Resté stable en octobre, le chômage, qui reflue de manière quasi continue depuis février 2005, est reparti à la baisse en novembre. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 a diminué de 10 % en un an, passant de 2 346 000 à 2 112 300, et le taux de chômage a reculé d’un point à 8,7 %, selon les statistiques du ministère de l’emploi publiées jeudi 28 décembre.
En novembre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1, qui sert de baromètre officiel du chômage, a diminué de 0,8 point, soit 17 400 chômeurs de moins. Ce recul a bénéficié à tous : jeunes et seniors, hommes et femmes, chômeurs de longue durée.
« L’objectif de passer sous la barre des 9 % a été tenu. Nous avons le sentiment d’être plutôt sur une tendance vertueuse, même si nous ne sommes pas à l’abri d’un mauvais mois », s’est félicité Jean-Louis Borloo, jeudi, lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’emploi et de la cohésion sociale estime possible de « passer sous le seuil des 8 % en 2007« .
Vingt et un mois auront été nécessaires aux gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin pour ramener le taux de chômage de 10,1 % à 8,7 %. Le gouvernement Jospin l’avait fait passer de 10,1 % à 8,6 % en quinze mois – le taux de chômage étant ensuite remonté à 9 % – mais avec une croissance frisant les 4 % et près de 600 000 créations net d’emploi salarié. On en est loin aujourd’hui : le produit intérieur brut (PIB) n’a progressé que de 1,2 % en 2005 et de 2,1 % en 2006. Quant aux créations net d’emploi salarié, il n’y en a eu que 243 300 entre décembre 2004 et octobre 2006.
Pour expliquer la baisse du chômage dans une conjoncture assez médiocre, M. Borloo avance les effets de son plan de cohésion sociale : la relance de l’apprentissage, le dynamisme du contrat de professionnalisation (125 600 entrées depuis janvier), l’accompagnement des publics les plus éloignés de l’emploi avec, cette année, 80 000 nouveaux contrats initiative emploi (CIE), 107 000 contrats d’avenir, plus de 250 000 contrats d’accompagnement vers l’emploi (CAE) et 300 000 contrats d’insertion dans la vie sociale (Civis) pour les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme.
Le ministre a fait état des progrès accomplis par l’ANPE pour rapprocher l’offre et la demande d’emploi, du succès de la convention de reclassement personnalisé pour les licenciés économiques, du dynamisme du bâtiment et des services à la personne. Ce secteur, qui s’est professionnalisé sous son impulsion, employait, pour des durées variables, 1 516 000 personnes en novembre, soit 130 000 de plus que l’année précédente. M. Borloo a aussi évoqué le développement du contrat nouvelles embauches (CNE), annoncé en juin 2005 par M. de Villepin, et dont il n’a jamais été un farouche partisan (…).
Source: Claire Guélaud (Le Monde)