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Dominique de Villepin, Ségolène Royal, François Bayrou signent dans Marianne un appel "pour une vigilance républicaine"

Des personnalités se réclamant de « sensibilités très diverses », dont l’ex-Premier ministre (UMP) Dominique de Villepin, Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (MoDem) signent « un appel du 14 février pour une vigilance républicaine » publié dans l’hebdomadaire Marianne.

Affirmant avoir « en commun un certain nombre de convictions et de valeurs », ils entendent notamment réaffirmer « leur attachement au principe républicain » et « leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective ».

Ils rappellent également « leur attachement aux fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante », « à l’indépendance de la presse et au pluralisme de l’information » et enfin « à une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l’indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle ».

Sans mentionner le nom de Nicolas Sarkozy, cet appel reprend nombre de critiques formulées contre le style de gouvernement ou les grands thèmes défendus par le chef de l’Etat, comme son discours sur la religion.

Outre l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, figurent notamment parmi les signataires les gaullistes Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, le député communiste André Gerin, Jean-Pierre Chevènement, plusieurs socialistes de premier plan (Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg), représentants du MoDem (François Bayrou, Marielle de Sarnez, la sénatrice Jacqueline Gourault) et du Nouveau Centre (les députés Maurice Leroy, Jean-Christophe Lagarde). Corinne Lepage, ancienne ministre de l’écologie d’Alain Juppé et le député Vert Noël Mamère sont également présents.

Dans un court texte dans lequel Nicolas Sarkozy n’est pas cité, ils déclarent refuser « toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective » et rappellent « leur attachement aux fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante » ainsi qu’à « l’indépendance de la presse ».

Enfin, les signataires qui souhaitent prendre position « au-delà de leurs divergences » déclarent partager un attachement commun « aux grandes options qui ont guidé depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples, soucieuse de préserver l’indépendance nationale ».

Reconnaissant avoir « sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes », les signataires, en tête desquels figure l’ancien chef de cabinet du général de Gaulle, Pierre Lefranc, s’engagent « à défendre séparément ou ensemble ces impératifs comme toujours ce fut fait au cours de l’histoire de la République ».

Parmi les valeurs qu’ils défendent figurent les « fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante », qui veut répondre aux déclarations du chef de l’Etat sur la place des religions. Ces personnalités rappellent également leur attachement à « l’indépendance de la presse et au pluralisme de l’information ». Une autre critique à peine voilée des relations parfois proches entre Nicolas Sarkozy et les responsables des grands groupes de presse et de médias.

Les dix-sept signataires manifestent également leur volonté d’une « politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l’indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle ». Une attaque qui vise notamment la venue du colonel Kadhafi en France et la politique étrangère du chef de l’Etat.

Communiqué de Dominique de Villepin

Dominique de Villepin a présenté vendredi comme une démarche « de conviction » et non « d’opposition », sa décision de cosigner « l’appel du 14 février pour une vigilance républicaine » avec notamment Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (MoDem).

« Cet appel est pour moi une démarche de conviction et non une démarche d’opposition. J’ai toujours défendu la nécessité d’une vigilance républicaine qui est pour moi essentielle, tout particulièrement dans un temps d’incertitude et de confusion », souligne M. de Villepin dans un communiqué.

Selon lui, « la laïcité est un principe fondamental qui nous permet d’éviter qu’en France, comme on voit à travers le monde, la religion ne soit un facteur de division et d’affrontement ».

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac juge aussi nécessaire une vigilance républicaine pour « l’équilibre de nos institutions qui est une garantie de démocratie, de stabilité et d’efficacité », et pour « la défense de notre indépendance nationale, à l’heure où l’on peut craindre certains infléchissements de notre politique étrangère ».

« Je ne peux transiger sur de tels enjeux qui touchent à l’identité française. Ils méritent un vrai débat et je souhaite qu’une très large majorité de Français puisse se rassembler pour défendre cette vision de la France et de notre idéal républicain », conclut l’ancien chef du gouvernement.

Sources: Agence France Presse, Reuters, Le Monde et Le Figaro

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