Il y avait fin mai 1.987.200 millions de demandeurs d’emploi, soit une baisse de 24.100 chômeurs en un mois. Le cap symbolique des 2 millions de chômeurs a été franchi.
Avec un reflux de 486.800 chômeurs depuis février 2005 (-20%), le taux de chômage est tombé à 8,1% de la population active, soit le meilleur taux enregistré depuis 25 ans, depuis juin 1982.
Les créations d’emplois dans le secteur privé ont bondi, expliquant en grande partie cette amélioration de la situation sur le marché du travail français (108.000 créations au premier trimestre contre 23.700 au dernier de 2006).
La ministre de l’Economie Christine Lagarde a déclaré dans un communiqué qu’il s’agissait « du plus faible taux de chômage depuis le début des années 1980, il y a plus de 25 ans ». Sur LCI, elle a attribué cette nouvelle baisse à un certain nombre de politiques de l’emploi mises en place par ses prédécesseurs ainsi qu’au « traitement très individualisé du chômage qui a été mis en oeuvre. »
Ce système a permis de recevoir individuellement dans les quatre mois toute personne mise en chômage, « de cibler ses besoins et lors de l’entretien de le réorienter vers la formation puis vers l’emploi pour lequel il est le mieux destiné », a-t-elle expliqué.
« Je pense que cette politique très pointue est en train de porter ses fruits », a ajouté Christine Lagarde.
Malgré « l’évolution vertueuse » du chômage, l’économiste Alexander Law de la société Xerfi a estimé vendredi qu’il n’était « toujours pas possible de se satisfaire de ces résultats », car « la France est l’une des lanternes rouges européennes » alors que « les solutions existent, d’inspiration scandinave ou anglo-saxonne ».
Nicolas Sarkozy, qui trouve le chômage « encore trop haut » et qui vise un taux ramené à 5% en cinq ans, a affirmé vendredi qu’ »il n’y a(vait) aucune raison que les autres pays réussissent et nous non ».
Tout en jugeant que le taux de chômage avoisinerait 8,5% en réalité en mai, « niveau le plus bas depuis le deuxième trimestre 1983″, Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas, a tablé sur la poursuite du recul « dans les prochains mois, les créations d’emplois ayant accéléré depuis début 2007 et les départs en retraite anticipés se poursuivant à un rythme soutenu ».
Les familles restent néanmoins circonspectes sur l’évolution du chômage dans les 12 prochains mois, selon l’enquête de juin de l’Insee sur le moral des ménages.
L’Insee table sur une baisse du chômage en 2007, mais ne se risque pas dans sa note de conjoncture de juin, contrairement à l’habitude, à en évaluer l’ampleur dans l’attente des résultats de son enquête Emploi repoussés de mars à septembre. Or l’écart entre les données Insee et ANPE se serait encore creusé au premier trimestre.
La polémique sur les chiffres du chômage persiste donc, face aux « exclus » des listes de l’ANPE et à la montée de la précarité. Christine Lagarde a donc confié le 19 juin une mission à l’Inspection générale des Finances et à l’Inspection générale des Affaires sociales afin de réaliser un état des lieux des méthodes d’établissement des chiffres du chômage dans les pays européens et en France
Sources: La Tribune et Challenges