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Bonne Année 2011, Monsieur de Villepin !

Bonne Année 2011 à chacune des lectrices et à chacun des lecteurs de ce blog qui a reçu 180 000 visites en 2010, en provenance de 150 pays.

Bonne Année 2011 à vous, Monsieur de Villepin, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers.

L’année 2010 qui s’achève a été pour les Français une année de souffrance et de désespérance, et pour la France une année de division.

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Souffrance pour les Français qui ont continué de subir les effets de la crise économique.

Bien qu’espérée, l’amélioration sur le front de l’emploi ne s’est pas produite. La vérité des chiffres est là, plus puissante que tous les discours et toutes les campagnes de communication gouvernementale: plus de 4 millions de nos concitoyens sont aujourd’hui inscrits sur les liste de Pôle Emploi, soit une hausse de 5% par rapport à la fin de l’année 2009.

Plus grave encore, le fait d’avoir un emploi ne constitue pas un rempart contre l’engrenage du déclassement et de la précarité: le Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, estimait en début d’année que pour 15 millions de Français, les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près.

A toutes ces souffrances individuelles s’ajoute une désespérance collective.

Celle d’une Nation dont l’Etat est criblé de dettes et dont le budget atteint des déficits records, en raison du poids de la crise économique mondiale mais aussi des décisions budgétaires hasardeuses qui ont été prises au début de ce quinquennat.

Celle d’un Pays, récemment paralysé par quelques centimètres de neige et dont les pouvoirs, publics ou privés, ne parviennent plus à saler les autoroutes, faire circuler les trains, décoller les avions ou dégager l’accès à des villes pourtant situées à quelques kilomètres de Paris. Comme si à travers cet épisode symbolique, preuve était faite que l’Etat, au sens large, est désormais aux abonnés absents: il ne contrôle plus rien, ne peut plus rien et ne répond plus de rien.

Celle d’une Jeunesse en manque de reconnaissance et de confiance, soucieuse d’obtenir des diplômes véritablement qualifiants et submergée par l’énorme difficulté qui est la sienne pour décrocher un premier emploi en entreprise.

Celle d’un Peuple inquiet pour la préservation de l’emploi, pour sa sécurité, pour son accès au logement, pour sa santé ou pour la protection de son environnement, et qui constate que les promesses de campagne de 2007 n’ont débouché sur aucun amélioration concrète au quotidien. Tant de communication pour si peu de résultats !

Celle d’une grande Patrie, la Patrie des Lumières qui a jadis inventé les Droits de l’Homme, mais dont la voix singulière peine aujourd’hui à se faire entendre sur la scène internationale. Quel message la France porte-t-elle aujourd’hui au Monde? Quel rôle joue-t-elle dans ce Nouveau Monde qui se dessine sous nos yeux?

De quelque côté qu’ils regardent, les Français sont aujourd’hui seuls face à leur désespérance, incapables de prendre leur destin individuel et collectif en main, impuissants et inaudibles dans la mondialisation.

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Alors que la situation exige du Président de la République de rassembler la Nation, celui-ci, au contraire, n’a eu de cesse de la diviser.

Le discours de Grenoble que vous avez fort opportunément qualifié de « tache de honte sur notre drapeau« , constitue, hélas, le paroxysme de cette manipulation.

Il marque pour nous, Républicains solidaires, une attaque au principe Constitutionnel fondamental « d’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Opposant les Français les uns aux autres, privilégiant l’intérêt de ses électeurs à l’intérêt général, plus soucieux de son cercle d’amis que de la communauté nationale, écoutant sa Cour plus que son Peuple: voilà tel qu’apparaît aujourd’hui le Président de la République, en opposition avec ce que devrait pourtant être l’esprit de sa fonction.

La réforme des retraites, présentée comme l’une des réformes les plus emblématiques du quinquennat, illustre d’ailleurs bien une méthode de gouvernement fondée sur le mépris et le refus dogmatique de toute négociation face à une mobilisation pourtant forte et répétitive de la rue.

Si la réforme (avec un petit « r ») a bel et bien été adoptée, n’est-ce pas la Réforme (avec un grand « R ») qui semble désormais impossible en France, dans une République divisée, écartelée et incapable tant de consensus que de compromis?

Oui, assurément, la France a besoin d’une autre vision, d’un autre souffle, d’une autre ambition.

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Dans ce contexte, Monsieur de Villepin, la naissance de République Solidaire le 19 juin dernier a clairement signalé votre volonté personnelle de rassemblement des Françaises et des Français, afin de proposer une alternative républicaine lors des élections de 2012.

L’enthousiasme qui a caractérisé le premier Conseil National du mouvement, le 4 décembre dernier, témoigne de l’immense travail accompli en peu de temps par Brigitte Girardin et par l’équipe de bénévoles qu’elle a su constituer, ainsi naturellement que de l’espoir que suscite votre démarche.

Car les Français en prennent de plus en plus clairement conscience: de par votre expérience de diplomate, de serviteur de l’Etat et de Ministre, de par votre bilan comme Premier Ministre de 2005 à 2007, de par votre éloignement du pouvoir depuis le début du quinquennat, vous êtes, Monsieur de Villepin, le plus à même de tracer ce nouveau chemin pour la France.

En 2011, plus que jamais, les Français attendront de vous de définir un projet porteur d’ambition et d’espérance collective et de le décliner à leur rencontre, aux quatre coins du pays.

Comme vous, nous pensons que ce projet doit être un projet de Refondation Républicaine.

Refonder la République, c’est d’abord renouer avec nos principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité, notamment en rétablissant l’autorité de l’Etat aujourd’hui si souvent affaiblie ou contestée.

Refonder la République, c’est ensuite remettre l’idée de justice sociale au coeur de toute réforme, afin que tout effort nécessaire soit équitablement partagé et que les populations les plus fragiles soient soutenues dans le cadre d’une République véritablement solidaire.

Refonder la République, c’est enfin remettre en valeur les atouts, les ressources et les énergies dont recèlent notre tissu industriel et nos territoires.

Ainsi réconciliée avec elle-même et refermant la parenthèse d’un quinquennat perdu, nous pensons que la France sera en position de peser davantage sur
la scène internationale pour offrir à nouveau au Monde son message à la fois singulier et universel.

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Monsieur de Villepin,

A vos côtés depuis novembre 2005, le blog 2villepin poursuivra sa mission jusqu’à son terme.

Modestement, discrètement mais avec la même détermination, avec Pierre-André qui, depuis septembre dernier, assure l’animation du blog en semaine, nous serons, nous aussi, à vos côtés tout au long de cette nouvelle année.

Pour qu’avec vous continue de vivre une certaine idée de la République, une certaine idée de la France.

Et pour qu’avec vous renaisse une Ambition Française.

Bonne et Heureuse Année 2011 !

Fred

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