Le député villepiniste Jean-Pierre Grand a jugé aujourd’hui que l’imbroglio électoral à Neuilly-sur-Seine, qu’il qualifie de « politique politicienne », est « désastreux, calamiteux en terme d’image » pour l’UMP, et estime qu’il faut « revenir sur les parachutages, refusés par l’électorat ».
Déjà hier, un autre député villepiniste, Georges Tron, avait estimé que le retrait de David Martinon est d’abord le résultat d’une « erreur de diagnostic initiale » : son « parachutage » décidé par « le président de la République lui-même ».
Le pataquès de Neuilly-sur-Seine, ancien fief de Nicolas Sarkozy, exaspère et inquiète les députés de l’UMP, qui font le dos rond en se concentrant sur leur canton ou leur ville, espérant limiter les dégâts lors des élections de mars.
« Ce n’est pas comme ça que les choses doivent se faire », a protesté mardi sur RTL leur chef de file, Jean-François Copé. « Je ne vais pas vous dire qu’il n’y a pas des agacements » parmi les élus, a-t-il ironisé. « Trop c’est trop », déclare-t-il en indiquant avoir été submergé d’appels de députés.
Ils sont « vent debout » contre « ces histoires de gosses de riches » alors qu’ils « rament dans un contexte difficile avec la chute dans les sondages de Nicolas Sarkozy », rapporte-t-on dans le groupe UMP.
« Le pire c’est que les gens sont morts de rire devant ce feuilleton incroyable qui n’en finit pas, c’est dramatique », ajoute-t-on.
Des affaires comme celle de Neuilly, où le porte-parole de l’Elysée David Martinon a été évincé par ses colistiers, dont le propre fils du chef de l’Etat, après y avoir été parachuté par Nicolas Sarkozy, est « un exemple à ne pas suivre », tonne Jacques Myard, député-maire de Maison-Laffite (Yvelines). « Ils devraient baisser de ton à Neuilly, car Neuilly n’est pas le centre du monde », s’indigne-t-il.
« Il faut accepter maintenant la décision prise par l’UMP. On a déjà trop parlé de cette affaire, maintenant il faut calmer les choses », peste Marc Laffineur, vice-président de l’Assemblée nationale.
Les élus villepinistes appuient là où ça fait mal. C’est « désastreux, calamiteux en terme d’image », juge le villepiniste Jean-Pierre Grand.
« Les affaires de Neuilly plombent notre image, c’est très désagréable et pour nous députés qui travaillons au quotidien, cela nuit à notre travail », a déclaré à l’AFP, le député de l’Hérault.
« Ce que nous voulons c’est que notre majorité réussisse mais cette politique politicienne donne de nous une image calamiteuse », s’est-il indigné.
« J’espère que les électeurs comprendront que ce sont les avatars incontrôlables des périodes électorales et qu’ils ne sanctionneront pas l’UMP dans son ensemble », a-t-il ajouté.
« Il faut espérer qu’il n’y a rien d’irréversible », s’inquiète Hervé Mariton. « Il y a eu une vraie tentation au début du mandat de croire que le volontarisme allait tout emporter, c’est plus compliqué, il faut travailler », assure-t-il.
Hier déjà, un autre député UMP villepiniste, Georges Tron, avait estimé que le retrait de David Martinon des municipales à Neuilly-sur-Seine était le résultat d’une « erreur de diagnostic initiale », son « parachutage » décidé par « le président de la République lui-même ».
« La façon dont il avait été investi il y a quelques mois par le président de la République avait choqué. C’était un parachutage et un parachutage qui était véritablement la décision du président de la République lui-même », a déclaré M. Tron sur BFM-TV.
« L’essentiel, c’est de bien comprendre que Martinon, dans cette affaire, a été l’objet d’une erreur de diagnostic initiale », a ajouté le député-maire de Draveil (Essonne) soulignant qu’une campagne municipale doit se faire « avec une relation évidente de proximité avec les habitants » et que « toute tentative pour imposer un candidat quel qu’il soit est vouée à l’échec ».
Echaudés par les remous sur la vie privée du chef de l’Etat, inquiets devant les difficultés économiques et la dégringolade de sa cote de popularité, les députés UMP veulent « passer à autre chose » et « enfin faire leur campagne ».
« Mon problème, c’est qu’on puisse gagner les municipales, avec le nez dans le guidon dans un débat gauche-droite et pas droite-droite », a déclaré M. Copé.
« Mon objectif c’est que le groupe UMP soit un pôle de stabilité politique. Il faut qu’on soit à 100% dans le soutien au gouvernement et en même temps 100% dans le débat et je veux être le garant de ce débat », soutient le député-maire de Meaux, prenant ainsi clairement date pour l’après-municipales.
Source: Agence France Presse