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Dominique de Villepin sur LCI et TV5

Dominique de Villepin a estimé mercredi matin sur LCI que « l’ouverture réduite au débauchage » était une pratique « dangereuse » qui « abaisse » le pouvoir.

Afrique, Iran, déficits publics, Europe, intervention de Nicolas Sarkozy devant le Congrès, remaniement gouvernemental, poursuite de l’ouverture, « désir d’élection »: retrouvez dans ce billet les principales déclarations de Dominique de Villepin.

Interrogé aujourd’hui par la presse parlementaire, l’ancien Premier Ministre Alain Juppé a par ailleurs déclaré que Dominique de Villepin a une « stature » et une « envie » présidentielle et qu’il doit donc se « donner les moyens » de son ambition.

Enfin, notez que Dominique de Villepin a été à 18h20 l’invité de Patrick Simonin sur TV5:




Dominique de Villepin sur LCI

Sur l’Afrique

« La France doit s’adapter. La France a besoin de l’Afrique. La France aime l’Afrique. Elle a des devoirs aussi vis-à-vis de l’Afrique. Donc à nous de nous adresser peut-être davantage aux peuples, de défendre des grands projets qui auront des résultats. (…) Aujourd’hui, notre aide à l’Afrique se résume à bien peu de choses, essentiellement des remises de dettes. Nous avons à établir un partenariat avec l’Afrique. Donc, je pense qu’il y a là un message de frustration qui s’exprime à l’endroit de la France. Il y a besoin de renouveler notre politique africaine. (…) Il faut une volonté française, une énergie française. Nicolas Sarkozy a marqué sa volonté de tourner une page. Je crois qu’il faut aller encore plus loin. »

Sur l’Iran

« Nous avons un choix devant nous. Soit nous ne faisons rien face à un risque de radicalisation de l’Iran et un risque de radicalisation de la situation au Moyen-Orient et nous aurons plus de tensions, plus de violences et sans doute encore moins de prise sur l’avenir de ce pays et de cette région. Soit nous comprenons qu’il y a aujourd’hui la possibilité d’adresser un message très fort aux peuples. Et aujourd’hui, adresser un message très fort aux peuples du Moyen Orient et de l’Iran, c’est aller dans le sens de la proposition. Nous devons nourrir le dialogue. Nous devons montrer que les dirigeants de l’Iran doivent évoluer, doivent s’adapter. Pour cela, il ne s’agit pas de fermer la porte, il ne s’agit pas uniquement de durcir le ton, même s’il faut faire preuve de fermeté. Proposons. Rendons impossible par le régime de Téhéran le refus de propositions fortes qui allègeront la souffrance du peuple iranien. (…) Vous savez, cette région, elle souffre d’abord de l’injustice. Elle souffre du « deux poids, deux mesures » des pays occidentaux depuis des décennies. Nous n’avons pas fait grand chose pour la création d’un Etat palestinien. Nous n’avons pas fait grand chose pour régler, panser les plaies dans cette région. Si nous marquons notre vraie volonté d’offrir un avenir à l’Iran, une reconnaissance (ne négligeons pas le besoin d’identité et de reconnaissance du peuple persan): aujourd’hui si nous allons dans ce sens-là, si nous faisons miroiter qu’il y a une autre politique possible, un autre avenir possible, nous ferons évoluer les mentalités à la fois des populations, mais aussi des dirigeants qui sont confrontés à un dilemme extraordinairement douloureux. »

Sur les déficits publics

« Un déficit qui a triplé par rapport à l’époque où j’étais Premier Ministre. Il faut donc que nous soyons vigilants dans ce domaine, tout simplement parce qu’il sera plus difficile de repartir, de nous positionner parmi les Etats qui profiteront de la sortie de crise si nous avons les deux pieds dans le béton, alourdis par cette dette publique qui pèsera sur les générations ou nous obligera à recourir à l’impôt. »

Sur l’Europe

« Nous avons besoin d’une convergence sociale plus grande et d’une harmonisation fiscale plus grande. Et c’est en celà que l’Euro souffre des tensions et des inégalités de situation. (…) Faisons en sorte qu’il y ait davantage de coordination économique, faisons en sorte qu’il y ait un embryon de politique économique européenne et alors, ce sera le meilleur de l’Europe qui sera au rendez-vous. »

Sur l’intervention de Nicolas Sarkozy devant le Congrès

« Ce que je souhaite, c’est qu’après deux années d’exercice du pouvoir, les Français puissent avoir clairement l’analyse politique que le Président fait: qu’est-ce qui a marché? qu’est-ce qui n’a pas marché? Son bilan, et à partir de ce bilan, eh bien, les priorités de l’action qu’il va mener. Vous savez, nous avons besoin de visibilité. Les Français ont besoin de confiance. Ils ont besoin de comprendre où on les emmène. Pour comprendre, il faut savoir exactement ce qui se passe. La reprise économique, c’est pas au coin de la rue. La reprise économique, c’est quelque chose qui se construit. Nous sommes dans un monde de compétition, y compris dans la crise. Certains Etats seront plus réactifs que d’autres. Je veux que la France soit dans les premiers. La partie n’est pas gagnée. »

Sur le remaniement gouvernemental

« Vous savez, moi je suis depuis toujours un partisan de l’électrochoc. Un bon gouvernement, c’est un gouvernement ardent, enthousiaste et uni. Et je pense que sans doute le président aurait été bien inspiré de suivre le conseil qu’il avait donné de juger ses ministres aux résultats. Ça n’a pas été fait tout au long de ses deux années. Je pense qu’un exemple aurait pu servir. Je crois qu’il s’agit maintenant de savoir ce que l’on veut. Est-ce qu’on veut une équipe mobilisée? Est-ce qu’on veut éviter les couacs qui ont été nombreux? Est-ce que l’on veut des ministres qui regardent vers l’avant? Est-ce qu’on veut des ministres forts et responsables? On voit bien que le pouvoir s’est déplacé de Matignon et du gouvernement vers l’Elysée. Je crois qu’il y a des choix sur le plan institutionnel, sur la pratique institutionnelle qui sont très importants pour les résultats que l’on espère et que l’on attend tous. »

Sur l’ouverture

« Moi je suis pour l’ouverture, l’ouverture aux idées, l’ouverture aux sensibilités différentes, une ouverture qui vous enrichit, pas une ouverture qui se résume à diviser l’adversaire. L’ouverture réduite au débauchage, elle est dangereuse, parce qu’elle vous laisse espérer que la faiblesse de votre adversaire sera votre force. Moi je crois qu’on est fort quand on marque des points au service des Français. Donc il y a une philosophie de l’ouverture qui est dangereuse parce qu’elle vous abaisse. »

« Un désir d’élection »

« Soyons francs. J’ai un désir d’élection. On m’a suffisamment reproché, y compris dans ma famille, de ne pas être élu pour que j’affirme ma volonté de me présenter devant les électeurs. Non seulement je ne le crains pas, mais je le souhaite. Et une fois de plus, nous verrons le moment et le lieu. (…) Je suis fidèle à ma famille politique et tout à fait désireux de travailler dans le cadre de cette majorité, en offrant une alternative politique. Il ne s’agit pas d’offrir une alternance: je souhaite que le gouvernement et le Président réussissent, mais je crois qu’il faut une force d’alternative au sein de ma propre famille politique. »

Le commentaire d’Alain Juppé devant la presse parlementaire

Dominique de Villepin a une stature et une envie présidentielles, a estimé mercredi l’ancien Premier ministre Alain Juppé.

« L’homme a de la stature. Ensuite il faut savoir s’il en a l’envie, j’ai cru comprendre que oui. Et il faut s’en donner les moyens », a déclaré le maire de Bordeaux lors d’une rencontre avec la presse parlementaire.

Alain Juppé a affirmé avoir conservé des « relations très amicales » avec son ancien directeur de cabinet au ministère des Affaires étrangères (1993-1995), démentant les rumeurs sur une quelconque brouille. « On se revoit de temps en temps, chaque fois qu’on en a l’occasion », a-t-il confié.

Il a néanmoins pris ses distances avec les commentaires de Dominique de Villepin sur la situation « pré-révolutionnaire » en France: « ce n’est pas exact, en plus ça ne sert à rien de mettre de l’huile sur le feu ».

Sources: Journal du Dimanche, France Soir et Nouvel Observateur

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