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Devant le Conseil économique et social, Dominique de Villepin invite la France de demain à protéger son modèle social

A deux mois de la présidentielle, Dominique de Villepin a fait, lors du premier discours sur l’état social de la Nation, le bilan de son action à Matignon et a invité les futurs dirigeants du pays à préserver, en l’améliorant, le modèle social français.

« Notre pays est à un tournant« , a fait remarquer le Premier ministre devant les membres du Conseil économique et social réunis au palais d’Iéna à Paris.

« Soit il se donne les moyens de poursuivre l’adaptation nécessaire de son modèle social, pour en garantir à la fois les principes et l’efficacité, et dans ce cas nous pourrons espérer le meilleur pour la France. Soit nous en restons à un statu quo à la fois coûteux et irresponsable dont les Français seront les premières victimes« , a-t-il ajouté à l’adresse des candidats engagés dans la course à l’Elysée.

« J’ai pu constater depuis deux ans l’appétit de changement qui existe dans ce pays. J’ai fait l’expérience des réformes réussies, des décisions qui donnent des résultats. J’ai aussi connu l’échec« , a reconnu le chef du gouvernement, un an après la mobilisation contre le Contrat première embauche, qui a sans doute brisé ses propres ambitions présidentielles.

En préambule à son discours, Dominique de Villepin a défendu avec vigueur le modèle social français, « part essentielle de notre histoire et de notre identité« . « Au coeur de ce modèle, il y a un principe de justice et de solidarité auquel nos concitoyens sont profondément attachés », a-t-il souligné.

Rappelant que, sous son action, le taux de chômage est passé de 10,2 à 8,6%, il a de nouveau fixé comme objectif de le ramener à 6% de la population active à l’horizon 2010. Il s’est félicité du dispositif du Contrat nouvelles embauches, qui a permis, a-t-il dit, la création de 50.000 emplois nouveaux « avec un coût nul pour les finances publiques ».

Au chapitre des « progrès à faire pour garantir la pérennité de notre modèle social », Dominique de Villepin a donné sa vision de ce qu’il a baptisé la « flexisécurité à la française« .

Elle consiste d’abord à faire évoluer le droit et le contrat de travail par « la négociation et la concertation, avec le souci permanent de développer l’emploi et en veillant à ne pas fragiliser la situation des salariés« .

Deuxième axe : réformer le dispositif de formation professionnelle. « Un système qui coûte près de 30 milliards d’euros aux Français doit être d’une efficacité irréprochable », a souligné le chef du gouvernement, qui a aussi plaidé pour une réforme du service public de l’emploi via une fusion de l’ANPE et de l’Unedic, comme l’a proposé Jacques Chirac.

Dominique de Villepin a invité à s’attaquer au problème des minima sociaux avec l’idée de « valoriser le travail plutôt que l’assistance« . Un « suivi renforcé » du contrôle de la recherche d’emploi doit s’accompagner d’une modification du système d’allocations chômage « afin de le rendre plus incitatif à la reprise d’emploi« , a-t-il dit.

Pour ce qui est des salaires, le Premier ministre a plaidé pour une « négociation au niveau des branches, qui permettrait à la fois de relever régulièrement le niveau du salaire minimal et d’accélérer la dynamique des salaires ». « Car notre objectif final, ce n’est pas d’avoir toujours plus de salariés au niveau du smic. C’est au contraire de tirer tous les salaires vers le haut », a-t-il dit.

Il a proposé de doubler la prime pour l’emploi (de 80 à 160 euros par mois) « pour les salariés qui ont aujourd’hui les problèmes de pouvoir d’achat les plus lourds ».

Après avoir demandé de donner priorité à l’emploi des femmes, des jeunes, et à la lutte contre les discriminations à l’embauche, le Premier ministre a consacré un long chapitre à la question du vieillissement de la population.

Le financement du risque de dépendance, la lutte contre les maladies neurodégénératives, l’amélioration du système de santé, mais aussi l’emploi des seniors devront, selon lui, être en tête de la feuille de route des futurs dirigeants de la France.

Source: Reuters

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