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Dominique de Villepin dans Dimanche + et sur France Info

Dominique de Villepin était, ce dimanche, l’invité d’Anne-Sophie Lapix dans Dimanche + sur Canal +.

Sur l’affaire Clearstream, il a dénoncé « l’immixtion du président de la République dans le dossier (Clearstream) qui en fausse le traitement ». « Ce que nous vivons, c’est une série télévisée: à chaque fois que la vérité s’approche, eh bien il y a un nouvel épisode du feuilleton. Eh bien écoutez, soyons patients: dans quelques jours, nous connaîtrons la vérité et elle réservera, j’en suis sûr, quelques surprises », a affirmé Dominique de Villepin.

L’ancien Premier Ministre a également parlé de la crise économique, des bonus des traders, de la taxe carbone, de la situation en Afghanistan et de son positionnement politique.

Dominique de Villepin a répondu ce matin aux questions de Raphaëlle Duchemin sur France Info: « On présente aux Français depuis des mois des histoires, des histoires des histoires. Et, la justice c’est justement la vérité des faits et la vérité du droit. Et je suis heureux qu’on en revienne tout naturellement dans quelques jours aux faits et au droit », a déclaré Dominique de Villepin.

« Je n’ai rien à me reprocher (…) et c’est le cœur très léger que je me rendrai au Palais de justice », a-t-il assuré.


Le verbatim de l’intervention de Dominique de Villepin dans Dimanche +

Sur Clearstream

« Je n’ai pas de jugement à porter sur la justice. Vous savez, l’affaire qui va donner lieu à un procès dans quelques jours, c’est une affaire assez particulière. On a raconté une histoire. Ce n’est pas cette histoire qui est la véritable histoire. Donc nous aurons l’occasion lors de ce procès (…) de mettre à jour la vérité.

C’est une histoire singulière, il faut le rappeler. Puisque dans ce procès, il y a le Président de la République comme partie civile et en même temps, Président de la République multipliant les interventions (…) y compris au Brésil.

Le Président de la République, selon la règle constitutionnelle, a le droit d’être en même temps partie civile. C’est étrange, mais c’est comme ça et je ne le conteste pas. Par contre, quand on est partie civile et Président de la République, on a des devoirs. On doit faire preuve de retenue. On n’a pas à s’exprimer sur un dossier. (…) Il a multiplié les interventions et quand vous dites, même des choses en apparence anodines, écoutez, ça pèse sur un dossier. »

Constatons que sur les listes de Clearstream et cette falsification scandaleuse, il y a eu des centaines de noms. Donc cette affaire ne peut pas être confisquée par une seule partie civile, fusse Nicolas Sarkozy. (…) Deuxièmement, il n’a jamais été sali dans cette affaire. Il n’y a pas eu un article de presse. (…) Son nom n’apparaît pas en tant que tel dans les listings. (…)

Ce qui est clair, c’est qu’il y a une confusion des genres et il y a une immixtion du Président de la République dans ce dossier, qui en fausse, à mon sens, le traitement. (…)

Ce que je souhaite, c’est qu’on laisse faire la justice. Le procès va avoir lieu dans quelques jours. Je fais la part des choses. Il y a un avant-procès qui se déroule dans des conditions de passion. (…) Nous avons encore, il y a quelques jours, appris qu’une instruction parallèle avait été menée sur ce dossier. Nous avons des pseudo-révélations qui viennent occuper la une des journaux. (…) C’est inédit, Madame Lapix. Si tout était si clair, chacun garderait son calme et chacun se garderait de vouloir jouer devant l’opinion ce qui doit se jouer devant la justice. Donc laissons faire la justice. (…)

Laissons à ceux qui ont à juger le soin de juger. Ils feront ce qu’il convient de faire. Et ce que je peux vous dire, c’est que la vérité l’emportera. Personne plus que moi ne souhaite que cette vérité apparaisse. (…)

Dans la mesure où on veut ramener cette affaire à une rivalité entre Nicolas Sarkozy et moi, on voit bien qu’on veut en faire un procès politique. Je refuse. J’aurais pu, vous savez, utiliser beaucoup d’artifices de procédures, dénoncer toute une série de manipulations qui se sont multipliées au cours des années. Ce que nous vivons, c’est une série télévisée: à chaque fois que la vérité s’approche, eh bien il y a un nouvel épisode du feuilleton. Eh bien écoutez, soyons patients: dans quelques jours, nous connaîtrons la vérité et elle réservera, j’en suis sûr, quelques surprises. »

Sur la crise économique

« Que l’Etat se mobilise à tous les échelons, au niveau national, au niveau local, c’est la politique que j’ai défendue avec le patriotisme économique. Donc je ne peux que saluer une très forte mobilisation. Il faut rappeler que pour être efficace, il faut que ce soit une véritable stratégie globale. On ne se réveille pas quand les choses commencent à aller mal. (…)

C’est très difficile et c’est pour cela que j’appelle de mes voeux une vraie politique industrielle, une vraie politique de compétitivité et d’innovation. On avait mis en place les outils, entre 2005 et 2007, les pôles de compétitivité, l’agence de l’innovation. (…) Si on avait poursuivi dans cette voie, on aurait peut-être trouvé des outils qui seraient aujourd’hui très utiles, dans la période actuelle. Donc je le redis: c’est la constance, c’est la détermination, c’est le rassemblement et je me réjouis que chacun trouve sa place dans ce combat. »

Sur les bonus des traders

« Je crois que sur la régulation financière, commencer par les bonus, encadrer ces bonus, c’est donner un signal fort à la communauté internationale. Et je crois que sur la méthode, avoir été capable de mobiliser l’Allemagne, mobiliser l’Angleterre, avec cette masse critique, essayer de convaincre les Américains, c’est effectivement s’engager dans une voie qui peut permettre de changer les choses. L’objectif, parce qu’il faut être ambitieux dans ce domaine, c’est bien une meilleure répartition des revenus, une meilleure répartition de la richesse entre le capital et le travail. »

Sur la taxe carbone

« C’est effectivement une décision importante qui est prise par le Président de la République et par la France, parce que cela va infléchir, modifier les comportements. Alors ce sont les premiers pas d’une fiscalité verte. Il est normal que ça s’accompagne d’un certain nombre de difficultés.

Il faut beaucoup d’explications et c’est vrai que dans les arbitrages, dans les modalités, il y a un certain nombre d’éléments qui tardent à venir (…) notamment apporter une garantie en matière sociale et puis surtout s’assurer de l’efficacité de cette taxe. Parce que le fait que la France, toute seule, se mobilise avec cette taxe ne garantit pas son efficacité. Donc il faut que l’Europe suive, il faut que la communauté internationale suive.

C’est une affaire de longue haleine, mais c’est très important, tant en ce qui concerne l’écologie que pour la régulation économique et financière mondiale, que nous redessinions ce qui va constituer cette nouvelle configuration mondiale. »

Sur l’Afghanistan

« Les drames que nous avons connus qui ont affecté tant de jeunes soldats français vont continuer et se multiplier. Nous avons décidé, au lendemain du 11 septembre 2001, d’aller en Afghanistan pour tenter d’arrêter Al Quaeda et le terrorisme. Et cette opération, au fil des années, s’est retournée contre nous. (…) On avait eu raison d’y aller, mais il fallait savoir partir et mettre en place des dispositifs de coopération économique et sociale, et y compris peut-être sur le plan de la formation des armées, qui permettent justement à nos pays de partir en montrant que nous n’étions pas là pour nous, mais que nous étions là pour aider le peuple afghan. Aujourd’hui, le peuple afghan doute.

En 2006-2007 quand j’étais Premier Ministre, avec Jacques Chirac, nous avions engagé le retrait des troupes françaises et notamment des forces spéciales. Le calendrier était engagé. (…) En fonction de l’évolution, nous aurions adapté ce calendrier. (…) Il y a une règle: quand vous intervenez dans un pays étranger, il faut organiser très tôt le retrait, sans quoi vous êtes considéré comme une force d’occupation. Il n’y a pas de solution militaire.

Aujourd’hui, il faut un électrochoc en Afghanistan qui passe par ce calendrier de retrait qui permettra quoi? Deux choses: d’abord aux Afghans de prendre en main leur propre destin: c’est leur responsabilité, et deuxièmement, à l’ensemble des pays de la région qui aujourd’hui se jouent de cette situation (regardons ce qui se passe en Afghanistan, en Iran et partout dans la région), il faut que chacun se mobilise en se disant: « eh bien, c’est notre avenir qui se joue ». Donc soyons à notre place et que ces pays soient à la leur. »

Sur les alliances partisanes

« Je n’ai jamais eu aucun goût pour les jeux partisans. (…) Je défends les principes. (…) Je ne suis pas un homme de co
nstruction. Moi, ce qui m’intéresse, c’est les convictions, c’est l’action et c’est mon pays. (…) J’appartiens à une famille politique et je suis une alternative au sein de cette famille. (…) Vous savez, une alternative, c’est fait pour proposer des idées, c’est fait pour préparer l’avenir. Donc il s’agit véritablement d’être à sa place. C’est mon cas.

La vie politique, elle est faite d’épreuves. (…) Il faut être capable de traverser ces épreuves et de les surmonter pour en être plus fort. (…)

J’ai l’amitié de tous ceux qui m’accompagnent depuis des années. C’est vrai en politique, c’est vrai sur le plan personnel, c’est vrai sur le plan familial. Mais vous savez, la vie m’a comblé. Donc je n’éprouve que de la gratitude par rapport à tout ce que j’ai reçu. Eh croyez bien que, dans ces moments-là que l’on traverse, moi, c’est cette gratitude que je retiens et c’est comme ça que je regarde vers l’avenir. »

Vous pouvez revoir l’émission en cliquant ici.

A voir également: les confidences de Dominique de Villepin.

Dominique de Villepin sur France Info

Dominique de Villepin a répondu ce matin aux questions de Raphaëlle Duchemin sur France Info.

« J’attends tranquillement que s’ouvre ce procès et c’est le coeur très, très léger que je me rendrai au palais de justice », a-t-il expliqué.

« La vérité, c’est pas le concours Lépine de la plus belle histoire, c’est pas le meilleur scénario », a souligné Dominique de Villepin. « On présente aux Français depuis des mois des histoires, des histoires, des histoires. Et la justice, c’est justement la vérité des faits et la vérité du droit ».

« Je suis heureux qu’on en revienne tout naturellement dans quelques jours aux faits et au droit », a-t-il poursuivi.

« Je n’ai rien à me reprocher (…) et c’est le cœur très léger que je me rendrai au Palais de justice », a-t-il assuré.

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