premier ministre : le 2ème acte du procès Clearstream. L’appel est prévu au mois de mai. Dominique de Villepin, relaxé en première instance, comparaîtra pour complicité de dénonciation calomnieuse. C’est ensuite, en juin, que doit se dérouler le Conseil National de République Solidaire consacré au projet. La déclaration de candidature pourrait avoir lieu en septembre.
Source: France Info (24 février 2011)
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Villepin et Sarkozy, un face-à-face dos-à-dos
Nicolas Sarkozy reçoit ce jeudi matin l’ancien Premier ministre à l’Elysée. Pour faire taire les rumeurs de réconciliation, ce dernier vient d’annoncer son départ de l’UMP. Une façon de préparer 2012?
Plus qu’une révélation, l’information confirme simplement un état de fait: Dominique de Villepin n’est plus membre de l’UMP. Mardi soir, l’ancien premier ministre a annoncé qu’il ne renouvellerait pas sa cotisation, provoquant ainsi son départ du parti majoritaire.
Le timing est plus surprenant. Ce jeudi, Dominique de Villepin se rend à l’Elysée pour discuter avec Nicolas Sarkozy du G20, sous présidence française. Pourquoi couper publiquement les ponts avec le chef de l’Etat et son parti à la veille de cet entretien?
« Il effectue de nombreux déplacements cette semaine, rencontre beaucoup de Français, et les débats du moment lui déplaisent », avance d’abord Jean-Pierre Grand, député villepiniste de l’Hérault. Avant de reconnaître: « Mais il est vrai qu’il souhaitait également marquer son désaccord avec la politique de Nicolas Sarkozy, à un moment où l’on parlait de rapprochement ».
Villepin a mis les points sur les I
Depuis plusieurs jours, l’UMP se montrait en effet bien plus indulgente avec l’ennemi intime du chef de l’Etat. Vendredi, dans Le Figaro, Alain Juppé avait regretté que les tentatives de réconciliation entre les deux hommes aient échoué: « On a raté le coche. Peut-être que le coche n’est pas définitivement passé ».
Le retrait de constitution de partie civile de Bernard Squarcini, patron de l’antiterrorisme français et proche du chef de l’Etat, dans le cadre de l’affaire Clearstream, avait aussi été perçu comme un signe d’apaisement.
L’entrée de certains proches de l’ancien homme d’Etat (Georges Tron, Marie-Anne Montchamp) dans le gouvernement actuel, et son isolement accru, ont un peu plus encore accrédité la rumeur d’un rapprochement.
« L’Elysée n’a cessé d’expliquer aux journalistes que Nicolas Sarkozy gérait ‘le cas Villepin’, mais lui n’est pas dans la politique politicienne », jure Jean-Pierre Grand. En guise de preuve, l’ancien Premier ministre a donc choisi d’annoncer son départ de l’UMP à 24 heures de ce face-à-face.
Cela n’a pas empêché certains leaders de l’UMP de continuer à jeter quelques oeillades à Dominique de Villepin. Jean-François Copé, a ainsi regretté « profondément » de départ, expliquant sa déception par le fait qu’il avait « beaucoup d’estime pour lui », et de « l’amitié ». De son côté, François Baroin, porte-parole du gouvernement, a accueilli la nouvelle « avec un peu de tristesse ».
Villepin doit désormais construire l’avenir
Les deux chiraquiens ont toutefois ajouté qu’ils espéraient qu’à l’avenir Dominique de Villepin revienne dans le giron de l’UMP: « Le chemin est long, il y a encore quinze mois. Il peut, ce que je pense, retrouver sa place dans un dispositif majoritaire pour favoriser la réélection de Nicolas Sarkozy », a jugé François Baroin. Jean-François Copé a refusé, lui, de considérer République Solidaire, le parti de l’ancien premier ministre, comme un « mouvement concurrent » de l’UMP.
Que faire, justement, de République solidaire? Maintenant que Dominique de Villepin a définitivement tourné les talons, il va falloir structurer le mouvement. Au Salon de l’agriculture ce mercredi, ce dernier s’est félicité de l’indépendance de son parti. Une indépendance qui entraîne toutefois une fragilité financière : « Nous ne touchons pas un centime, ni de l’UMP ni de l’Etat, et c’est une chose unique dans les mouvements politiques français. Nous ne vivons qu’avec le soutien de nos adhérents et sympathisants », a-t-il expliqué.
Pour l’heure, l’avenir de République solidaire est encore flou. Jean-Pierre Grand, tout comme Brigitte Girardin, secrétaire générale du parti, ne donnent pas l’impression de faire de la constitution d’un groupe parlementaire une priorité. Pourtant, en septembre dernier, des voix villepinistes jugeaient l’objectif atteignable à l’Assemblée, grâce au ralliement de divers droite et du MoDem.
La raison d’être de République solidaire est en fait toute autre: installer Dominique de Villepin dans la meilleure des positions à l’entame de la campagne présidentielle. D’ici là, l’appel dans le procès Clearstream sera jugé. La décision pourrait changer quelque chose dans les relations entre les deux ennemis de la droite.
Source: L’Express (24 février 2011)
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Sarkozy/Villepin: retrouvailles sous pression des rivaux de la majorité
Nicolas Sarkozy et son rival Dominique de Villepin se retrouvent jeudi à l’Elysée dans le cadre des consultations du chef de l’Etat sur le G20, mais une réconciliation ne semble pas à l’ordre du jour l’ex-Premier ministre ayant annoncé qu’il quitterait l’UMP en 2011.
En déplacement à Lyon mardi, Dominique de Villepin a lâché l’information sans tambour ni trompette, en réponse à la question d’un étudiant: non, il ne renouvellera pas son adhésion au parti présidentiel en 2011.
Mercredi, Brigitte Girardin, secrétaire générale du parti villepiniste République solidaire (RS) a confirmé à l’AFP ces propos, également repris sur le compte Twitter et la page Facebook de l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac. Un pavé dans la mare à la veille du rendez-vous de l’Elysée.
Officiellement, l’entretien entre les deux hommes -qui ne se sont pas vus depuis deux ans- s’inscrit dans le cadre des consultations engagées par Nicolas Sarkozy, président en exercice du G8 et du G20, avec les anciens présidents et Premiers ministres depuis 1997.
Mais la rivalité politique et personnelle qui les oppose donne à la rencontre un caractère singulier qui n’a pas manqué de susciter des rumeurs sur un éventuel rapprochement.
Depuis la présidentielle de 1995, où Sarkozy soutenait Balladur et Villepin Chirac, l’affrontement des deux hommes n’a cessé de croître jusqu’à l’affaire Clearstream où le président était partie civile contre son rival, poursuivi pour « complicité de dénonciation calomnieuse ».
Relaxé en première instance en janvier 2010, Dominique de Villepin doit passer le cap du procès en appel prévu en mai s’il veut pouvoir se présenter en 2012. Nicolas Sarkozy espère de son côté rassembler toute la droite sur ses couleurs.
Dans ce cadre, l’annonce du retrait de constitution de partie civile de Bernard Squarcini, patron de l’antiterrorisme français et proche du chef de l’Etat, avait été perçue comme
un signe d’apaisement.
« Je resterai insensible à toute espèce de danse du ventre. Je ne suis pas négociable. Je ne suis pas quelqu’un qu’on achète », a cependant prévenu l’ex occupant de Matignon.
« Dominique de Villepin a répondu, en républicain, à l’invitation » du président, explique Brigitte Girardin, à propos du rendez-vous de jeudi, réfutant toute idée de rapprochement.
« Tout cela est destiné aux journalistes. L’objectif, c’est de décrédibiliser sa candidature et de semer le trouble chez nos partisans. C’est de l’enfumage », fait-elle valoir.
Courant janvier, Jean-François Copé avait annoncé qu’il souhaitait cette réconciliation après avoir déjeuné avec Dominique de Villepin. Mercredi, le patron de l’UMP a dit regretter « profondément » sa décision de quitter le parti présidentiel.
Vendredi dans le Figaro, le ministre de la Défense Alain Juppé, lui aussi proche de Jacques Chirac, avait regretté que les tentatives de réconciliation Villepin-Sarkozy aient échoué : « On a raté le coche. Peut-être que le coche n’est pas définitivement passé ».
Mais, du côté du président de RS, qui dit haut et fort depuis la création de son parti en juin vouloir présenter une alternative en 2012, l’heure n’est pas à l’apaisement.
S’il a semblé un moment avoir mis son antisarkozysme de côté pour se consacrer à son projet présidentiel, ses propos décrivant M. Sarkozy comme « un problème pour la France » ou sur l’attentat de Karachi en 2002 ont démontré que la hache de guerre n’était pas enterrée.
Dans le dossier Karachi, il a confirmé l’existence de « très forts soupçons de rétrocommissions » liées à la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.
Source: AFP (23 février 2011)
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Villepin à l’Elysée… sans sa carte UMP
L’entretien entre les deux hommes, qui se détestent, promet d’être tendu. Jeudi, dans le cadre de consultations pour le G20 français, Dominique de Villepin a rendez-vous avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée. « J’irai lui dire les choses que les autres ne lui disent pas », a d’ores et déjà fait savoir l’ancien Premier ministre qui, à l’avant-veille de cette rencontre, a confirmé qu’il rompait définitivement avec l’UMP.
Le rendez-vous sera discret, mais ne passera pas inaperçu. Jeudi, Dominique de Villepin retrouvera le chemin de l’Elysée à la rencontre de Nicolas Sarkozy, plus de deux ans après sa dernière visite rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les deux hommes, qui se vouent une détestation mutuelle, doivent officiellement échanger sur les objectifs fixés par la présidence française des G8 et G20 qui se dérouleront à Deauville et Nice cette année. La réception de l’ancien Premier ministre entre dans le cadre de plusieurs consultations avec d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement voulues par le président de la République. Jacques Chirac, Lionel Jospin ou encore Jean-Pierre Raffarin ont déjà pu lui exposer leurs vues. L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing devrait suivre prochainement.
Toutefois, au-delà de cet ordre du jour formel, les sujets de conversations – et les pommes de discorde – ne devraient pas manquer entre les deux meilleurs ennemis à droite. A commencer par l’actualité la plus brûlante: la fièvre démocratique qui a gagné le monde arabe et ses dégâts collatéraux pour la diplomatie française, synthétisés dans une tribune incendiaire publiée mardi, dans Le Monde, par « le groupe Marly ». Un texte sans concession pour la politique étrangère de Nicolas Sarkozy et auquel Dominique de Villepin, sans surprise, souscrit pleinement. « Je vois avec inquiétude notre diplomatie connaître l’effacement alors même que les évènements dans le monde arabe (…) donne raison aux analyses de la diplomatie française », a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères sur Europe 1, mercredi matin. La veille, au cours d’un déplacement à Lyon où il fut beaucoup question de cette rencontre élyséenne à venir, l’ex-locataire de Matignon a coupé court à toute spéculation – même la plus improbable – en déclarant qu’il « n’aspirait à aucune forme de responsabilité ministérielle », notamment au quai d’Orsay.
Dans la capitale des Gaules, lors d’un déplacement thématique consacré au logement, Dominique de Villepin a également fait savoir qu’il comptait aborder des sujets de politique intérieure avec Nicolas Sarkozy. « L’enjeu est: est-ce que le président est capable de réconcilier les Français? », a-t-il posé en préambule, ajoutant qu’il fallait en terminer « avec la logique du bouc émissaire », marque de fabrique, selon lui – et d’autres -, de la méthode Sarkozy depuis 2007. Et de prendre pour exemple la politique menée contre les Roms depuis l’été 2010 ou, plus récemment, le lancement d’un débat sur la pratique de l’islam en France. Autant d’initiatives qui ont pour conséquence, selon lui, de « montrer du doigt » certaines catégories de la population. « Comme avec Jacques Chirac, j’irai lui dire les choses que les autres ne lui disent pas », a encore lancé l’ancien secrétaire général de l’Elysée, ajoutant que son « devoir », à la tête de République solidaire, son mouvement lancé il y a moins d’un an, « est de proposer, d’offrir des alternatives ».
« République solidaire est un mouvement qui se veut au-dessus des partis, qui va défendre une alternative à la politique de Nicolas Sarkozy en 2012″, avait asséné Brigitte Girardin, numéro 2 de RS, au JDD.fr il y a quelques semaines, faisant peu de cas, au passage, du procès en appel qui attend son champion dans l’affaire Clearstream. Et dans cette optique, Dominique de Villepin, quasi-candidat au scrutin présidentiel, a sans doute choisi le bon moment pour marquer les esprits. Toujours à Lyon, l’ancien Premier ministre a en effet annoncé qu’il ne renouvellera pas son adhésion à l’UMP en 2011, relayant cette information, mercredi, sur ses comptes Twitter et Facebook. De quoi rejeter une bonne fois pour toutes la « main tendue » en fin d’année dernière par son « ami » Jean-François Copé, lequel ne désespérait pas, au contraire d’autres cadres du parti majoritaire, de ramener l’ex-bras droit de Chirac à de meilleures intentions vis-à-vis de l’Elysée. « Je regrette profondément qu’il ait décidé de quitter notre famille politique, je respecte son choix mais je le regrette profondément », a d’ailleurs réagi le secrétaire général de l’UMP, mercredi matin, lors de son traditionnel point presse.
Source: Nicolas Moscovici – JDD.fr (23 février 2011)
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Tribune de diplomates: soutien de Villepin
L’ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a appelé aujourd’hui l’exécutif à « écouter » et « tirer les leçons » du message que lui a adressé un groupe de diplomates dans une tribune parue dans le Monde daté d’aujourd’hui. « Il faut retenir d’abord dans le message qu’ils adressent: il y a de la colère, il y a de la frustration, il y a de l’humiliation. Mais il y a d’abord la volonté d’être à la hauteur de l’ambition et de la vocation française », a déclaré M. de Villepin en marge de sa visite du salon de l’Agriculture. « Donc, écoutons ce message et tirons-en les leçons », a-t-il ajouté.
Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, un groupe de diplomates français, baptisé « Marly », rejette la responsabilité des « déboires » récents de la politique extérieure en Tunisie, Egypte ou au Mexique sur Nicolas Sarkozy et son entourage, accusés « d’amateurisme » et « d’impulsivité ».
Source: Agence France Presse (23 février 2011)
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Villepin « inquiet » pour la diplomatie
A deux jours de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin n’a pas hésité à apporter son soutien aux anciens diplomates français qui ont publié une tribune mercredi dans le journal Le Monde.
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Je vois notre diplomatie avec inquiétude connaître l’effacement alors même que les évènements dans le monde arabe, de l’autre côté de la Méditerranée, donne raison aux analyses de la diplomatie française. Et je connais aujourd’hui la frustration de ceux qui servent cette diplomatie française, de ne pas pouvoir donner tout ce qu’ils ont à donner », explique-t-il au micro d’Europe 1.
Une manière également pour Dominique de Villepin de peaufiner son image de recours pour l’élection présidentielle de 2012.
Source: Europe 1 (23 février 2011)
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Villepin demandera jeudi à Sarkozy de « réconcilier les Français »
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui rencontrera jeudi le président de la République, demandera à Nicolas Sarkozy de « réconcilier les Français » et d’en finir avec « la logique du bouc émissaire », a-t-il déclaré mardi lors d’un déplacement à Lyon.
« L’enjeu est: est-ce que le président est capable de réconcilier les Français? », a-t-il estimé devant la presse, au cours d’une visite qui l’a mené à la rencontre d’habitants de quartiers populaires lyonnais et de l’association d’aide au logement Habitat et humanisme.
« Il faut sortir de la logique du bouc émissaire », a poursuivi le président de République solidaire (RS), citant notamment la politique menée à l’encontre des Roms ou les débats sur la burqa, l’islam ou la laïcité, qui « montrent du doigt » certaines populations.
« J’ai tourné la page. J’irai au rendez-vous sans aucune forme de ressentiment » à l’encontre de M. Sarkozy, a également affirmé M. Villepin. Notoirement difficiles, les relations entre les deux hommes s’étaient encore dégradées à l’occasion du procès Clearstream, qui avait abouti à la relaxe de M. Villepin en première instance.
« Comme avec Jacques Chirac, j’irai lui dire les choses que les autres ne lui disent pas », a-t-il ajouté.
Fustigeant le « silence de la France » sur les événements en cours dans le monde arabe, l’ex-ministre des Affaires étrangères a toutefois « clairement dit » qu’il « n’aspirait à aucune forme de responsabilité ministérielle », notamment au quai d’Orsay.
« Mon devoir est de proposer, d’offrir des alternatives », a-t-il souligné.
Dans le cadre de la présidence française des G8 et G20, Nicolas Sarkozy a souhaité rencontrer les anciens présidents et anciens Premiers ministres, et M. Villepin a rendez-vous jeudi à l’Elysée.
Source: AFP (22 février 2011)
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Ce que compte dire Villepin à Sarkozy lors de leur tête-à-tête
Aurait-il jeté la rancune à la rivière ? A deux jours du tête-à-tête auquel il est convié à l’Elysée, Dominique de Villepin s’est laissé aller à quelques confidences sur la façon dont ses relations avec le chef de l’Etat ont évolué. « La question de la réconciliation ne se pose pas, j’ai tourné la page il y a plusieurs mois, je n’ai aucune forme de ressentiment envers Nicolas Sarkozy », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisé à l’occasion d’un déplacement à Lyon, où l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a notamment rencontré des jeunes des quartiers difficiles.
Interrogé sur ce qu’il comptait dire au chef de l’Etat, Dominique de Villepin a assuré à ses interlocuteurs qu’il aurait « la même franchise qu’avec Jacques Chirac » : « je lui disais des choses que les autres ne lui disaient pas. Je les dirai à Nicolas Sarkozy », a-t-il insisté avant de détailler les thématiques qu’il comptait aborder avec le chef de l’Etat. « L’enjeu est de savoir aujourd’hui si nous sommes capables, si le président de la république est capable de rassembler les Français, c’est ce qui me préoccupe (…) Il faut maintenant sortir de la politique des boucs émissaires », a-t-il notamment expliqué.
Hostile aux débats qui divisent les Français
Parmi les critiques qu’il compte adresser à Nicolas Sarkozy, l’ancien locataire de Matignon évoque les débats autour de l’interdiction de la burqa et de l’identité nationale. « Il faut plutôt rassembler les Français à un moment où les difficultés économiques, financières et sociales sont importantes », a-t-il insisté alors que la majorité présidentielle doit ouvrir un débat sur la place de l’islam en France.
Dominique de Villepin souhaite faire des propositions concrètes au sujet des événements qui secouent les pays arabes. « La France a une vocation, elle a un message à faire passer dans cette région, il faut que la France soit capable de regarder vers l’avenir », a-t-il dit. « Le premier devoir d’une diplomatie est de s’appuyer sur ces peuples qui sont non violents. Leur action mérite l’engagement de la France ». De quoi laisser penser que si Michèle Alliot-Marie devait quitter le gouvernement, il serait prêt à prendre sa succession au Quai d’Orsay.
L’intéressé s’en défend. Dominique de Villepin l’assure. Il ne cherche à obtenir « aucun portefeuille ministériel » : « je me sens bien comme cela (…) Je peux apporter mon expérience, des propositions, ma parole est libre, indépendante. »
Source: La Tribune (22 février 2011)
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Villepin tend la main à Sarkozy
Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy se rencontreront jeudi à l’Elysée. Cette entrevue survient dans le cadre de la présidence française des G8 et G20, le chef de l’État ayant souhaité rencontrer, dans cette optique, les anciens présidents et anciens Premiers ministres.
Les deux hommes ne s’aiment pas. Il y a le premier, proche de Jacques Chirac, qui essaye de faire perdurer une certaine idée du gaullisme. Il y a le second, chantre auto-proclamé de la « rupture » et qui entendait, une fois porté à l’Élysée, présider autrement que son prédécesseur. Depuis, Dominique de Villepin se plait à critiquer ouvertement l’action du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy n’est pas en reste. En septembre 2009, alors en déplacement à New York, il avait désigné l’ancien Premier ministre comme « coupable » de l’affaire Clearstream avant même que celui-ci ne soit jugé puis… relaxé.
Pas de « ressentiment »
La tension a toutefois semblé s’adoucir ces derniers temps, Dominique de Villepin attaquant moins ouvertement qu’avant le chef de l’État. L’ancien Premier ministre a même assuré, mardi, se rendre à l’Élysée sans aucune forme d’appréhension. « J’ai tourné la page. J’irai au rendez-vous sans aucune forme de ressentiment, a déclaré Villepin. (…) Comme avec Jacques Chirac, j’irai lui dire les choses que les autres ne lui disent pas. »
L’ancien Premier ministre entend ainsi demander à Nicolas Sarkozy de « réconcilier les Français ». Villepin pointe notamment « la logique du bouc émissaire » qui montre « du doigt » certaines populations, les Roms, les musulmans, etc.
Dominique de Villepin, qui a créé en juin 2010 son propre courant, République Solidaire, sait que sa voix ne sera désormais entendue que si elle se fait moins critique. « Mon devoir est de proposer, d’offrir des alternatives », a-t-il dit mardi.
Source: France Soir (22 février 2011)
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Dominique de Villepin: « On ne m’achète pas »
Le fondateur de République solidaire rencontre Nicolas Sarkozy jeudi, dans le cadre du G20. Il refuse toute idée de réconciliation.
La date des retrouvailles est inscrite à l’agenda. Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ont rendez-vous à l’Élysée le jeudi 24 février. Afin de renouer le contact entre les deux rivaux – ils ne se sont pas revus depuis deux ans -, les proches du chef de l’État ont imaginé un prétexte : organiser des consultations des anciens présidents et Premiers ministres dans le cadre de la présidence française du G20.
Il n’y aurait donc pas de lien entre cette rencontre et l’a
ffaire Clearstream – le procès en appel est prévu début mai – ou même avec l’ambition présidentielle de l’ex-Premier ministre… Dominique de Villepin balaye d’ailleurs ces idées-là. « Accepter ce rendez-vous fait partie des devoirs républicains. Je parlerai du G20, pas d’autre chose », répète à l’envi le président de République solidaire pour couper court aux rumeurs de manoeuvres et d’une possible réconciliation. « On ne m’achète pas. Je n’ai jamais été un homme de parti ni de combinaison », assenait-il encore fin janvier.
Sourdine
À l’UMP, on estime tout de même que la porte n’est pas fermée à double tour. « Les tentatives de réconciliation avec Nicolas Sarkozy ont échoué (…) Peut-être que le coche n’est pas définitivement passé », jugeait le ministre de la Défense Alain Juppé, dans Le Figaro daté de vendredi. Quant au patron des députés UMP Christian Jacob, il estime que cette rencontre entre les deux hommes constitue un pas en avant : « Je ne crois pas à la réussite d’une quelconque mission de médiation. Cela se fera entre Villepin et le président. Personne ne peut régler le problème à leur place. »
Mais depuis le début de l’année, la tension entre les deux hommes a déjà baissé d’un cran. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui ne renie pas ses violentes diatribes contre le chef de l’État, a décidé de concentrer son énergie sur « son projet ». « Je suis désormais entré dans le temps du débat et des propositions en vue d’offrir un projet aux Français », affirme-t-il. Dominique de Villepin plaide ainsi pour remettre au goût du jour les référendums ou encore instaurer la règle du non-cumul des mandats. Sur sa candidature à la présidentielle, il entretient toujours le doute : « Il n’y a pas de calendrier défini. Tout est question de circonstances. »
En revanche, l’ancien ministre des Affaires étrangères a une certitude : les Français ne réinstalleront pas Nicolas Sarkozy dans le fauteuil de l’Élysée en 2012. « Le passage de président élu à président candidat sera très complexe. D’ailleurs, hors cohabitation, il n’y a pas de précédent de chef de l’État réélu », analyse Dominique de Villepin. Mais Nicolas Sarkozy sera-t-il vraiment candidat ? Dominique de Villepin en doute : « Historiquement, il préfère n’affronter personne de sérieux. Il aime bien la bataille, mais seulement quand les choses sont bien réglées, bien organisées. »
Source: Ségolène Gros de Larquier – Le Point (21 février 2011)