Dominique de Villepin, Président de République Solidaire, était, ce dimanche, l’invité de Nicolas Demorand sur France 5 dans C Politique. Vous pourrez revoir l’émission pendant 15 jours en cliquant ici.
Dominique de Villepin a appelé à un « compromis » pour le projet de loi sur les retraites, portant sur une « correction » ou même un « effacement » du relèvement de 65 à 67 ans de l’âge auquel on pourra partir avec une retraite sans décote, selon la réforme du gouvernement.
Retraites: Villepin appelle à un « compromis » sur le passage de 65 à 67 ans
« Il y a deux mesures d’âge importantes 60-62 ans, c’est le report de l’âge légal de départ à la retraite et 65-67 ans pour partir sans décote avec une retraite à taux plein, je pense que le deuxième seuil pourrait être largement corrigé, voire même effacé, dans la mesure où c’est la source de la plus grande injustice », a déclaré l’ancien premier ministre, invité de « C’Politique » sur France 5.
« Pour ce qui concerne tous ceux qui ont connu la précarité, des carrières incomplètes et en particulier les femmes, 50% des femmes ont des carrières incomplètes, il y a là je crois l’espace que pourrait offrir un compromis en matière de retraite », a-t-il poursuivi.
Selon M. de Villepin, « le choix aujourd’hui est ouvert entre soit maintenir une position ferme, dure, rester droit dans ses bottes, ou au contraire montrer qu’on a entendu le mécontentement qui va très au-delà des manifestants, la frustration qui existe chez les Français, voire même une certaine dépression dans le pays, et donc faire quelques gestes qui soient susceptibles de marquer l’apaisement ».
« Mon sentiment c’est que cette réforme offre aujourd’hui la possibilité d’un compromis », a-t-il dit.
Interrogé sur ce que pourrait dire ce dimanche soir le Premier ministre François Fillon, M. de Villepin a répondu qu’il y avait « des moments où on peut saisir une opportunité », la discussion continuant de courir au Sénat.
« Si l’on voulait s’assurer que cette réforme puisse effectivement passer, voire être mieux comprise qu’elle ne l’est, il faudrait des gestes supplémentaires », a-t-il dit.
Il a reproché à la réforme gouvernementale un « manque de volet emploi » (jeunes, seniors), et l’absence, selon lui, du « grand projet de société que nous attendions (…), une retraite par points, une retraite à la carte (…), il y avait là la possibilité peut-être de plus d’audace qui aurait rassuré les Français pour l’avenir ».
Source: Agence France Presse
Villepin: il sera « très difficile » pour Sarkozy de « se refaire » d’ici à 2012
Dominique de Villepin a affirmé dimanche qu’ »il sera très difficile » pour Nicolas Sarkozy « de se refaire » d’ici à la présidentielle de 2012, lui reprochant notamment de ne pas être passé d’une « personne à l’incarnation d’une nation ».
« Ce sera très difficile pour lui de se refaire, il part avec un assez lourd handicap, y compris dans ma famille politique », a déclaré l’ancien Premier ministre UMP, invité de « C’Politique » sur France 5.
« J’avais souhaité que Nicolas Sarkozy puisse connaître la même métamorphose » que François Mitterrand ou Jacques Chirac, « c’est-à-dire passer d’une personne à l’incarnation d’une nation, c’est un travail très difficile, je ne vois pas cette transformation et je m’inquiète », a ajouté M. de Villepin.
Invité à dire si M. Sarkozy était le meilleur candidat à droite pour 2012, il a estimé qu’ »aujourd’hui le positionnement qui est le sien et le regard des Français ne doivent pas beaucoup le favoriser (…) c’est sans doute l’un des enjeux du choix du prochain Premier ministre ».
Selon lui, M. Sarkozy « a initié une séquence depuis l’été avec dans un premier temps un durcissement en matière de sécurité puis la volonté de tenir jusqu’au bout droit dans ses bottes sur la réforme des retraites, cette séquence paraît pour le moins compromise ».
Pour l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, « nous pouvons très bien nous retrouver avec un président affaibli dans les deux dernières années de son mandat et voir des personnalités à droite, y compris le prochain Premier ministre, qui serait susceptible alors de porter davantage ces espérances » (celles de la droite).
Selon lui, « Nicolas Sarkozy a choisi de se renforcer en divisant les Français par une activation du clivage droite-gauche, c’est un choix qui lui revient en jouant le tout sécuritaire, en jouant la réforme aveugle jusqu’au bout ».
M. de Villepin a « souhaité une autre politique et donc une alternative politique à la politique qui a été menée ».
Une réconciliation était-elle possible avec Nicolas Sarkozy? « Humainement, je le souhaite », a-t-il a répondu.
Il a répété que « manifestement » Jean-Louis Borloo « se prépar(ait) » à être Premier ministre. « C’est une personnalité originale, atypique, qui a une expérience de la politique (…) mais dans mon esprit il y a une condition, c’est qu’il puisse avoir la latitude de la part du président de la République pour exercer sa fonction (…), j’en doute, mais je le souhaite ».
Source: Agence France Presse