Sur son blog, Jean-Pierre Grand réagit aux récentes provocations de Marine Le Pen ainsi qu’à sa popularité dans les récents sondages d’opinion.
« Qui pensait que le Front National pouvait s’éloigner de l’idéologie, du discours et du langage de l’extrême droite ?
Dans la majorité certains s’en étonnent, ou font semblant de s’étonner, de la popularité de Marine LE PEN dans les sondages.
Soyons lucides, tout a été fait pour que l’on se retrouve dans cette situation.
Ouvrir un débat sur l’identité nationale, tenir à tout propos des discours sécuritaires, stigmatiser l’immigré devenu bouc émissaire de tous les maux de notre société, opposer et diviser les catégories de français entre elles, ne pouvait avoir que des conséquences moralement et politiquement dévastatrices.
Notre majorité a perdu la confiance et le soutien d’un grand nombre de nos concitoyens attachés à l’image de la France, terre d’asile et patrie des Droits de l’Homme.
Combien avons-nous heurté et inquiété de français issus de l’immigration en ouvrant la possibilité de remise en cause de leur nationalité.
Ce comportement, cette politique devaient affaiblir le FN. Au contraire, cela a banalisé et légitimé son discours.
Notre gouvernance économique et sociale, où le dogmatisme libéral a pris le pas sur les fondements du gaullisme social, est ressentie par le plus grand nombre de nos compatriotes comme une politique injuste qui fragilise et exclut.
Le chômage de masse, la précarité en progression, la faiblesse du pouvoir d’achat, les difficultés de tous ordres rencontrées par les français contribuent mécaniquement à renforcer le discours populiste du FN.
Soyons lucides. A ceci s’ajoute le dysfonctionnement institutionnel de la Nation, l’image d’un PS et de l’UMP totalement concentrés sur l’élection présidentielle, les « affaires » qui créent un climat délétère, tout cela fait que des pans entiers de la population se tournent vers les extrêmes, comme le malade incurable vers le guérisseur.
Désormais, nous n’apparaissons plus comme les garants des grandes valeurs qui fondent la République.
Je suis de ceux qui pensent que, malheureusement, ce cours des choses ne s’inversera plus dans ce quinquennat. »
Source: Blog de Jean-Pierre Grand