L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a estimé que la déchéance de la nationalité menaçant tout étranger attentant à la vie d’un dépositaire de l’autorité publique est un calcul politicien.
« Qui va croire que la déchéance de nationalité, qui va peut-être concerner un cas par an, va régler quoi que ce soit en matière d’insécurité », s’est-il interrogé dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Valeurs actuelles » de jeudi.
Pour le président du tout nouveau parti « République solidaire », cette déchéance de la nationalité, contenue dans le projet de loi sur l’immigration, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 12 octobre, n’était pas nécessaire, tout comme la loi sur la burqa.
Cette mesure (déchéance) établit, une « distinction aussi odieuse que scandaleuse entre citoyens français et les citoyens d’origine étrangère », a indiqué De Villepin selon lequel « on voit bien le calcul politicien qui se cache derrière ces mesures ».
« Au lieu de concentrer notre énergie pour faire face à nos difficultés économiques et sociales, nous mettons en place des stratégies idéologiques partisanes qui nous divisent et nous affaiblissent. Sans rétablir l’ordre pour autant », a-t-il regretté.
Et De Villepin d’affirmer que ce « choix constant de l’idéologie conduit à bloquer notre pays. C’est manifeste dans la réforme des retraites », dont la loi, qui doit être adoptée sous peu par le Sénat, a été à l’origine de grèves reconductibles à l’appel de plusieurs syndicats.
Invité à se prononcer sur les « leçons » à tirer des trois années d’exercice du président Sarkozy, il a dit espérer que cette « expérience se limitera à une parenthèse ».
Selon lui, « nous avons besoin de revenir à un équilibre institutionnel entre le président de la République et le premier ministre, entre l’exécutif et le Parlement. Actuellement, le Parlement n’est pas en mesure de jouer son rôle ».
Source: Atlas Info